La situation de crise du financement des retraites a des coupables. Des politiques et des intellectuels. Nommons-les.
1. Tous ceux qui ont marginalisé Michel Rocard au sein du PS. Il a alerté. Il répétait que le départ à 60 ans était un accord circonstanciel avec le PCF mais qu'il fallait prendre en compte l'allongement de la durée de vie et le ralentissement des naissances. Il a écrit un long texte prophétique, le livre blanc, remarquable de précision à la lumière des statistiques récentes. Et parce qu'électoralement la vérité ne payait pas, la direction du PS en a fait une momie pour le parlement européen. Rocard était entouré de lieutenants qui ne pouvaient pas ne pas savoir sa mise en garde. De Valls à Mélenchon, en passant par Hamon et d'autres. Tous ceux là avaient et ont toujours la responsabilité de compter. Ils ne comptent pas.
2. Michael Zemmour ces dernières années. Sa grande contribution se résume à une phrase, peu ou prou ainsi : "il est légitime de poser la question du choix que nous pouvons faire entre du salaire ou du repos, on peut démocratiquement choisir ensemble d'augmenter la cotisation". D'accord Michael, mais le problème est que le système ne tient plus grâce à la cotisation, il tient par la dette. C'est l'avenir qui subventionne les dépenses de simple fonctionnement de notre organisation sociale.
3. Toute la fine équipe de rassuristes qui faisaient partie du COR lors du premier mandat d'Emmanuel Macron. Dont les représentants syndicaux issus d'organisations comme la CGT dont de nombreux pans demandaient encore la retraite à 55 ans. Ils se basaient sur des prévisions absurdes de natalité, jamais prouvées. On y est, aujourd'hui, c'est leur défaite.
4. Toute l'équipe de la Cour des Comptes, à commencer par Pierre Moscovici, dont la contribution aura été : "il n'y a pas de problème de financement pour la Sécurité Sociale, il nous suffit de poursuivre l'approvisionnement des comptes par le détournement de tout un tas de sources différentes". En clair, pas de problème si l'Education Nationale surcotise à hauteur de 23 milliards tous les ans, on peut bien afficher un don à l'enfant qui est en réalité un départ anticipé à la retraite pour une personne de 62 ans.
5. Tous les idéologues du modèle social qui ont répété les mantras "c'est votre argent" (Hadrien Clouet), "c'est du salaire différé" (typique de Filoche) ou "dissocions les dépenses de Sécu des dépenses de l'Etat", alors même que les dépenses de Sécu ne tiennent plus sans impôt (CSG) ou sans endettement en CENTAINES DE MILLIARDS.
6. Et la droite, ne croyez pas que je vous oublie : vous avez été les champions de la mauvaise foi. On a encore des champions qui répètent l'importance du "pacte générationnel" genre Xavier Bertrand, mantra hypocrite puisqu'à partir du moment où il y a de la dette, c'est la solidarité inter-générationnelle qui est rompue. On ne devrait prendre de l'argent à demain que si on le rend sous forme investie, que si on le donne aux plus jeunes justement. On a fait l'inverse, la droite au pouvoir, c'est une direction simple de la dépense : son électorat naturel, âgé. On vous voit les Lisnardistes, et les IFRAPés, qui avez refusé ces derniers mois de toucher aux pensions en même temps que vous continuez à dire que le service public coûte trop cher.
Menteurs, menteurs, menteurs. Ou incompétents, cyniques, opportunistes. Tous ceux-là ont affaibli l'avenir, et cela on ne le dénoncera jamais assez fort. Les jeunes devront régler la note que ces nazes ont laissé. On devra redresser le pays en ayant pour boussole notre capacité à rendre aux français de demain leur droit de choisir leur propre destinée.
Bravo au chancelier allemand pour cette victoire. Et l’on comprend trop bien, de son point de vue, qu’il veuille accélérer.
Mais il est pour nous autres Français très dangereux de continuer à collaborer au sein d’une union si resserrée avec l’Allemagne dont les élites sont à la fois plus patriotes et compétentes (moins niaises) que les nôtres. Certes, l’union devrait finir par imploser, peut-être dès qu’auront disparu les dernières générations d’élites allemandes aguerries dans les difficultés de la défaite et de la partition, et avec elles les dernières générations d’élites françaises élevées dans les mondanités. Mais l’heure tourne et chaque année la France consent à plus d’abandons, déplore plus de faillites et subit plus de destructions de filières que l’Allemagne. Certaines ont un caractère d’irréversibilité hélas et coûteront trop cher au redémarrage. La rentabilité agricole va naturellement baisser en plusieurs endroits à cause du Mercosur, des terres vont être converties, et on ne pourra pas appuyer sur un bouton pour les rendre viables de nouveau.
Il faut sortir et vite. Négocier à l’échelon national principalement des partenariats ciblés avec des parties choisies dans des moments choisis, comme tous les pays libres du monde.
D’ailleurs si certains sont intéressés, on lâche notre appartement dans le 6ème arrondissement !
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