Je ne m'attendais pas à une telle levée de boucliers pour avoir dit que le système de retraites n'est pas adapté au refus de faire famille. Les réactions ont été intenses. Je ne suis que le messager, pas l'architecte.
Notre assurance vieillesse est un transfert avec des gens qui prennent, des gens qui donnent et des gens qui donneront. Assez de personnes rompent cette chaîne historique en trois temps au prétexte du libre exercice de leur égoïsme, par ailleurs rhabillé en fausse vertu suicidaire ("c'est dans l'intérêt des enfants de ne pas naître"), et il ne reste plus rien de la solidarité en France. Plus rien. Banqueroute. Tout saute, des subventions aux services.
Ce n'est pas une perspective lointaine. Regardez les comptes publics. Nous avons déjà sacrifié les services au bénéfice de l'augmentation du temps de retraite.
Pour avoir dit l'incohérence des no kids pro retraite à 60 ans, j'ai lu des insultes assez folles, sorte d'interdictions des désaccords, "connard totalitaire", etc. Il faut être sacrément autocentré pour croire qu'on peut traverser la vie en n'étant entouré que de gens avec qui on est d'accord. Le totalitaire, c'est l'insultant. Qui vous contraint ? Pas moi. Je ne suis que des pixels sur un écran dans vos mains. La contrainte est dans le système. La punition est déjà dans la qualité de votre vie, avec une école moins belle si vous avez 20 ans que celle qu'ont connu ceux qui ont 50. Avec un tribunal qui met six ans pour traiter une affaire de viol, parce que le PS a préféré la prestation de pension pour la génération 1964 plutôt que la requalification de la Justice. Avec un hôpital surchargé. Si on veut s'occuper de beaucoup de vieux, il faut beaucoup de jeunes médecins. Il y a trop peu de gens qui donnent. C'est ainsi.
Le système de retraite a été pensé pour une société de forte croissance, avec plein de jeunes parents avec quatre enfants. Ce que je dis simplement est que si vous en désirez zéro, tout en proposant la fin de la croissance comme le font certains écolos et Piketty depuis peu, alors les règles ne peuvent pas être les mêmes. C'est une forme de grève anti solidarité accélerant la chute.
Il n'y a pas de sous-traitance de notre vie ensemble. C'est le vieux principe de Kant. Il faut se comporter d'une façon qui si elle était généralisée, le résultat en serait heureux pour la société. Évidemment que quand je dis qu'il faut conditionner la prestation, je cherche un électro-choc rhétorique. Je n'ai pas déposé de proposition de loi. Je dis qu'il faut choisir une position cohérente. Et si je devais écrire une règle, effectivement je renforcerais des dispositions à la faveur de ceux qui donnent leur temps et leur argent à des enfants.
Si la liberté de ne pas faire d'enfant (en laquelle je crois, pour moi ici c'est affaire de mentalité, pas de loi) l'emporte sur les autres libertés, alors il faut changer des solidarités faites pour un monde où la parentalité n'était pas si souvent optionnelle.
Je finirai là-dessus. Des comptes présentant les signes de la gauche politique (les drapeaux, les symboles) ont répété "les droits ne sont pas conditionnés à des devoirs". Les gars. C'est fake news. Ton droit à la securité, c'est l'obligation d'un policier de te protéger. Ton droit à l'université, c'est mon obligation de passer du temps à mettre à jour le contenu de mon cours. C'est ça une société. On interagit, on échange. Les droits sans les devoirs, c'est un rapport infantile à la réalité. La libre articulation des égoïsmes n'est pas toujours harmonieuse, il faut du droit et parfois il faut de la morale. Quelqu'un qui se ligature les trompes n'a pas à contraindre ma fille à s'occuper de moi et de lui à la fois. Ce que je dépense dans la crèche ne doit pas se répercuter jusqu'à sa consommation de cosmétiques dans league of legends. La liberté à disposer de son corps ne peut pas induire la servitude économique des enfants des autres. Nous n'avons pas de droit sur une génération dont nous ne prenons pas soin.
Oui le SMIC à 1700 est tout à fait faisable.
Mais comme la productivité (la quantité de richesses crées par un travailleur) n’a pas bougé depuis 17 ans, les conséquences sont courues d’avance :
- plus grande automatisation des emplois peu qualifiés quand c’est possible (c’est le bon moment pour vendre des bornes de prises de commande dans les restaurants)
- passage au travail informel quand l’automatisation n’est pas possible (donc aggravation des déficits des finances publiques)
- augmentation du chômage des gens au niveau du SMIC. Une partie des gens au SMIC gagnera plus d’argent, une partie sera au chômage. On n’améliore donc pas le niveau des vie des gens au SMIC en général, on crée deux catégories en leur sein avec des gagnants et des perdants.
- nouvelles aides aux entreprise pour diminuer le nombre de chômeurs induits, donc augmentation de la dette publique.
Personnellement je suis pour un SMIC à 3000 euros. C’est faisable.
10 ans de forte croissance de la productivité, en investissant à mort dans les nouvelles technologies.
C’est moins rapide que les 1700 de la LFI, mais plus réalistes.
La France, à droite comme à gauche, a une passion pour l’idée que les profits des entreprises devraient être partagés avec les Français, et une aversion historique pour la capitalisation. Sans percevoir la contradiction.
Cette volonté de partage, plutôt que de s’exprimer de manière vertueuse dans une source de financement pour l’investissement des entreprises, s’exprime de manière perverse comme une menace constante et une source d’instabilité fiscale.
Il y aurait quelque chose d’impur à ce que la participation aux profits soit coopérative, il faut qu’elle soit imposée et punitive.
@ponpon_fox@MathieuJ_X Donc pour répondre sur le fond, il faut baisser la dépense lié à la viellesse pour que la jeunesse retrouve des marges de manoeuvre.
@ponpon_fox@MathieuJ_X le 1er poste de dépense du modèle social ce sont les retraites, le 2e c'est les dépenses de l'assurance maladie en faveur des retraites. On vit en gérontocracie où les boomers se sont bâti un système qui étouffe les actifs, qui reccourent à du DIY pour alléger la charge.
@pates_karbo@alexjubelin il faut juste convaincre les 83% de français opposés à l'exploitation du gaz de schiste, mais consommateurs par ailleurs. L'avantage de produire localement c'est que nous pourrions contrôler les normes environnementales.
@pates_karbo@alexjubelin ou on pourrait exploiter le gaz de schiste français, on a importé en 2024 17,4Mds€ de gaz. IL faudrait 10-15 ans pour arriver à un rythme de croisière d'exploitation et 15% de notre consommation de pétrole pourrait basculer sur du gaz. impact majeur sur la balance commerciale FR
@UlysseVernes@FrancoisGeerolf Ce n’est pas ce qu’il dit. La dette publique peut être un peu plus soutenable grâce à la taxe inflationniste, mais que le véritable enjeu serait de réduire (combler?) le déficit public de 155Mds€
@ricommando@CapHornier_ La solution serait de perdre le droit de vote une fois en retraite. La politique changerait radicalement en faveur des jeunes et des actifs.
@larroumecj Bonjour Joan, vous m'avez fait changer d'avis. Je pensais avant qu'un programme de réduction drastique de dépense permettrait à la France de sortir de la spirale. C'est inimaginable politiquement, il faut donc ré-industrialiser fortement (et faire baisse de 40% l'immobilier).
@Pierre_B_y@Jordanpeper Bonjour, avant de baisser les impôts, je vous invite à faire tourner ce simulateur https://t.co/H8grGMG76v pour comblez le déficit public et ensuite évaluer la faisabilité politique.