Mon cœur débordait
en écume de roche chaude,
Il jaillissait encore pour apaiser tes nuits,
Et nous laissions venir
les prouesses de l’aube,
Quand le jour inventait
la lumière et ses fruits
Nous nous croyons séparés par nos visages,
Par nos noms, nos couleurs, nos langues, nos rivages.
Mais sous nos peaux, la même lumière demeure,
Qui refuse à jamais les frontières des cœurs.
🖼️iStock
Tu as fait voyager ma voile sous ton aile,
sans savoir où tu m’emmènes,
je laisse au vent
mes peurs et mes chaînes.
Tu as fait voyager ma voile sous ton aile,
plus loin que mes nuits,
bien plus loin que mes peines,
là où le ciel rejoint la mer sereine.
Je ne t’ai pas retenue, et tu partais déjà,
Ta bague ciselée étincelait au doigt ;
Voulais-tu la vérité, cette flèche farouche,
Qui met son froid baiser sur les lèvres qu’elle touche ?
J’ai vu passer l’été dans tes cheveux de feu,
comme passent les amours que l’on ne retient plus.
Et quand la nuit descend sur les champs endormis,
tu gardes dans tes épis un peu de lune rousse.
Tu marchais près de moi, sans prononcer un mot,
Ton silence avait plus de douceur qu’un aveu ;
J’entendais dans le vent le murmure de l’eau,
Sous le soleil roux où se mêlaient nos yeux.
Ta main frôla la mienne et réchauffa ma peau,
Tandis que le soir lent caressait le ciel bleu.
La hune tremble sous les doigts de l’orage,
et la mer, sans mémoire, emporte les étoiles.
Je regarde au loin une lumière qui dérive,
petite flamme blanche sur l’épaule des vagues.
La mer garde parfois les paroles perdues,
Les serments murmurés, les présences disparues.
Et lorsque vient le soir, dans la douceur du ciel,
Je cherche encore tes yeux au reflet de l’eau claire.
Dans la brume dorée,
les bœufs avancent
comme deux pensées blanches
dans les rêves de la terre.
Le sillon disparaît sous la lumière,
puis renaît derrière eux.
Le soleil,
dans sa lenteur,
transforme la poussière en or.
Personne ne parle.
La terre sait.
📷Eric Meola
Au milieu des fleurs en fête,
Un escalier monte en chantant.
Il grimpe vers une porte ouverte
Qui s'ouvre sur le vent.
Si tu montes sans faire de bruit,
Le ciel te prendra par la main,
Et tu découvriras peut-être
Le plus beau des chemins.
La proximité du soir faisait vaciller les falaises.
Entre le ressac et la pierre,
là où les vagues oublient leur forme,
la nuit apprenait la mer.
📷David Becker
Seul sur la crête,
l'arbre tenait tête au vent.
Il avait vu les tempêtes défaire les nuages,
les étés brûler la pierre,
les oiseaux bâtir les royaumes d'une saison.
📷Wendi Schneider
Les grains d’astres noirs ont embrasé la lande
Et la nuit tout à coup s’est enracinée en terre
Je parle à une pierre et sa voix me traverse
Comme un clos de lumière tombé du ciel
"Je suis née de ton rêve " dit-elle
"Et je l’écoute comme on écoute l’eau "
📷Ellie Davies