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Now Research Engineer @ESAGaia at @CNRS / @Obs_Paris / UNIDIA (Meudon) !
24 septembre 2026 : encore 37 °C en France.
Si cette température était un épisode isolé, je n'en ferais pas un post. Mais ce n'est justement pas le cas car cela dure depuis le mois de mai.
À Nîmes, 2026 cumule désormais 112 jours à plus de 30 °C. C'est l'équivalent de près de quatre mois de chaleur supérieure à 30 °C sur une seule année...
Les 30°C seront encore observés en France jusqu'à la fin du mois. Certaines simulations voient les prolongations jusqu'à début octobre.
Au début de l’installation de la sécheresse de 2026, le journal @sudouest avait osé prendre le contre-pied des discours habituels : espérer de la pluie pendant les ponts de mai pour éviter que la sécheresse ne s’aggrave.
Qu’est-ce que j’avais pu me faire insulter à l’époque ! Le reproche ? Les « écolos dépressifs » voulaient désormais nous voler nos week-ends, gâcher nos jours fériés et nous empêcher de profiter du soleil.
Non. Je voulais simplement vous alerter sur les difficultés agricoles et forestières qui se profilaient (notamment à l'époque les semis de printemps). Et qui, malheureusement, se sont concrétisées au fil des mois.
Nous vivons dorénavant la pire catastrophe agricole de l'histoire moderne de la France. « Je ne vois rien de réjouissant à danser dans une maison qui brûle ».
🇫🇷🌧️ • La France devrait se poser des questions sur ce qu'elle a bien pu faire au monde pour subir ça.
Pas une goutte d'eau en vue dans les 15 prochains jours en France selon le modèle européen (sauf la bonne élève Bretagne).
#secheresse
Tous les facteurs d'une crise agricole majeure sont en train de se conjuger.
La situation hydrique en France se détériore rapidement, au point de compromettre les semis d’automne et d’hiver. C'est indiscutable : sur 95 % du territoire, l’indice hydrique des sols atteint 0 % dans les neuf premiers centimètres (carte de droite). Les horizons superficiels sont totalement desséchés, rendant les conditions de germination et de levée particulièrement défavorables.
Et les perspectives météorologiques n'offrent guère de répit : aucune pluie véritablement efficace n'est attendue à l'échelle nationale avant le 27 septembre au plus tôt (carte de gauche).
Je ne sais pas si vous mesurez pleinement ce qui est en train de se jouer. Nous assistons à une convergence de facteurs susceptibles de provoquer une grave crise agricole et alimentaire :
➡️ L'énergie : des coûts énergétiques élevés qui fragilisent les exploitations agricoles et renchérissent les coûts de production, de transformation et de transport.
➡️ La géopolitique : des tensions internationales croissantes qui accentuent l'incertitude sur les marchés agricoles, énergétiques et alimentaires.
➡️ Le climat : cinq mois de conditions climatiques particulièrement éprouvantes, qui ont déjà lourdement affecté les récoltes de 2026. Désormais, la sécheresse se prolonge jusqu'aux semis des cultures qui seront récoltées en 2027. Nous ne parlons donc plus seulement des conséquences sur une campagne agricole, mais d'un risque de transmission des difficultés d'une année à l'autre.
➡️ El Niño : le réchauffement des eaux du Pacifique équatorial constitue un facteur de risque supplémentaire pour les productions agricoles mondiales. Selon son intensité et son évolution, il pourrait perturber les régimes de précipitations de plusieurs grandes régions productrices, avec des répercussions possibles sur les récoltes et les prix alimentaires internationaux.
J’observe les crises climatiques, je les analyse et je les documente depuis des années. Mais aujourd’hui, nous entrons dans une multicrise.
Une situation où les crises climatiques, agricoles, énergétiques et géopolitiques ne se succèdent plus, mais se superposent, interagissent et amplifient mutuellement leurs conséquences.
Le danger ne réside plus seulement dans la gravité de chaque crise prise isolément, mais dans leur accumulation et leurs effets en cascade. Et c’est précisément ce qui rend la situation actuelle particulièrement préoccupant...
Depuis la sortie de ma petite vidéo, la conférence donnée à l'IRCELYON a été supprimée de Youtube. L'article a également été supprimé des sites qui le référençaient. Pour ceux qui auraient voulu lire ça de leurs propres yeux, j'ai mis le pdf ici : https://t.co/j7vdi94ppF
L’un des impacts les plus critiques du changement climatique sur l’agriculture est aussi l’un des plus méconnus du grand public : le manque de froid en hiver.
Des hivers trop doux peuvent favoriser la survie de certains ravageurs et agents pathogènes. Mais ils menacent également un processus fondamental pour l’arboriculture : la floraison.
Car les arbres fruitiers ont besoin d’accumuler une certaine quantité de froid pendant l’hiver pour sortir correctement de leur dormance et assurer une floraison homogène au printemps. Lorsque ce besoin n’est pas satisfait, le débourrement peut devenir irrégulier, la floraison s’étaler ou s'affaiblir et les rendements diminuer. C’est ce qu’on appelle le besoin en froid hivernal ou "vernalisation"
Et c’est potentiellement l’un des plus grands bouleversements agricoles du siècle. Pour certaines filières arboricoles, le manque de froid pourrait devenir une contrainte aussi déterminante, voire davantage, que les canicules et les sécheresses.
Prenons l’exemple du pommier. Selon les variétés et les méthodes de calcul, ses besoins peuvent s’étendre approximativement de 400 à 1 500 heures de froid, avec de nombreuses variétés traditionnelles nécessitant autour de 1 000 à 1 200 heures.
Or, d’ici la fin du siècle, les projections climatiques indiquent que le Sud-Ouest de la France pourrait ne plus accumuler suffisamment de froid pour satisfaire les besoins de nombreuses variétés de pommiers actuellement cultivées dans la région. Résultat : une floraison plus aléatoire (voire pas de floraison !) et des rendements potentiellement compromis.
Avec des cumuls qui pourraient descendre localement autour de 200 à 600 heures de froid dans le sud de la France, les conditions hivernales deviendraient davantage compatibles avec les besoins de certaines espèces et variétés à faibles exigences en froid, notamment parmi les agrumes.
Et c’est toute la géographie de notre arboriculture qui pourrait être progressivement redessinée (on parle de biogéographie, mon coeur de connaissance en modélisation d'ailleurs).
Certaines variétés devront être remplacées, des espèces pourraient migrer vers de nouvelles régions et des bassins de production historiques risquent de perdre une partie de leur potentiel climatique.
Mais un verger ne se déplace pas en quelques années. Il faut sélectionner les variétés, expérimenter, planter, attendre l’entrée en production, structurer les filières et développer de nouveaux savoir-faire. C’est un chantier de plusieurs décennies, avec des investissements considérables (je pense que vous n'êtes pas conscience encore du chantier !).
Et c’est bien là tout le problème (qui m'agace de part ailleurs !) : nous devons anticiper dès aujourd’hui une transformation agricole majeure, alors que nos politiques publiques et nos stratégies économiques restent trop souvent concentrées sur le court terme.
Le manque de froid hivernal pourrait provoquer un véritable séisme dans l’arboriculture française. Et contrairement aux canicules, ce bouleversement avance silencieusement, hiver après hiver. Et on est clairement pas prêt.
C’est assez cocasse et tellement prévisible…
La sortie de ce documentaire semble agir comme un révélateur chimique. Les camps sont remis brusquement en solution.
Et dans les commentaires sous les articles de presse. on revoit apparaître les vieux réflexes de 2020-2022 : culte de personnalité, loyauté, traque des anciens tweets, humiliation publique, et réduction de désaccords scientifiques à des identités morales.
🔥Nouvelle vidéo ! Ce que vous allez découvrir dépasse l'entendement. Il s'agit apparemment d'une « nouvelle façon de faire de la Science ». Un délire financé par de l'argent public et enseigné à des doctorants, en partenariat avec le CNRS😶. Juste dingue. https://t.co/BNYONbCAWw
BonPote ont créé un outil après avoir analysé les votes de chaque parti à l’Assemblée nationale, ils ont charbonné ça pendant 8 mois et le résultat est sans appel, je me permets de vous partager leur taff
Hier, le record national de chaleur pour un mois de septembre en France a été égalé, avec 40,2 °C à Céret. D’ici dimanche, ce record pourrait de nouveau être approché, voire dépassé.
L’évolution de la fréquence des 40 °C en France est, il faut bien l’admettre, particulièrement inquiétante et extrêmement défavorable à nos écosystèmes.
C’est aussi pour cela qu’il n’existera pas d’adaptation efficace sans atténuation. Nous pouvons et devons adapter nos territoires, notre agriculture et nos forêts, mais cette adaptation a des limites. Ce sont les limites biologiques (brûlures foliaires, perte de fertilité des fleurs, mortalité de arbres etc.).
Imaginer des écosystèmes français capables de s’adapter sans dommages majeurs à une France à +4 °C relève de l’utopie.
Notre climat est littéralement en train de partir en cacahuète. Pour cette 6ᵉ #canicule de l’année, les 40 °C sont de nouveau dépassés, en plein mois de septembre.
Aujourd’hui, 283 records mensuels sont tombés, datant parfois du 19ème siècle. Certains pulvérisés de 4 °C, avec une facilité déconcertante.
Et ce n’est pas terminé : plusieurs de ces records pourraient être battus à nouveau dès demain voire même le record national...
Dorénavant la saison des canicule en France dure 5 mois : de mai à septembre.
La banalisation des extrêmes climatiques est peut-être l’un des dangers les plus insidieux du changement climatique.
L’être humain s’habitue très vite à de nouvelles normes : ce qui paraissait exceptionnel il y a vingt ans finit par devenir « un bel été », « une météo idéale » ou « une bonne nouvelle pour le tourisme ».
Mais l’agriculture, les forêts et les écosystèmes ne s’adaptent pas au même rythme que notre perception. Une température de 40 ou 41°C en septembre n’est pas anodine : elle augmente l’évapotranspiration, assèche les sols, accroît le stress hydrique des cultures et des arbres, perturbe les cycles biologiques et prolonge le risque d’incendie.
Notre perception du climat peut changer en quelques années. La physiologie d’un chêne, d’une vigne ou d’un écosystème, non.
C’est tout le danger du shifting baseline syndrome : à force de repousser mentalement la frontière de ce que nous considérons comme « normal », nous finissons par banaliser ce qui reste biologiquement extrême.
Beaucoup ne s'en rendent peut être pas compte mais on est d'ores et déjà dans une sorte de banalisation des extrêmes météo.
Concernant les canicules, les corps de beaucoup commencent à s'habituer à ces enchainements et ça devient petit à petit un non évènement surtout dans le cadre maintenant de la rentrée scolaire et d'autres actualités qui deviennent brûlantes (la présidentielle arrivant).
J'ai assez peu de doutes sur le fait que les valeurs records de chaleur pour septembre attendues entre vendredi et dimanche, feront bien moins la une qu'entre juin et août. Encore une fois ce qui permet tout immobilisme, c'est l'oubli climatique (la mémoire de poisson rouge). Comptez sur moi dans les prochains mois pour rappeler qu'on est sur "une année folle".
Les médias aussi dans leur schizophrénie perpétuelle, vont parfois nous ressortir "le plaisir" de profiter des chaleurs et de la grande douceur, là en l'occurrence ne parler que d'une bonne nouvelle pour les professionnels du tourisme. Mais à quel prix ? Notre agriculture est sinistrée, nos forêts et nos écosystèmes sont en très très grande souffrance mais oui pardi faut se réjouir pour les professionnels du tourisme. J'ai un peu de mal avec ça maintenant mais bon peut être que je suis devenu trop obtus.
En tout cas, les prochains jours seront tout sauf anodins avec des records mensuels de chaleur battus et la barre des 40,de nouveau atteinte par endroit entre sud-ouest et pourtour méditerranéen. La sécheresse va de nouveau se renforcer et c'est pas le pauvre front froid mercredi prochain clôturant cette nouvelle vague de chaleur, qui y changera grand chose.
Désolé pour le ton un peu alarmiste, habituellement je suis mesuré, mais je trouve la période très très inquiétante surtout que les fortes chaleurs sont loin d'être terminées.
ça veut dire me remettre à niveau en physique (ne me déranges pas, j'adore les équations x)) mais aussi apprendre la Chimie... Donc retourner en étude pour faire un Master ?
J'avoue que je ne connais pas la démarche à suivre si je m'engage dans cette voie...
Si le CDI CNRS s'avère trop compliqué (tldr finance de l'état en baisse permanente, et beaucoup de candidats pour très peu de poste), je me demande si je ne vais pas m'orienter vers l'enseignement (mon premier vœux de fac).
J'aimerai lycée donc CAPES... ça n'a pas l'air simple...