« Boston a des squelettes dans le placard dont personne n’aime parler »
Invité de @Sportuality_, Jaylen Brown a expliqué comment l’héritage de Bill Russell à Boston, les inégalités qu’il observe et son engagement auprès des jeunes nourrissent sa motivation au quotidien :
« Boston compte beaucoup de personnes formidables. J’ai rencontré énormément de gens au cours de mon parcours et j’en suis reconnaissant. Beaucoup se battent avec conviction pour rendre le monde meilleur.
Mais Boston est également la capitale de nombreuses injustices. Les inégalités de richesse en font partie. Le taux d’incarcération, le manque d’opportunités… La liste est longue. Une grande partie de l’hégémonie qui existe aux États-Unis est également liée à Boston.
J’en ai parlé publiquement et je travaille aussi sur certains sujets en privé. Je vis à Boston. Cela fait dix ans que j’y suis, donc je fais moi aussi partie du problème. Je dois trouver comment utiliser ma plateforme pour construire des solutions.
Boston possède a de la grandeur, mais Boston a également des squelettes dans le placard dont personne n’aime parler.
Bill Russell est l’exemple ultime de l’athlète humanitaire qui a joint les actes à la parole. Il a vécu tout cela à une époque où c’était beaucoup plus violent et beaucoup plus dangereux pour sa carrière, sa santé physique et sa santé mentale.
Quand je regarde quelqu’un comme lui, qui a ouvert la voie, il m’était impossible d’arriver à 18, 19 ou 20 ans et de ne pas suivre ses traces, de ne pas parler fièrement de certaines choses.
Même si j’ai subi des critiques, même si certaines personnes veulent que je me taise ou que j’arrête de parler, grâce à des gens comme Bill Russell, je ne peux pas le faire.
Peu importe comment se déroulera le reste de ma carrière, j’utiliserai toujours ma voix. J’utiliserai toujours ma plateforme. Je défendrai toujours ce que je considère comme juste, éthique et intègre. Je pourrai vivre avec les conséquences.
[...] La négativité, les défis et l’adversité ajoutent du carburant au feu, mais ils ne constituent pas toute ma motivation.
Ma motivation est d’inspirer la prochaine génération. De voir un monde meilleur à l’avenir. Je veux que les athlètes comprennent leur valeur et commencent à travailler ensemble.
Ma motivation est aussi de contribuer à améliorer le système éducatif américain. Mon objectif est de redistribuer des ressources dans les communautés défavorisées. C’est cela qui me motive.
Quand je n’ai pas envie de m’entraîner le matin, je pense à tout cela. Voilà mon carburant. »
Le nouveau joueur des Sixers fait notamment référence au passé ségrégationniste de la ville, et aux discriminations raciales persistant sous forme d'inégalités structurelles (logements, éducation...).
via @Sportuality_