Monsieur Collard, vous avez pourtant siégé au Palais-Bourbon. Vous devriez donc savoir ce qu’est un député.
Un député n’est ni le vassal d’un évêque, ni l’enfant de chœur d’une sacristie, ni une conscience tenue en laisse par la crainte d’un refus de communion. Il est le dépositaire d’une parcelle de la souveraineté nationale. Son mandat lui vient du peuple, non de la mitre ; son vote relève de sa conscience, non du confessionnal.
La Constitution est plus claire que tous les sermons : le Parlement vote la loi, contrôle le Gouvernement et évalue les politiques publiques. Et puisque tout mandat impératif est nul, aucun parti, aucun lobby et aucun prélat ne peut prétendre dicter à un député son bulletin sous peine de châtiment politique ou religieux.
Qu’un évêque expose la doctrine de son Église, c’est son droit. Qu’il menace spirituellement des élus en raison de leur vote, c’est une pression exercée contre la liberté parlementaire. Mais qu’un ancien député applaudisse cette confusion entre l’autel et l’urne, voilà qui relève moins du courage que de l’amnésie constitutionnelle.
La République ne demande pas la permission de légiférer à la sacristie. Chez nous, le citoyen choisit, le député délibère et la loi tranche.
La République ne communie pas : elle légifère.
Premier et dernier défilé pour le Président de la République.
L’image est saisissante : ces deux photos ne marquent pas la simple évolution physique liée au poids des ans.
Elles attestent du pouvoir façonnant les traits d’une personnalité, des responsabilités creusant les sillons et apportant la maturité.
Elles prouvent que la candeur du candidat est vite effacée par la dureté de l’exercice présidentiel.
Ce sont autant de crises, de moments d’histoire et de gravité qui ont changé le visage de ce jeune président, tout comme le regard du monde a changé sur lui.