J’ai vu ce commentaire sous mon interview de Jorja Smith. Je vais même pas prêter attention à l’introduction super raciste parce que j’ai pas le temps et que je préfère m’attarder sur autre chose ce matin. Honnêtement, les vannes sur mon accent, je suis le premier à en rire. Je parle anglais comme Raffarin, aucun soucis. D’ailleurs, plus globalement, les vannes quand t’es un minimum exposé, ça fait partie du jeu, ça fait longtemps que je l’ai compris.
Le commentaire implique qu’il faudrait avoir un accent parfait, un anglais irréprochable pour interviewer une artiste anglophone. Je pense que ça traduit un problème plus large et qu’on est nombreux à être traumatisé par nos cours d’anglais, qu’on a le sentiment qu’il faut être bilingue pour être légitime à échanger en anglais. Je ne peux pas parler pour tout le monde mais voici mon expérience : je parle anglais quasiment quotidiennement au taf depuis 2017 (Deezer puis Apple Music) avec des personnes dont c’est la langue natale et mon horrible accent n’a jamais posé le moindre souci. L’important c’est réellement de comprendre et de se faire comprendre, c’est tout. Ne vous stressez pas parce que votre accent est franchouillard, on s’en fout. Je m’adresse surtout aux plus jeunes ici. Je ne suis pas en train de dire qu’il ne faut pas essayer d’avoir un bel accent mais le plus important, la seule chose qui compte même, c’est de pouvoir tenir une conversation. Sentez-vous à l’aise avec votre « very French accent ».
(Je vais continuer les interviews en anglais et j’attends vos vannes de pied ferme)