Après une forte chute en mars, l’or semble se stabiliser.
Ce qu’il faut retenir : Le métal jaune surperforme le CAC 40 sur 2026
-1.27% en avril, +7.5% depuis le début de l’année
Le métal jaune surperforme le CAC 40 sur 2026.
L’or est-il un moins bon diversifiant ?
Prévisions plus mesurées
La demande de pièces et lingots bondit de 50%
Après une forte chute en mars, la performance du métal jaune semble donc se stabiliser, sur fond d’incertitude liée au conflit US Iran et au blocage du détroit d’Hormuz. Le cours a particulièrement reculé sur la deuxième moitié du mois, après les annonces de cessez-le-feu et les tentatives de discussions entre les parties.
Logiquement, les marchés actions se sont redréssés à la suite de l’accalmie militaire : le CAC 40 progresse de 4.4% sur le mois d’avril, mais reste en retrait de 0.4% sur 2026 hors dividendes.
Les inquiétudes restent concentrées autour de la réouverture du détroit d’Ormuz afin de faire baisser les prix de l’énergie. Les chiffres d’inflation publiés en avril restent élevés (+3.3% aux US, et +2.5% en zone euro) et font craindre une remontée des taux d’intérêts, ce qui continue de peser sur le cours du métal jaune.
L’or moins bon diversifiant ?
La corrélation entre le métal jaune et les actions est significativement remontée et se situe autour de 0.4, un chiffre historiquement élevé. Cela signifie que le pouvoir diversifiant du métal jaune est moins fort qu’à l’accoutumée. Cela s’explique par plusieurs phénomènes :
L’or est moins sensible au risque géopolitique, en particulier au moyen Orient. Ces dernières semaines, le métal jaune a eu tendance à augmenter avec les signes d’apaisement du conflit, et à baisser lorsque les tensions se ravivaient.
Le niveau élevé du cours en termes absolus le rend plus sensible à des corrections générales des marchés.
L’or est en ce moment très sensible aux perspectives d’évolution des taux. Une sensibilité logique mais qu’on avait oublié ces dernières années car elle était masquée par les achats massifs de banques centrales et les conflits géopolitiques. C’est une sorte de retour à la normale.
Cette sensibilité de l’or vis-à-vis des taux américains est particulièrement vive au moment où la réserve fédérale s’apprête à changer de président, probablement en juin. Les interrogations portent notamment sur le style et la direction que choisira Kevin Warsh, alors même que Jerome Powell a annoncé qu’il ne quittera pas la Fed comme il est d’usage.
Des prévisions plus mesurées :
Le reflux du cours a conduit la plupart des analystes à tempérer voire nuancer leurs prévisions. Trois facteurs ont soutenu le cours ces derniers mois : la dédollarisation des réserves de change des banques centrales, la perspective de baisse des taux sur fond de ralentissement économique, et une demande d’investissement privée élevée. Or si les tendances de fond restent intactes, la dynamique de court-terme s’est tempérée : les banques centrales ont ralenti leurs achats ces derniers mois, et la baisse des taux n’est plus dans les radars des analystes pour 2026. Morgan Stanley a ainsi ramené sa prévision 2026 de cours à 5200 dollars l’once.
La demande mondiale de pièces et lingots bondit de 50% sur un an.
Au premier trimestre 2026, selon le rapport du World Gold Council, la demande totale atteint 1 231 tonnes, en hausse de 2% sur un an, mais c’est surtout en valeur que le signal est spectaculaire : 193 milliards de dollars, soit une progression de 74% sur un an, un record absolu.
Derrière cette dynamique on observe des changements profonds. La demande bijoutière est en recul en volume (-23% sur un an ; -100 tonnes), mais elle progresse néanmoins en valeur (+31% sur un an) signe d’un intérêt toujours marqué pour l’achats de bijoux en or. La baisse de la demande bijoutière est plus que compensée par la hausse de la demande en or investissement sous forme de lingots, qui bondit de 50% sur un an (+130 tonnes). Enfin sur le trimestre, le centre de gravité du marché reste en Asie : plus de la moitié de la hausse de la demande d’or investissement provient de Chine.
Autre phénomène : des tensions sont apparues sur les lingotins de petite taille, reflet d’une demande très dynamique, surtout en Asie (Il y aurait des pénuries à Singapour et en Corée du sud). En période de forte demande globale, les raffineurs privilégient logiquement la production de gros lingots, plus efficients industriellement. Cette allocation crée des pénuries ponctuelles sur les formats accessibles aux particuliers.
Baisse paradoxale de l’or en pleine crise géopolitique.
Contre toute attente, le cours de l’or a reculé en mars alors que les tensions géopolitiques s’intensifient. Un paradoxe qui interroge les marchés. Découvrez les raisons de cette baisse et le mouvement stratégique de la Banque de France.
Ce qu’il faut retenir
-9.7% en mars, +9.7% sur 2026
Alors que le risque géopolitique augmente, l’or baisse
La banque de France « rapatrie » son or des Etats-Unis
527 milliards de dollars par jour
-9.7% en mars, +9.7% sur 2026
A la fin mars, le cours de l’once atteignait 3 995,9 euros (4 608,35 $), enregistrant une chute importante de 9.7% sur le mois. Cette baisse a divisé la performance 2026 par deux, et la progression du métal jaune sur 2026 atteint 9.7%, au 7 avril.
Le mois de mars a été marqué par la guerre en Iran, qui a affecté tous les marchés. Le CAC 40 chute dans des proportions similaires à l’or : -8.9% sur le mois, mais sa performance 2026 hors dividendes passe en terrain négatif à -2.3%. Le bitcoin s’est, lui, apprécié de près de 6% en mars, mais sa performance sur l’année 2026 reste largement dans le rouge à -20%.
Alors que le conflit entre dans son deuxième mois, tous les yeux sont braqués sur les cours du pétrole et les réseaux sociaux de Donald Trump. Face aux incohérences des déclarations américaines et à l’intransigeance iranienne, les risques de dérapage du conflit sont nombreux, avec comme première préoccupation une envolée des prix du baril, sur fond de premières pénuries en Asie et en Europe. En France, après le week-end de Pâques, près d’un quart des stations françaises sont en rupture, selon le président de l’Union Française des Industries Pétrolières (UFIP).
Paradoxe : alors que le risque géopolitique augmente, l’or baisse
Il peut paraitre surprenant que l’or, valeur refuge par excellence, chute aussi violemment en plein milieu d’une crise géopolitique internationale.
Il y a plusieurs explications :
La hausse des prix de l’énergie crée de l’inflation que les banques centrales vont devoir combattre en augmentant leurs taux d’intérêt. Les perspectives de hausse de taux sont défavorables au métal jaune, qui contrairement aux obligations ne génère pas d’intérêt.
Alors que les marchés financiers dans leur ensemble ont baissé, l’or qui s’était apprécié de près de 20% avant la crise a subi des prises de bénéfices. Un phénomène similaire a été observé lors de la crise de 2008, où l’or, après s’être apprécié à la suite de la faille de Lehman Brothers, avait perdu plus de 15% en un mois sur fond de liquidation. Dans les mois qui suivirent, la valeur refuge reprenait son cours avant de gagner plus de 25% en 2009.
Les cours élevés pourraient ralentir les achats des banques centrales. Les dernières données datant de février font état de 19 tonnes d’achats nets, avec comme acheteur notable la Pologne (+20t), et en mars, la banque centrale chinoise a accumulé 5 tonnes d’or. Mais la tendance reste à surveiller, certains pays pouvant être tenté de prendre des profits sur le métal jaune pour financer des actions conjoncturelles. Ainsi la Turquie a récemment procédé à des ventes de métal jaune pour soutenir sa devise.
La demande des particuliers, notamment en provenance d’Inde et de Chine, pourrait avoir ralenti. Après les fêtes du nouvel an chinois (15-23 février), la demande joaillière entre habituellement dans une saisonnalité basse.
Les investisseurs professionnels ont réduit leurs positions en or au profit de positions en pétrole afin de se protéger contre le risque le plus prégnant du moment.
La plupart des analystes ont pris en compte cette correction et revu leurs prévisions de court terme, tout en maintenant une vision positive à moyen terme. Ceci reflète bien le rôle du métal jaune : le concept de valeur prend tout son sens sur le long terme.
La Banque de France « rapatrie » son stock d’or New-Yorkais et enregistre au passage 12.8 milliards de profits
La Banque de France a annoncé avoir rapatrié les 129 tonnes d’or qu’elle détenait à New York. Mais plutôt que d’organiser une opération logistique compliquée, elle a vendu cet or sur le marché américain et racheté un tonnage équivalent en Europe. Cela évite également les enjeux politiques de l’annonce d’un rapatriement qui aurait pu être mal interprété par les autorités américaines.
Ces opérations, réalisées entre juillet 2025 et janvier 2026 ont permis de réaliser au passage une plus-value de 12.8 milliards d’euros. Une plus-value technique puisque la banque a racheté un montant équivalent de métal jaune….
Mais cela permet à la banque de France d’afficher un résultat 2025 positif de 8.1 milliards d’euros. Sans cette opération, la banque centrale aurait été dans le rouge. Et l’autre gagnant est l’Etat français, qui encaisse au passage 1.5 milliards d’euros d’impôt sur les sociétés….
527 milliards de dollars par jour
C’est le montant des échanges moyens de métal jaune en mars 2026, selon le World Gold Council. Ceci en fait un des actifs les plus liquide du monde. A titre de comparaison, il s’échange environ 5 milliards d’euros par jour à la bourse de Paris…
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L’or proche de ses records sur fond de guerre en Iran - Etats-Unis. Le cours de l’or a progressé de plus de 20 % en seulement deux mois. Entre tensions géopolitiques, guerre en Iran et flambée du pétrole, les marchés restent sous pression. Pourquoi ces événements soutiennent-ils le métal jaune ? Découvrez notre analyse complète.