"Il existe une forme de tristesse qui naît du fait d'en savoir trop, de voir le monde tel qu'il est vraiment. C'est la tristesse de comprendre que la vie n'est pas une grande aventure, mais une succession de petits moments insignifiants, que l'amour n'est pas un conte de fées, mais une émotion fragile et fugace, que le bonheur n'est pas un état permanent, mais un aperçu rare et fugace de quelque chose auquel on ne peut jamais s'accrocher. Et dans cette compréhension se cache une profonde solitude, un sentiment d'être coupé du monde, des autres, de soi-même."
Virginia Woolf, Vers le phare
Mais pourquoi la montée des extrêmes ?
Pourquoi cette montée des colères, ces crises à répétition, ce populisme, cette dette abyssale - en France, en Allemagne, en Europe ?
Oh, tout simplement, peut-être, parce que nous nous appauvrissons de plus en plus, au niveau mondial.
Tout simplement parce que nous avons donc, de moins en moins, les moyens de notre niveau de vie - de nos salaires, de nos systèmes sociaux, de nos services publics, de nos investissments - face à la concurrence asiatique.
Voir le graphique ci-dessous. Les chiffres sont éloquents. Et spectaculaires.
En 45 ans, la part de la France dans la richesse produite sur cette planète a été divisée par 2.
Notre PIB représentait 6,3% du PIB mondial en 1980. Aujourd'hui, il n'en représente plus que 2,8%.
Idem pour les 27 nations qui composent l'Union européenne - qui chutent un peu moins vite, certes; mais qui plongent également.
Ces pays représentaient 29% du PIB mondial en 1980; et 17% aujourd'hui. Douze points de moins...
Alors qu'en face, l'Asie est passée d’environ 12–14% en 1960 à près de 37% aujourd'hui.
Voilà : c'est tout bête, en somme. En moins d'un demi siècle, nous sommes donc passés du "toujours plus" au "toujours moins".
D'où l'ambiance. D'où la colère sociale, d'où le "dégagisme"...
D'où les populismes. Avec leurs projets politiques... qui, s'ils sont appliqués, ne feront que renforcer notre chute.
En fait : si on y réfléchit, c'est peut-être tout cela, qui devrait être au cœur de la campagne présidentielle.
Mais je sais : là, je rêve. 🙂
Sources : Banque mondiale, World Development Indicators, PIB nominal en dollars courants. Agrégats régionaux : Banque mondiale et reconstructions à périmètre constant. Parts calculées au taux de change de l’année.
By now, it's amply clear that the big bosses of US frontier AI labs are really, really scared of China.
And, fascinatingly, part of the answer why might be a tiny place in Inner Mongolia that you've probably never heard of: Ulanqab prefecture.
Heard of it? Didn't think so.
Even myself, who's traveled to Inner Mongolia twice, had never heard of it before researching this story.
This is because, at first glance, this place is pretty unremarkable. Check its Wikipedia page (https://t.co/QviNOPyRbP) and you’ll see the only thing it’s famous for is being the birthplace of He Pingping, who briefly held the Guinness record for world’s shortest man.
That’s it, that’s the list!
Otherwise, it's just a sparsely populated - 1.5 million people, minuscule by Chinese standards - stretch of windswept grassland on the Mongolian plateau.
Except there is one number that tells you there is more to this place that meets the eye: this tiny prefecture consumes nearly 1% of all of China's electricity - and that number is growing by double digit numbers every year.
And yes, I did write **consume**, not produce.
In fact, when you divide Ulanqab's electricity consumption by the number of households living there, each household in this remote corner of Inner Mongolia "consumes" about 105,000 kWh in electricity, roughly 10 times the U.S. average. Insane electricity consumption numbers.
So what are the Ulanqabese doing? Are they all running 10 American households' worth of appliances?
Here is another number that might clue you in on the answer: over the past few years, this unremarkable prefecture has quietly signed over half a trillion yuan (and, yes, that’s trillion, with a "T") worth of investment deals from all the major Chinese tech giants.
What is going on, you'll have guessed by now, is the most ambitious data center buildup anywhere on earth - and it's really surprising this hasn't been talked about more because the scale is beyond anything else, and by an immense margin.
Take Elon Musk's so-called "Colossus" datacenter in Memphis, Tennessee which he pitches as "the world’s largest AI supercomputer."
According to their own numbers (https://t.co/DZvBvJioua), Colossus has 200,000 chips, which, let's be clear, is already super impressive.
In datacenter lingo, this converts to roughly 5000-6000 "racks": you know, the fridge-sized cabinets full of blinking lights you see in every movie scene set in a server room.
How many racks are they building in Ulanqab? Over 5 million.
Yes, about one thousand times the scale of "Colossus" 🤯
I tripled-checked the number: it is indeed the official number published by authoritative sources such as "Science and Technology Daily", the official newspaper of China's Ministry of Science and Technology (https://t.co/PsbGlLbv5A).
This is an absurdly large amount of compute.
What we see appearing in this Inner Mongolian steppe may be the closest thing to a world brain humanity has ever built - a place where a large share of the world's thinking will physically happen.
And - as we'll see - what makes this story so fascinating is not just the scale, but why it's getting built in this particular patch of Inner Mongolian grassland which combines a number of characteristics unlike anywhere else.
If you believe, as I do - and as both China and the US obviously do as well - that AI will be the defining technology of the 21st century, this makes Ulanqab one of the single most relevant geopolitical places in the world right now.
The full story - the Chinese government plan Ulanqab is part of, energy prices, chips and the strategic questions this raises - is here: https://t.co/iqvSvcaOGc
"Je suis terriblement choqué par les gens qui vous disent qu'on est libre, que le bonheur se décide, que c'est un choix moral. Les professeurs d'allégresse pour qui la tristesse est une faute de goût, la dépression une marque de paresse, la mélancolie un péché. Je suis d'accord, c'est un péché, c'est même le péché mortel, mais il y a des gens qui naissent pécheurs, qui naissent damnés, et que tous leurs efforts, tout leur courage, toute leur bonne volonté n'arracheront pas à leur condition. Entre les gens qui ont un noyau fissuré et les autres, c'est comme entre les pauvres et les riches, c'est comme la lutte des classes, on sait qu'il y a des pauvres qui s'en sortent mais la plupart, non, ne s'en sortent pas, et dire à un mélancolique que le bonheur est une décision, c'est comme dire à un affamé qu'il n'a qu'à manger de la brioche."
Emmanuel Carrère, D'autres vies que la mienne
Laisser brûler des maisons, de gens qui se lèvent à 5H00 du matin pour aller travailler, afin d'envoyer les pompiers sauver les résidences secondaires des stars sur la presqu'île, "c'est une lutte des classes, c'est rien d'autre" (*)
Réchauffement climatique, incendies, sécheresse, inondations, etc.
Du coup, ils suppriment des emplois à
- l’Office national des forêts (ONF) : 1074 ETP soit -11%
- MeteoFrance : 662 ETP soit -22%
- CEREMA : -19%
- Agences de l'au : -16%
- IGN : -12%
Génies.
via @AlterEco_
"La leçon la plus difficile que j'ai eu à apprendre en tant qu'adulte est le besoin incessant de continuer, peu importe à quel point je me sens brisé à l'intérieur.
Cette vérité est brute, sans filtre et douloureusement universelle.
La vie ne s'arrête pas quand nous sommes épuisés, quand nos cœurs sont brisés ou quand nos esprits se sentent usés.
Elle continue de bouger, inébranlable, indifférente, exigeant que nous suivions le rythme.
Il n'y a pas de bouton pause pour le chagrin, pas de pause pour la guérison, aucun moment où le monde se retire gentiment et nous permet de nous réparer."
Ernest Hemingway
Et vous ? Quelle est la plus difficile que vous ayez eu à apprendre en tant qu'adulte ?
"Les yeux de l’enfant et ceux du vieillard regardent avec la tranquille candeur de qui n’est pas encore entré dans le bal masqué ou en est déjà sorti. Et tout l’intervalle semble un tumulte vain, une agitation à vide, un chaos inutile par lequel on se demande pourquoi on a dû passer."
Marguerite Yourcenar
Je me suis plongée dans Maupassant cette semaine (ses nouvelles, plus précisément), et en lisant sur Wikipedia sa biographie je suis tombée sur cette citation, j’aurais pu écrire la même mot pour mot :
Ce graphique raconte une histoire que les moyennes d’inflation masquent : dans les pays riches depuis 25 ans le prix des objets a baissé ou stagné, tandis que le prix de la présence humaine a explosé. Tout ce qui est produit industriellement, échangeable et automatisable devient relativement moins cher, tandis que tout ce qui exige du travail humain local devient plus cher.
Le FT appelle cela l’effet Baumol.
On peut importer des téléviseurs, des chaussures et des smartphones, on n’importe pas facilement une heure de soin, une place en crèche ou une présence auprès d’une personne âgée.
Dans les secteurs industriels, les gains de productivité sont massifs. On produit plus, plus vite, avec moins de travail humain par unité. Les prix peuvent donc baisser.
Mais dans les services intensifs en main-d’œuvre, la productivité progresse peu : un professeur ne peut pas enseigner correctement à dix fois plus d’élèves. Pourtant, ces travailleurs vivent dans des économies plus riches, où les salaires montent ailleurs. Il faut donc les payer davantage pour qu’ils restent dans ces métiers. Du coup les services deviennent plus chers.
La France illustre très bien cette tension. Le graphique montre que, comme aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en Allemagne, les biens échangeables y ont fortement baissé en prix relatif depuis 2000, tandis que les services ont continué de grimper.
C’est aussi l’un des effets silencieux de la désindustrialisation : à mesure que les pays riches produisent moins d’objets sur leur sol et importent davantage de biens manufacturés à bas coût, leur économie intérieure se recentre sur les services, c’est-à-dire précisément sur ce qui se délocalise le moins, s’automatise le plus difficilement et coûte de plus en plus cher.
Le progrès matériel a rendu beaucoup de biens abondants mais n’a pas rendu abondant le temps humain qualifié. Et c’est précisément ce temps humain (soigner, éduquer, garder, accompagner…) qui devient le cœur du coût de la vie.
Le graphique contrevient donc à 2 idées reçues à la fois.
Première idée fausse : "tout augmente". Non : une grande partie des biens manufacturés a fortement baissé en prix relatif depuis 2000. Deuxième idée fausse : "le sentiment de déclassement est imaginaire". Non plus : les dépenses contraintes et non délocalisables ont en réalité grimpé, et ce sont elles qui définissent concrètement la sécurité matérielle.
La modernité a formidablement baissé le prix des choses mais a mécaniquement renchéri le prix des personnes. Les sociétés riches n’ont jamais eu autant d’objets accessibles, mais elles ont de plus en plus de mal à financer les services qui donnent à la vie sa sécurité concrète.
C’est peut-être cela que raconte ce graphique : nous avons gagné en objets, mais nous payons de plus en plus cher les relations, les soins, l’attention, la présence. Le confort matériel a baissé le prix du superflu visible, mais il a renchéri l’essentiel vécu...
https://t.co/dpU9yTaj0F
"La phase de la mondialisation néolibérale s’est clairement achevée. Nous avons basculé dans l'air du national libéralisme, c'est dire du libéralisme limité à la sphère économique à l’intérieur d’un pays. Pour ce qui est du marché extérieur, c'est le retour du mercantilisme"
Passionnante interview de @BrankoMilan - le fameux inventeur de "la courbe en éléphant", celle qui a démontré que si la mondialisation a réduit les inégalités à l'échelle mondiale, elle a laissé sur le côté les classes moyenne et populaire des pays occidentaux. Ce qui explique à peu près tout des bouleversements de la politique dans nos pays ces dernières décennies.
Son analyse de la nouvelle ère qui s'ouvre est à lire dans @LEXPRESS ⬇️