Il est paru! Aux Livres du Monde, "Dans les Ornières du ciel, voyage et merveilleux en littérature": explorer l’Inconnu en y plongeant imaginativement comme en Catabase!
Avec Blaise Cendrars
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@JMontalte J'ai bien aimé de lui une nouvelle qui se passe sur Mars et où un colon découvre un monstre. C'était simple comme du Bradbury, effrayant comme du Lovecraft, pas trop irréaliste. On pouvait penser que ce serait possible.
@JMontalte Il dit que Smith peignait des forces du mal sans véritable conviction. Une sorte de merveilleux macabre et effréné. Que les divinités ne se revoient pas d'un univers à l'autre en est sans doute une marque.
Je dois avouer immédiatement que je l'ai inventé, le déduisant des remarques de George Sterling sur l'escapisme, et l'idée que Smith avait été induit en erreur sur les idées de Howard. La voix passive suggère une influence extérieure mais en fait je n'en sais rien. J'ai pu avoir été influencé par l'assimilation critique de la fantasy à l'escapisme régressif au sein de la littérature universitaire. C'est une hypothèse à vérifier, Smith a-t-il été influencé par son entourage dans son rejet initial des idées de Howard?
Il ne s'est jamais énormément vendu, je crois. Sa fiche Wikipedia en anglais ne montre pas de travaux universitaires récents. Si j'avais plusieurs vies, je m'intéresserais plus à lui, mais je me suis consacré avec plus d'enthousiasme à ses deux amis Lovecraft et Howard. Je pense que leur approche du fantastique est plus ambiguë car ils ont créé une impression de réalité plus grande. Smith avait un goût pour l'irréel décadent mais il n'y a pas une grande intensité de mystère. On ne se sent pas concerné au même degré.
Tristement, et faisant naïvement confiance à l'institution, beaucoup de candidats au baccalauréat de français auront en introduction affirmé: Émile Augier est un célèbre écrivain du dix-neuvième siècle, connu pour plusieurs œuvres majeures, notamment "Gabrielle". C'est ce dont Charles Baudelaire, caractérisant déjà avec émotion la chose, disait: "Seulement, M. Augier s’est trompé, et son erreur contient sa punition. Il a parlé le langage du comptoir, le langage des gens du monde, croyant parler celui de la vertu." Il détestait cette littérature bourgeoise, adorée de nos inspecteurs de l'éducation nationale.
Un peu absurde, le latin était la langue mère, ce n'était nullement ignoré. Mais la fragmentation de ses formes n'a cessé de se développer, jusqu'à ce que le pouvoir n'abandonne le latin et n'impose sa propre langue usuelle, héréditaire et communautaire, à l'ensemble de ses sujets. Tant que la langue de ce pouvoir puissant était ressentie comme proche de celle localement parlée, elle s'est imposée même au-delà des frontières, en Suisse et en Belgique. La Flandre intégrée à la France sous Louis XIV s'est mise à parler français. Délivrée de la France par la création de la Belgique elle l'a abandonné parce que sa langue propre en était éloignée. Près des frontières méridionales les voisins parlent catalan ou basque, et le catalan est proche de l'occitan. Il y a même une vallée espagnole où on parle occitan.