Atlas Shrugged est une œuvre bien étrange.
D’abord par sa taille, car il doit compter au moins 1300 pages.
Ensuite par le fait que madame Rand n’a guère de bonheur d’écriture. Le style est plat et convenu.
Enfin par le fait que ses personnages, à l’exception d’un ou deux personnages secondaires, ont une profondeur psychologique extraordinairement sommaire qui rappelle fâcheusement Zola.
Et pourtant, si vous commencez à le lire, vous ne pouvez pas le lâcher tant les thèses qui y sont développées surprennent et choquent, tout en apparaissant comme parfaitement justifiées par les expériences que chacun a pu faire tout au long de sa vie.
Pour ceux qui veulent en savoir plus sur Ayn Rand sans trop se fatiguer, je conseille de lire la note sur https://t.co/W0kLZgUDN5 qui est plutôt bien faite.
Et quelles sont ces thèses que je vais essayer de résumer au risque de les trahir ?
L’histoire se passe aux USA dans les années cinquante et le pays est gouverné par des gens qui se disent altruistes et recherchent l’égalité au nom du bien commun.
Et cette tentative amène à un désastre humain et économique inouï, et il ne peut pas en être autrement.
Le livre raconte l’opposition totale entre la classe des dirigeants de l’Etat et la classe des créateurs, la classe dirigeante faisant tout pour empêcher les créateurs d’émerger, au nom de la sacro-sainte-égalité et de l’altruisme (le principal ennemi intellectuel de madame Rand, dont elle attribue l’émergence à Kant qu’elle vomit, alors qu’elle adore Aristote qui lui observe la réalité sans porter de jugement de valeur).
La thèse centrale est que l’égoïsme de chacun fait le succès de tous et que le soi-disant altruisme des dirigeants fait a chaque fois le malheur de tous. Et pour illustrer cette thèse, le livre raconte l’histoire de plusieurs createurs (la principale héroïne est une femme) qui se battent contre une société qui ressemble fâcheusement à celle qu’annonçait Tocqueville et qui décident à la fin de faire grève (d’où le titre en français) et de se retirer tous ensemble dans une espèce d’abbaye de Thélème dans les Montagnes Rocheuses où ils rejoindront John Galt, leur héros mythique, qui les appelle à la grève depuis longtemps. (« Mais qui est John Galt » est le cri de guerre des entrepreneurs tout au long du livre).
Et le retrait de toute activité de cette minorité minuscule entraîne l’effondrement de la société tout entière.
Et ce qu’il y a de fascinant dans toute l’œuvre d’Ayn Rand (fort abondante) c’est l’incroyable capacité qu’elle a de dérouler une logique implacable pour montrer que la recherche de l’égalité centrée sur de multiples contraintes imposées aux créateurs finit toujours en désastre. Et cette capacité repose sur l’axiome central de la pensée Randienne : « Ma philosophie conçoit essentiellement l’Homme comme un être héroïque dont l’éthique de vie est la poursuite de son propre bonheur, la réalisation de soi son activité la plus noble, et la Raison son seul absolu. »
Elle a d’ailleurs fondé une doctrine philosophique qu’elle appelait « l’objectivisme » et l’un de ses disciples fut Alan Greenspan, qui assista à son enterrement. Pour Ayn Rand, tout doit partir de l’acceptation de la réalité qui elle est purement objective et tout subjectivisme est forcément destructeur.
Si je devais définir cette philosophie, je dirais qu’elle est le symétrique exact du déconstructionnisme qui vit le jour en France, à peu près à la même époque.
Mais Ayn Rand a perdu cette bataille des idées contre le subjectivisme absolu né dans les années cinquante en France puisqu’aujourd’hui chacun peut décider de ce qu’il est sans considération aucune de ce qu’il a reçu à la naissance. (Voir mon interview de Mathieu Bock-Côté sur la chaîne de l’ID-Media)
L‘objectivisme a perdu et le subjectivisme qui professe que la réalité n’existe pas l’a emporté, voilà une réalité qu’il est de plus en plus difficile de nier. Et c’est parce que le subjectivisme l’a emporté que nos systèmes politiques sont en train de s’effondrer en Occident.
Mais ce qu’il y a de fascinant dans ses écrits, c’est tout simplement leur caractère prophétique.
Depuis que j’ai lu ce livre il y a une quarantaine d’années, je ne peux m’empêcher de penser a tout ce qui se passe depuis en France, en Europe et aux USA tant l’évolution des événements dans tous ces pays fait irrésistiblement penser à ce qui se passait dans le livre.
Lentement mais sûrement tout se déglingue.
Le niveau intellectuel moyen s’effondre avec l’éducation.
Les médias deviennent le repère des esprits asservis et hurlent avec les loups.
Dans le livre,les chemins de fer, les aciéries, les sociétés industrielles, gérés par les syndicats et des incompétents cessent d’investir. Les tunnels s’effondraient au passage des trains, faisant de nombreuses victimes, les dirigeants étant responsables mais non coupables.
Le centre des villes se désertifiaient tandis que dans les campagnes la pauvreté la plus absolue régnait…
Les pannes d’électricité étaient constantes.
L’anomie gagnait la société entière tant le nombre de lois et de règlements empêchait toute initiative.
La monnaie, devenue un instrument étatique, ne valait plus rien, la criminalité explosait…
Constater l’effondrement de l’éducation et le déclin des transports en commun, remplacer les chemins de fer par les hôpitaux et la mort des aciéries par la disparition de l’industrie et le parallèle entre la société française d’aujourd’hui et le livre devient criant de vérité.
Beaucoup ont comparé Rand et son entrepreneur de génie au surhomme de Nietzsche et là, je ne suis pas capable de juger n’ayant jamais rien compris à Nietzsche en particulier et à la philosophie allemande en général.
Mais instinctivement, je ne suis pas d’accord. Ayn Rand me semble déifier la Liberté Individuelle et non pas le Pouvoir sur les autres, mais je peux me tromper.
En revanche, ce qu’elle dit me fait beaucoup penser à Pareto et Schumpeter.
Commençons par Pareto : Dans un pays, 80 % de la richesse créée l’est par 20 % des citoyens (Loi de Pareto). Si le système politique s’attache à empêcher les créateurs de créer, alors l’effondrement est inévitable. La question devient donc : mais pourquoi le système politique voudrait-il empêcher ces gens de créer ?
La réponse nous est fournie par Schumpeter dans son grand livre « Capitalisme, Socialisme et Démocratie ».
Le capitalisme, grâce à la destruction créatrice qui en est l’âme (autre mot pour le Darwinisme appliqué à l’économie) permet un développement foudroyant du niveau de vie général.
Cette hausse du niveau de vie amène à un immense développement de l’éducation, ce qui crée des hordes de « faux intellectuels ».
Grâce à l’institution de la démocratie, qui toujours suit l’arrivée du capitalisme, ces faux intellectuels réussissent à prendre le contrôle de l’Etat en promettant d’empêcher toute destruction créatrice, ce qui revient a détruire la classe entrepreneuriale et amène à la stagnation et a la pauvreté.
Ce que pensait Schumpeter, mais là je m’avance peut-être à tort, était sans doute que le capitalisme amenait à la démocratie mais était incompatible à terme avec le suffrage universel, alors que Milton Friedman pensait exactement le contraire. Hélas, il apparaît de plus en plus que Schumpeter avait raison et Friedman tort…
Comme les entrepreneurs seront toujours une minorité et que le caractère révolutionnaire de leurs actions les rendra toujours et partout impopulaires, il est fort à craindre en effet que le citoyen de base ne cherche à se venger dans les urnes de leurs succès dans l’économie.
Après tout et comme le dit le proverbe : « Ce n’est pas tout de réussir dans la vie, encore faut-il que vos amis échouent »
📢🔴🇫🇷Loïk Le Floch-Prigent, ancien président de GDF : "Il n'y a rien dans les traités qui oblige à être dans le marché de l'électricité européen. Nous pouvons partir à tout moment... Le président de RTE est favorable à ce que le prix revienne au coût."
@IdLibertes Ils ne se remettront jamais en cause d'autant qu'ils seraient obligés de baisser leurs salaires juteux, supprimer à leurs privilèges et raboter leurs pensions de retraite en or ! Ce n'est qu'une maffia d'escrocs
@Polyglotte37_@StanislasBerton "Composée en une nuit par" Rouget de l'Isle" ... plutôt "sélectionné par" : le véritable compositeur est Jean-Baptiste Grisons, et il s'agit d'un air de son oratorio Esther. https://t.co/V1M42FvFEi
Une des principales cause d'entrée en EHPAD est l'épuisement de l'aidant
Face à la charge que représente la dépendance, nombreux sont les résidents qui acceptent d'entrée en EHPAD pour soulager la/le conjoint ou un enfant.
Avec cette loi infame sur l'#euthanasie, un autre choix va leur être proposé : disparaitre pour ne pas engendrer de dépenses supplémentaires.
Sous la pression familiale, certains accepterons l'euthanasie, comme ils acceptent l'entrée en EHPAD, pour soulager leur famille.
C'est ignoble et pourtant notre société va le permettre et l'organiser
305 députés ont voté pour le droit de donner la mort.
305 députés qui viendront appuyer sur les seringues et nous dire comment tuer les patients.
Car moi, médecin, je ne sais pas tuer, je n'ai pas appris à le faire et ne le ferai pas.
Mesdames, messieurs, à vous les basses œuvres.
#euthanasie
Beaucoup de parents dont les enfants ont été placés, se sont vus conseiller qu'il ne fallait surtout pas s'opposer à l'ASE. Que de toute façon, les Juges suivent ses préconisations aveuglément.
Et bien NON, lorsque l'on pointe les mensonges, des Juges s'opposent au placement.