"Canceled" ou si vous préférez "effacé" par le gouvernement français en raison de mon combat contre l'antisémitisme, je ne pensais pas connaitre ça en 2026 !
Je devais faire une conférence ce matin devant une soixantaine de hauts dirigeants qui suivent le "cycle supérieur du développement durable" (CSDD) dirigé par Guillaume Leforestier qui dépend du Ministre de la transition écologique, Monique Barbut (aucun des deux n'a de compte X). Sujet: les résistances internes des institutions communautaires au détricotage du Green deal. Tout était calé depuis fin avril.
Vendredi, je reçois un appel de l'une des responsables de la session de formation de ce mardi: une sous-directrice (je ne sais pas qui en dépit de mes demandes) lui a demandé d'annuler ma conférence à cause de la polémique initiée par LFI qui n'a pas supporté que je publie sur ma page FB personnelle, le 29 mai, le mural de @PalomboArtist représentant Hitler portant un keffieh et un brassard "hate". La fonctionnaire, "très peinée" selon mon interlocutrice, craignait que ma seule présence provoque une polémique parmi les étudiants (qui payent). Alors même que ce n'était absolument pas le sujet de la conférence: on me fait payer mes engagements.
Autrement dit, le fait que je combatte l'antisémitisme devenu virulent depuis le 7/10 et que je déplaise à l'écosystème éléfiste est considéré par le gouvernement @SebLecornu comme un problème. Jusque-là la "canceled culture" touchait des évènements privés ou des universités qui expulsaient des juifs parce que juifs. Cette fois-ci, on franchit un seuil: c'est directement une formation gérée par un ministre de la République qui efface un supposé "complice des génocidaires", une expression chère à LFI. Autant pour la liberté d'expression garantie par la Constitution française.
J'ai évidemment demandé que la fonctionnaire ayant pris cette décision m'envoie un mail confirmant cette annulation. Elle l'a envoyé, mais pas à moi directement. Les responsables de la formation me l'ont communiqué sans signature (les pauvres chéris n'assument pas) : "les raisons" de l'annulation, lit-on, sont "techniques". C'est tellement le cas que le mail indique : "je vous remercie d'assurer l'information auprès de Mr Quatremer, de gérer les suites et en gérant également la confidentialité liées aux agents de l'Etat". Quelqu'un a oublié que l'on ne pouvait contraindre au silence un journaliste (surtout moi).
J'ai joint le cabinet de la ministre, Monique Barbut, et je n'ai eu aucun retour pour l'instant.
Cet enchainement de petites lâchetés, de peurs, de volonté de complaire à l'idéologie supposé dominante du moment me rappelle une période historique, mais laquelle?
Sur cette photo prise par mon père pour immortaliser ce "joyeux" moment, j'ai 8 ans. Je suis dans une clinique, réveillé depuis quelques heures après une anesthésie générale. Je n'avais pas eu d'accident. Je n'étais pas malade. Il n'y avait aucune raison médicale pour cette opération. Je viens "simplement" d'être circoncis, contre ma volonté. L'expression de mon visage en atteste.
J'ai été mutilé avec le soutien du corps médical, et l'État français a fermé les yeux.
Mes parents m'aiment. Ils n'ont pas fait ça pour me faire du mal. Endoctrinés par leur religion, l'Islam, ils étaient convaincus que c'était pour mon bien, parce que Dieu leur aurait demandé. Conscients que cet argument n'est pas suffisant au 20e siècle, ils se rassuraient en se disant que c'est aussi une question d'hygiène. C'est médicalement faux, mais ça leur faisait plaisir d'y croire.
Les jours précédents l'opération, pour me calmer et me séduire, mes parents me disaient que nous ferons une petite fête après l'opération, que j'aurais des cadeaux et plein de bonnes choses à manger. Je m'en souviens à peine. Mais je me rappelle très bien de la douleur à mon réveil, le sang et la bétadine sur mon pénis, et une sorte de cure-dent qui transperçait mon gland. Pendant des jours, je ne pouvais porter qu'une djellaba sans rien en dessous car, au moindre frottement, la douleur était atroce. Je me souviens très bien de l'incroyable douleur quand j'essayais d'uriner, de la vue de ce cure-dent quand je me penchais. On peut me rétorquer que cela est provisoire, le temps de la convalescence. C'est vrai, mais j'aurais très bien pu m'en passer, car il n'y avait aucune nécessité médicale. Et, pire encore, il y a des séquelles à vie.
Contrairement à d'autres musulmans qui se font circoncire avant l'âge de 3 ans, je me souviens donc très bien des douleurs. Comment peut-on infliger ça à des enfants ???
Je me souviens aussi très bien ce qu’est d'avoir un prépuce. Je peux donc comparer les deux états. Depuis ma circoncision, j'ai eu une perte de sensibilité. Ce n'est pas dû à l'opération, mais à l'absence de prépuce qui protégeait le gland. Les conséquences à vie, sans possibilité de revenir en arrière, valaient-elles les petits cadeaux et les bonnes choses à manger ?
Quand j'y repense aujourd'hui, je me dis qu'il est surréaliste de fêter la mutilation d'un enfant.
Si un homme veut être circoncis alors qu'il n'y a aucune nécessité médicale, juste parce que c'est sa croyance et pour affirmer son appartenance à une communauté, qu'il le fasse une fois adulte. Les parents ne devraient pas avoir le droit de prendre une telle décision irréversible, sans raison médicale, juste pour une croyance. L’intégrité physique des enfants doit être protégée.
Quant à la laïcité, si "la liberté de croire et de ne pas croire, de pratiquer et de ne pas pratiquer" était une réalité en France, la circoncision sans raison médicale sur les enfants serait interdite. On peut changer de religion. On ne peut pas reconstituer son corps après une mutilation au nom d’une religion. Si j’avais pu choisir, si mes parents avaient tenu compte de mon refus, je n’aurais jamais été circoncis.
Je ne leur en veux pas. Ils pensaient faire ça pour mon bien. J'en veux au corps médical qui a accepté de me faire subir cela, et à la République qui refuse de protéger une partie de ses enfants en fermant les yeux.
"Rendez-moi mon bout !" (Ali Babal)
@droitaucorps@gouvernementFR@Sante_Gouv@stephanie_rist
Trois intellectuels. Trois déprogrammations.
Une même mécanique semble à l’œuvre : l’exclusion d’universitaires non pour leurs travaux ou leurs prises de position dans le débat académique, mais en raison de leur nationalité réelle ou supposée, de leurs affiliations passées ou de leur proximité présumée avec Israël.
Dans cette tribune, j’analyse trois affaires récentes qui interrogent l’état de la liberté académique en Europe et la frontière entre engagement politique, boycott et discrimination.
Lorsque des chercheurs sont écartés non pour ce qu’ils disent mais pour ce qu’ils sont, c’est l’université elle-même qui est fragilisée.
À lire dans Opinion Internationale :
« Le boycott académique ou trois affaires pour une même mécanique discriminatoire » ⬇️
https://t.co/RW4CnFVcZo
#LibertéAcadémique #Université #Recherche #Discrimination #LibertéDExpression #BoycottAcadémique #DroitsFondamentaux
A French engineer who lives quietly in Paris has spent 30 years writing software that the entire internet now runs on without knowing his name.
He wrote the code that streams every YouTube video, every Netflix show, every TikTok clip. He wrote the code that runs the virtual servers underneath AWS, Google Cloud, and Microsoft Azure. He calculated more digits of pi than anyone in history. He has no Twitter. He has no marketing. He just keeps shipping.
His name is Fabrice Bellard.
Here is the story, because almost nobody outside the systems programming world knows what one man has built.
Fabrice was born in 1972 in Grenoble, France. He studied at École Polytechnique, the top French engineering school. He never went to Silicon Valley. He never built a startup empire. He just wrote code.
In 2000 he started a project called FFmpeg, an open-source multimedia framework for encoding, decoding, and streaming video. He was 28. The project did one thing nobody else had done well. It handled every video and audio format that existed, in one library, on every operating system. He led it himself for years.
Today FFmpeg is the invisible engine of the internet. YouTube uses it. Netflix uses it. VLC uses it. Chrome and Firefox use parts of it. Every Android phone, every iPhone, every smart TV, every video editing tool you have ever touched runs FFmpeg somewhere underneath. If you have watched a video on a screen in the last 20 years, Fabrice's code processed it.
He was not done.
In 2003 he started QEMU, a machine emulator and virtualizer. He wrote it solo until version 0.7.1 in 2005. QEMU lets you run any operating system on any other operating system. It became the foundation of modern virtualization. KVM, the Linux kernel hypervisor, runs on top of QEMU. Every major cloud provider, AWS, Google Cloud, Microsoft Azure, IBM Cloud, runs virtual machines on infrastructure built around it. The Quick Emulator is the most cited piece of cloud infrastructure code on Earth.
He kept going.
In 2001 he won the International Obfuscated C Code Contest with a small C compiler that grew into TCC, the Tiny C Compiler. TCC can compile and boot a Linux kernel from source in under 15 seconds. In 2004 he calculated the most digits of pi ever computed at the time, using a personal desktop computer and an algorithm he derived himself called Bellard's formula. In 2011 he wrote a complete PC emulator in pure JavaScript that runs Linux in your browser, a project called JSLinux that engineers still cannot believe is real.
In 2019 he released QuickJS, a small but complete JavaScript engine that fits where V8 cannot. In 2021 he released NNCP, a neural network based lossless data compressor that immediately took the lead on the Large Text Compression Benchmark.
Then he turned his attention to large language models. He built TextSynth Server, a web server with a REST API for running LLMs locally. He released ts_zip and ts_sms, compression utilities that use language models to compress text and short messages at ratios traditional algorithms cannot reach. He released TSAC, a very low bitrate audio compression system. In December 2025 he released Micro QuickJS, a new JavaScript engine for microcontrollers, separate from QuickJS, designed for environments with almost no memory.
Fabrice co-founded a telecom company called Amarisoft in 2012, where he serves as CTO. Amarisoft builds 4G and 5G base station software used by carriers and labs around the world. He has been running it for over a decade while continuing to ship personal projects from his own home page at bellard dot org
He has no Twitter. He has no Instagram. He gives almost no interviews. His personal website is a flat list of projects with no styling, no fonts, no marketing copy. Just titles and links.
A quiet French engineer who never moved to Silicon Valley wrote the code that quietly runs the internet.
He is still shipping.
Je peux témoigner personnellement d'une justice folle, dévoyée et d'une inversion des priorités.
A plusieurs reprises, j'ai été poursuivi pour des articles de presse qui avaient eu le grand tort de déplaire à des organisations d'extrême-gauche et à des magistrats militants.
j'ai gagné ces affaires mais à l'issue d'années de procédures, d'interrogatoires délirants, d'audiences menées par des juges manifestement partiaux, de condamnations aberrantes contre lesquelles il a fallu faire appel.
Un grand nettoyage du monde judiciaire s'impose.
🚨Data centers en France : le mirage des 75 milliards d’euros
La réponse de Grok met le doigt sur le vrai sujet : la France possède bien un avantage stratégique considérable, son électricité nucléaire, relativement abondante, pilotable et décarbonée, mais elle risque de transformer cet atout en simple argument de communication politique plutôt qu’en avantage industriel réel.
Les annonces récentes autour de SoftBank et des data centers français sont spectaculaires : jusqu’à 75 milliards d’euros d’investissement, dont une première phase de 45 milliards d’euros pour créer 3,1 GW de capacité de data centers IA dans les Hauts-de-France d’ici 2031. SoftBank annonce même une ambition totale de 5 GW en France. C’est énorme sur le papier. C’est même présenté comme l’un des plus grands investissements d’infrastructure IA en Europe.
Mais c’est précisément là que commence le problème : en intelligence artificielle, la compétition ne se gagne pas avec des communiqués de presse. Elle se gagne avec du temps réel, de la puissance installée, des GPU branchés, de l’énergie disponible immédiatement, des autorisations rapides, des raccordements rapides, et une chaîne industrielle maîtrisée.
Or, sur ces critères-là, la France n’est pas en tête. Elle court derrière.
1⃣Le chiffre de 75 milliards impressionne, mais il masque un calendrier très lent
L’annonce SoftBank parle de 5 GW de capacité à terme, mais la première phase vise 3,1 GW d’ici 2031. Cela signifie que la France célèbre aujourd’hui une puissance qui ne sera pas totalement opérationnelle avant plusieurs années.
Faisons le calcul.
Une puissance de 3,1 GW, si elle fonctionnait en continu toute l’année, représenterait :
3,1 GW × 8 760 heures = 27 156 GWh par an, soit environ 27,2 TWh par an.
Une puissance de 5 GW, toujours en fonctionnement continu, représenterait :
5 GW × 8 760 heures = 43 800 GWh par an, soit environ 43,8 TWh par an.
À titre de comparaison, RTE estime que les data centers déjà présents en France consomment aujourd’hui environ 10 TWh par an, soit environ 2 % de la consommation électrique française.
Autrement dit, le seul projet SoftBank, s’il atteint réellement 5 GW, pourrait représenter à lui seul plus de quatre fois la consommation actuelle de tous les data centers français réunis.
Ce n’est donc pas une simple annonce économique. C’est une transformation lourde du système électrique français. Et c’est aussi une question de souveraineté : qui possède ces infrastructures ? Qui possède les puces ? Qui possède les modèles ? Qui capte la valeur ?
2⃣Pendant que la France annonce 2031, xAI a construit Colossus en 122 jours
La comparaison avec Colossus, le supercalculateur IA de xAI à Memphis, est brutale.
xAI affirme avoir construit Colossus en 122 jours, puis avoir doublé sa capacité en 92 jours pour atteindre 200 000 GPU H100 dans un seul cluster interconnecté. NVIDIA confirme que l’infrastructure et le supercalculateur ont été construits en 122 jours, et que seulement 19 jours se sont écoulés entre l’arrivée du premier rack et le début de l’entraînement.
Voilà le vrai différentiel stratégique.
La France annonce des gigawatts pour 2031. Les États-Unis branchent des dizaines ou centaines de milliers de GPU en quelques mois.
La compétition mondiale de l’IA ne ressemble pas à un programme d’aménagement du territoire classique. Elle ressemble à une guerre industrielle où chaque trimestre perdu peut représenter un écart de modèle, d’usage, de données, de revenus et de domination technologique.
Un data center IA livré en 2031 peut être utile. Mais dans une course où les modèles changent tous les six mois, où les générations de puces évoluent à grande vitesse, où les géants américains sécurisent les capacités de calcul dès maintenant, 2031 est déjà presque un autre monde.
3⃣Le vrai goulot d’étranglement français : le raccordement, les procédures, les délais
La France n’est pas dépourvue d’atouts. Elle a du nucléaire, des ingénieurs, un réseau électrique historiquement robuste, une position géographique intéressante et une image de pays bas carbone. Mais elle souffre d’un mal chronique : la lenteur administrative et réglementaire, la lourdeur des normes, le frein de l'écologie à outrance...
Reuters indiquait récemment que la France envisageait de modifier son système de raccordement électrique pour accélérer les grands projets de data centers, précisément parce que le pays, comme une grande partie de l’Europe, souffre de files d’attente longues et complexes pour accéder au réseau. Reuters souligne également l’existence de “ghost projects”, ces projets fantômes qui réservent des créneaux de raccordement sans certitude d’être réalisés, bloquant potentiellement des projets plus solides.
⚡️C’est le cœur du problème : dans l’économie de l’IA, l’électricité ne suffit pas. Il faut l’électricité disponible au bon endroit, au bon moment, avec la bonne puissance, le bon raccordement, la bonne autorisation, la bonne acceptabilité locale et la bonne vitesse d’exécution.
Et sur ce point, la France paie son empilement de procédures : urbanisme, études d’impact, autorisations environnementales, contraintes ICPE, eau, biodiversité, raccordement, fiscalité énergétique, obligations de transparence, exigences européennes, normes locales, contestations possibles.
Les data centers peuvent notamment relever du régime ICPE selon leurs équipements et leur puissance, et les opérateurs de centres d’au moins 500 kW doivent désormais déclarer leur capacité et publier des données administratives, environnementales et énergétiques.
Certaines obligations sont légitimes. Il ne s’agit pas de défendre une industrialisation sauvage. Mais une addition de contraintes, même rationnelles individuellement, peut devenir irrationnelle collectivement si elle rend le pays incapable d’exécuter vite.
4⃣L’Agence internationale de l’énergie montre que la bataille se joue surtout aux États-Unis et en Chine
L’Agence internationale de l’énergie estime que la consommation électrique mondiale des data centers pourrait passer d’environ 415 TWh en 2024 à environ 945 TWh en 2030. La croissance serait d’environ 15 % par an, soit plus de quatre fois plus rapide que la croissance de la consommation électrique des autres secteurs.
Mais surtout, la répartition géographique est très claire : en 2024, les États-Unis représentaient environ 45 % de la consommation électrique mondiale des data centers, la Chine 25 %, et l’Europe 15 %. L’AIE prévoit que les États-Unis et la Chine concentreront à eux deux près de 80 % de la croissance mondiale de cette consommation d’ici 2030.
C’est ici que le discours politique français devient trompeur.
On donne l’impression que la France va entrer dans la compétition mondiale par une annonce à 75 milliards. En réalité, la dynamique mondiale se structure principalement autour des États-Unis et de la Chine. L’Europe est présente, mais elle reste en position secondaire. La France peut devenir un hub européen, oui. Mais devenir un hub européen ne signifie pas devenir une puissance mondiale de l’IA.
La nuance est essentielle.
5⃣L’électricité française est un avantage réel, mais pas suffisant
Il faut reconnaître un point : la France a une carte majeure avec son électricité nucléaire. SoftBank ne vient pas par hasard. L’existence d’une électricité pilotable et bas carbone est un argument puissant pour attirer des data centers IA.
Mais l’avantage énergétique français est affaibli par trois facteurs.
D’abord, les prix européens restent un handicap. L’AIE indique que les prix de l’électricité pour les industries électro-intensives dans l’Union européenne sont restés en 2025 environ deux fois plus élevés qu’aux États-Unis et plus de 50 % supérieurs à ceux de la Chine et de l’Inde.
Ensuite, le réseau doit être renforcé. L’AIE rappelle que les réseaux électriques sont déjà sous tension dans de nombreux pays, que les lignes de transport peuvent prendre quatre à huit ans à construire dans les économies avancées, et qu’environ 20 % des projets de data centers planifiés pourraient être exposés à des retards si ces risques ne sont pas traités.
Enfin, l’électricité ne donne pas la souveraineté technologique. On peut héberger des machines en France tout en restant dépendant des puces américaines, des logiciels américains, des modèles américains, des clouds américains et des capitaux étrangers.
Un data center étranger installé en France n’est pas automatiquement une victoire industrielle française. Il peut être simplement une consommation française d’électricité au service d’une chaîne de valeur étrangère.
6⃣ Le mirage politique : confondre “investissement sur le sol français” et “puissance française”
C’est probablement la confusion la plus grave.
Un investissement étranger en France peut créer de l’activité, des emplois de chantier, des recettes fiscales, des commandes pour certains fournisseurs, et renforcer l’attractivité du territoire. Il ne faut pas le nier.
Mais cela ne signifie pas que la France contrôle la technologie.
Dans le cas SoftBank, l’annonce porte sur des infrastructures IA en France, mais SoftBank est japonais. Les GPU viendront très probablement d’acteurs étrangers. Les modèles qui exploiteront ces capacités pourront être américains, japonais, européens ou autres. Les plus gros clients seront probablement des hyperscalers, des laboratoires ou des entreprises capables de payer très cher du calcul IA.
La question stratégique n’est donc pas seulement : combien de milliards arrivent en France ?
La vraie question est :
Quelle part de la valeur restera en France ?
Si la France fournit le terrain, l’électricité, les procédures publiques, l’acceptabilité locale et une partie du réseau, les crédits d'impôts, les exonérations pour attirer, mais que la propriété, les puces, les modèles, les logiciels, les brevets, les revenus cloud et les décisions stratégiques restent ailleurs, alors ce n’est pas une souveraineté. C’est de l’hébergement.
Et dans l’IA, celui qui héberge n’est pas forcément celui qui domine.
7⃣Les data centers créent relativement peu d’emplois directs durables
Autre mirage fréquent : présenter les data centers comme une renaissance industrielle classique.
Un data center est extrêmement capitalistique. Il exige beaucoup de capitaux, beaucoup d’électricité, beaucoup de foncier, beaucoup d’équipements, beaucoup de travaux au départ. Mais une fois construit, il ne crée pas nécessairement des milliers d’emplois permanents locaux.
La valeur n’est pas principalement dans le bâtiment. Elle est dans les puces, les modèles, les données, les logiciels, les services vendus, les abonnements cloud, les applications IA, les brevets et les effets d’écosystème.
La France risque donc de se féliciter d’accueillir les usines électriques de l’IA sans maîtriser l’équivalent des moteurs, des carburants, des plans industriels et des profits.
C’est comme se réjouir d’avoir construit les entrepôts d’Amazon sans posséder Amazon.
8⃣L’Europe veut tripler sa capacité, mais elle part avec du retard
La Commission européenne affiche une ambition considérable : mobiliser 200 milliards d’euros pour l’IA en Europe, créer jusqu’à 5 gigafactories IA, financer ces projets à hauteur de 20 milliards d’euros, et au minimum tripler la capacité européenne de data centers dans les cinq à sept prochaines années.
C’est une annonce importante. Mais elle confirme aussi le retard.
Quand une puissance annonce qu’elle veut tripler sa capacité, cela signifie qu’elle reconnaît implicitement que sa base actuelle est insuffisante. Pendant ce temps, les États-Unis disposent déjà des géants du cloud, des grands modèles, des capitaux, des fabricants de puces dominants, des hyperscalers, des marchés financiers, des écosystèmes de développeurs, des universités, des contrats militaires, et d’une culture d’exécution radicalement plus rapide.
L’Europe écrit des plans. Les États-Unis branchent des GPU.
9⃣Le cas Colossus révèle une différence de civilisation administrative
Colossus n’est pas seulement une prouesse technique. C’est un révélateur politique.
xAI explique qu’on lui avait annoncé 24 mois pour construire l’infrastructure, mais que l’entreprise a remis en cause les étapes inutiles et réalisé l’objectif en quatre mois.
Ce n’est pas un détail. C’est une philosophie.
En France, l’État adore annoncer, planifier, encadrer, réglementer, labelliser, consulter, contrôler, certifier, classifier, prioriser. Aux États-Unis, les meilleurs acteurs industriels cherchent d’abord à livrer, brancher, tester, corriger, agrandir.
La France a des ingénieurs capables. Elle a des industriels capables. Elle a des sites capables. Mais elle a souvent un système qui ralentit les capables pour rassurer les incapables.
C’est cela qui nous met hors jeu : non pas l’absence de talents, mais l’incapacité collective à leur permettre d’aller vite.
1⃣0⃣Le vrai scandale : la France avait l’arme nucléaire énergétique, mais elle ne l’a pas transformée en arme industrielle
La France aurait dû être le pays idéal pour l’IA en Europe.
Elle avait :
- un parc nucléaire historique ;
- une électricité bas carbone ;
- des ingénieurs de haut niveau ;
- un réseau électrique solide ;
- une position géographique centrale ;
- des terrains industriels disponibles ;
- une tradition mathématique et scientifique reconnue.
Mais au lieu de transformer cet héritage en avantage compétitif massif, nous avons laissé s’installer un modèle fait de contraintes, de prudence excessive, de fiscalité lourde, d’incertitude réglementaire, de lenteur administrative et de méfiance envers les grands projets.
💣Résultat : quand l’IA explose, la France se réveille en expliquant qu’elle va accueillir des data centers étrangers.
C’est mieux que rien. Mais ce n’est pas une victoire complète. C’est un rattrapage.
1⃣1⃣Le calcul qui dérange : 5 GW de data centers, c’est presque l’équivalent de plusieurs réacteurs mobilisés
Un réacteur nucléaire français classique produit autour de 900 MW à 1 300 MW de puissance électrique selon les modèles. Un projet de data centers de 5 GW correspond donc à un ordre de grandeur comparable à plusieurs réacteurs nucléaires mobilisés pour un seul usage industriel.
Le calcul est simple :
5 GW = 5 000 MW.
Avec des réacteurs de 1 000 MW, cela équivaut à environ :
5 000 MW ÷ 1 000 MW = 5 réacteurs de 1 000 MW.
Bien sûr, ce calcul est un ordre de grandeur : un data center ne consomme pas toujours à pleine charge, un réacteur a un facteur de charge, le réseau mutualise les usages. Mais il montre l’échelle physique du sujet.
Ce n’est pas une petite industrie numérique légère et immatérielle. C’est une industrie lourde, électrique, territoriale, foncière, géopolitique.
Et si l’on engage une telle ressource nationale, il faut exiger une contrepartie nationale : emplois qualifiés, centres de recherche, accès prioritaire pour les entreprises françaises, formation, souveraineté logicielle, participation française au capital, production locale de composants critiques, clauses de réversibilité, transparence sur la consommation d’eau et d’électricité.
Sinon, la France fournit l’énergie pendant que d’autres captent l’intelligence.
1⃣2⃣ Pourquoi les 75 milliards peuvent être un mirage
Ces 75 milliards sont un mirage pour cinq raisons.
Premièrement, il s’agit d’un plafond d’investissement annoncé, pas d’une capacité immédiatement installée. La première phase est de 45 milliards, et l’objectif de 3,1 GW est fixé à 2031.
Deuxièmement, l’infrastructure ne garantit pas la souveraineté. Posséder le sol et fournir l’électricité ne signifie pas posséder les modèles, les GPU, les brevets ou les revenus.
Troisièmement, le calendrier est trop lent par rapport au rythme de l’IA. Colossus a été construit en 122 jours et mis en entraînement 19 jours après l’arrivée du premier rack.
Quatrièmement, les raccordements et les procédures restent un risque majeur. La France cherche justement à accélérer son système parce que les files d’attente de raccordement sont longues et complexes.
Cinquièmement, le coût de l’électricité européenne reste structurellement défavorable par rapport aux États-Unis et à la Chine pour les industries électro-intensives.
Donc oui, l’annonce est positive. Mais elle ne prouve pas que la France est revenue dans la compétition mondiale. Elle prouve surtout que la France possède encore un actif précieux, son électricité, que des acteurs étrangers veulent utiliser.
1⃣3⃣ Ce qu’il faudrait faire pour ne pas rester hors jeu
La France devrait transformer ces annonces en doctrine industrielle stricte.
D’abord, créer de vrais corridors industriels IA avec raccordement électrique garanti, foncier purgé des blocages, autorisations pré-instruites, délais opposables et guichet unique réellement décisionnaire.
Ensuite, conditionner les grands avantages accordés aux opérateurs à des contreparties : recherche en France, emplois qualifiés, formation d’ingénieurs, accès au calcul pour les PME françaises, participation d’acteurs français, transparence énergétique, contrats de long terme avec EDF, récupération de chaleur lorsque c’est pertinent.
Il faudrait aussi distinguer les projets utiles des projets fantômes. Reuters a raison de souligner le problème des réservations de raccordement qui peuvent bloquer le système. Un créneau électrique stratégique ne devrait pas être immobilisé par un acteur qui n’a ni financement solide, ni calendrier crédible, ni utilité industrielle démontrée.
Enfin, il faut cesser de confondre communication politique et exécution industrielle.
La France n’a pas besoin d’un nouveau sommet où l’on annonce des milliards. Elle a besoin d’un tableau de bord public indiquant, chaque trimestre : puissance réellement raccordée, GPU réellement installés, emplois réellement créés, entreprises françaises réellement bénéficiaires, consommation réelle, délais réels, retards réels, valeur réellement captée en France.
Conclusion : la France a l’électricité, mais elle n’a pas la vitesse
La France n’est pas condamnée. Elle a même une carte exceptionnelle avec son nucléaire. Mais elle est en danger si elle croit qu’une annonce de 75 milliards suffit à faire d’elle une puissance de l’IA.
La réalité est plus dure : dans cette compétition, la vitesse compte autant que le capital. Le raccordement compte autant que le communiqué. Les GPU branchés comptent plus que les promesses. La souveraineté se mesure moins en milliards annoncés qu’en technologies maîtrisées.
Colossus a été construit en 122 jours. La France célèbre des infrastructures prévues pour 2031.
Voilà le vrai sujet.
La France n’est pas hors jeu parce qu’elle manquerait d’énergie, d’ingénieurs ou d’idées. Elle est hors jeu parce qu’elle a trop souvent transformé chaque avantage stratégique en parcours administratif, chaque projet industriel en dossier interminable, chaque opportunité en plan quinquennal, chaque urgence en consultation.
L’IA ne nous attendra pas.
Et si nous ne changeons pas radicalement notre manière d’autoriser, raccorder, construire, financer et protéger nos intérêts industriels, alors les 75 milliards de data centers ne seront pas le symbole du retour de la France dans la course.
Ils seront le symbole d’un pays qui fournit l’électricité aux vainqueurs.
A l’université Paris 1, des étudiants juifs exclus d’un groupe Whatsapp d’élèves sur la base de leurs noms ! J’apporte tout mon soutien à ces jeunes, victimes de l’antisémitisme que nous devons combattre partout, y compris, malheureusement, dans nos universités. Une seule ligne est possible : la tolérance zéro !
Je fais confiance à l’université pour prendre des mesures disciplinaires et j’ai pour ma part demandé à la rectrice de Paris de saisir le procureur de la République au titre de l’article 40 du code de procédure pénale.
« Rendez-nous l’argent de nos impôts, nous vous rendrons l’argent de vos subventions. »
La tribune que j’ai co-signée avec @HNovelli dans @lopinion_fr.
En défense d’une vieille idée des libéraux, un « grand troc » pour les #entreprises : échanger des baisses d’impôts contre une baisse des aides et des subventions.
Une idée qui grandit aujourd’hui.
Une idée que nous travaillerons dans le détail sur le campus du « Laissez-nous faire » (@ln_faire) les 20, 21 et 22 juillet à Aix-en-Provence.
(lien en commentaire)
@CaronAymericoff Et il y a un génocide en France , ce sont nos moutons qu'on égorge !!!!! On vous entend pas , pourquoi ? Défendeur de la cause animale , hein ? 🤮
🔴🇫🇷⚖️ | Le chercheur François Burgat condamné en appel pour apologie du terrorisme liée au Hamas.
La Cour d’appel d’Aix-en-Provence a condamné François Burgat, ancien chercheur du CNRS régulièrement accusé de complaisance envers les Frères musulmans, pour la diffusion d’un communiqué du Hamas publié fin 2023 après les massacres du 7 octobre.
Selon la décision de justice, les messages relayés par Burgat ne relevaient plus d’une analyse académique ou politique, mais d’une « valorisation des actions terroristes du Hamas ».
Le communiqué en question niait notamment les viols commis le 7 octobre et présentait les terroristes du Hamas comme des « combattants de la résistance, de la liberté et de la dignité ».
La Cour a estimé que ces propos dépassaient clairement le cadre de la liberté d’expression universitaire.
François Burgat a été condamné à une importante amende, à 3 ans d’inéligibilité ainsi qu’au versement de dommages et intérêts aux associations parties civiles, dont l’OJE et Avocats Sans Frontières.
📌 Cette décision judiciaire est majeure : elle rappelle qu’en France, relayer ou glorifier une organisation terroriste responsable des massacres du 7 octobre ne peut être couvert par le statut d’universitaire, de chercheur ou d’intellectuel.
#France #Hamas #7Octobre #Terrorisme #Justice
🇵🇸 GAZA
Pendant des mois on m’a traitée de tous les noms, insultée, traitée de “sioniste”, “négationniste” ou “génocidaire” parce que je disais qu’il n’y avait PAS de génocide à Gaza.
Aujourd’hui le procureur de la CPI Karim Khan lui-même balance : « Aucune preuve de génocide ». Il refuse de céder à la pression populaire et à la propagande.
En parallèle, un Palestinien de Gaza porte plainte contre 14 chefs du Hamas pour crimes de guerre… contre des civils palestiniens.
On nous a menti. On nous a manipulés. Et ceux qui ont hurlé le plus fort sont ceux qui ont le plus de sang sur les mains.
Sources :
https://t.co/ZyLZTI1DMq
https://t.co/Ypuw4irGSr