✍️ Tribune : La gauche ou le fantasme d’un monde sans limites
À chaque fois que la réalité impose une limite, la gauche y voit une injustice à abolir. À l’université, aux frontières, dans l’entreprise, la même logique s’impose : supprimer les mécanismes de sélection, puis demander à la collectivité d’en assumer les conséquences.
1. Prenons l’université.
LFI veut abolir @parcoursup_info et garantir à chaque bachelier l’accès à la formation de son choix. L’intention paraît généreuse. Pourtant, seuls 40 % des bacheliers entrés en licence en 2020 ont obtenu leur diplôme en trois ou quatre ans. Voilà le paradoxe : refuser la sélection à l’entrée revient souvent à l’organiser par l’échec, après plusieurs années perdues, des frustrations accumulées et des centaines de millions d’euros mobilisés.
Car sélectionner, c’est aussi orienter, reconnaître les aptitudes, confronter les aspirations aux exigences des disciplines et aux besoins économiques. Une politique universitaire responsable doit articuler les ambitions individuelles, les capacités pédagogiques et les priorités stratégiques du pays. Transformer chaque désir en droit opposable aux contribuables revient à privatiser les aspirations et à collectiviser leurs coûts.
2. Même raisonnement aux frontières.
Faciliter les régularisations, multiplier les voies d'immigration et élargir les droits d'accueil constituent des choix politiques qui engagent durablement la collectivité. Chaque arrivée pose des questions concrètes : logement, emploi, école, santé, maîtrise linguistique, intégration culturelle, sécurité.
L'immigration peut répondre à certains besoins économiques ; ses effets dépendent précisément des profils accueillis, des volumes et des capacités d'intégration. Refuser de hiérarchiser ces paramètres revient à gouverner par le principe abstrait plutôt que par ses conséquences.
3. Enfin, l'entreprise.
Au nom de la protection des salariés, cette gauche entend interdire certains licenciements économiques dans les entreprises bénéficiaires. Mais un bénéfice comptable garantit-il la rentabilité future d'une activité ?
Une entreprise doit anticiper, investir, transformer ses métiers, parfois réduire ses effectifs pour préserver son existence. Rigidifier excessivement les sorties peut décourager les embauches, freiner les investissements et accélérer les délocalisations. Les emplois durables dépendent aussi de la capacité à créer de la valeur.
Dans ces trois domaines, la même contradiction apparaît : on revendique des droits individuels toujours plus étendus en minimisant les contraintes collectives qui conditionnent leur exercice.
Or les ressources sont rares, les compétences inégales, les capacités d'accueil limitées et les entreprises soumises à la concurrence. Ce sont des réalités qu'aucune idéologie ne saurait abolir.
Je vois dans cette tentation d'abolir les limites une confusion entre justice et satisfaction immédiate des revendications.
Mais supprimer les critères de sélection ne supprime jamais la sélection elle-même. Cela revient au contraire à la rendre plus tardive, plus coûteuse et plus cruelle.
On ne les entend plus, les gauchistes, dénoncer "l’effondrement du système psychiatrique" quand un déséquilibré tue une personne Noire.
Quand le meurtrier est islamiste, on invoque la psychiatrie. Quand la victime est racisée, on invoque l’extrême droite.
@PorcherThomas Ah le placement de produit bien capitaliste😄😄😄
Bienvenue du bon côté, mais maintenant il faut arrêter ttes conneries collectivistes et spoliatrices !