Vous évoquez le mythe du resistantialisme, que de Gaulle aurait défendu et maintenu pour caresser les français, trop lâches pour admettre leur collaboration. Or ce mythe est une création de toute pièce. Jamais les Français n'ont nié la collaboration, c'est mythe lancé par l'ex de post collaboration pour souiller ce qui restait à défendre : l'esprit et les actes de la résistance. Dès l'immédiat après guerre la littérature, le cinéma et les cérémonies étaient continuellement dans le souvenir de la collaboration ET l'éloge de la résistance parce que les gaullistes les communistes ( grosse littérature epopulaire), les ni l'un ni l'autre mais combattants ( la littérature des aviateurs, qui estimaient être une élite, a vomi dans sa littérature sur la lâcheté les collabo et la passivité des francais). C'est 68 qui a était un basculement, quand on a commencé à condamner les résistants pour des actes (de guerre donc...moches) et a mettre en avant la nouvelle figure jusqu'à aujourd'hui : la victime. Et là le cinéma a été inondé de films montrant uniquement la collaboration, la face sombre de la résistance, la shoah et l'humiliation de l'armée française ( 7 ème compagnie).
Si ce sujet vous intéresse, Je vous conseille sandra la lecture de tout le travail de François azouvi.
J'ai donc vu La bataille de Gaulle hier soir. Grande salle de l'UGC des Halles quasi pleine.
Côté pile : comme le faisait remarquer un ami, ce film semble refermer la parenthèse ouverte par Le Chagrin et la pitié en 1971, qui avait inauguré la déconstruction de la France gaullienne, et ouvert tout le champ idéologique de la critique d'une France peu glorieuse dont l'essence serait en grande partie dans la collaboration.
Chez Baudry, c'est le grand retour du patriotisme résistant décomplexé. Les héros crient vive la France, les vichystes sont des traitres. Les Anglais sont calculateurs, les Américains des alliés de circonstance autant que des adversaires. Tout est à sa place.
Baudry ajoute aussi au patrimoine national ce qui est je crois une des toutes premières représentations filmiques de la bataille de Bir Hakeim. Morceau de courage et d'abnégation pur, dans la grande tradition gauloise du petit groupe de guerriers sous-équipés qui fait face à l'empire qui veut le submerger.
Bien sûr, il y a les petites touches post-modernes, un recul ironique inévitable, qui dépeint parfois De Gaulle à la frontière du grotesque. Mais cela n'entâche pas le constat : nous sommes culturellement passés de l'autre côté, le patriotisme a de nouveau sa place auprès du grand public. Simon Abkarian qui parle de De Gaulle la larme à l'œil devant Yann Barthès, c'est un nouveau monde/
Les raisons de ce retour me semblent limpides :
la patriotisme contemporain avait disparu car il n'était plus existentiel dans le contexte de la pax americana, et était devenu un obstacle dans le contexte de la construction européenne.
La fin de la pax americana et le risque concret de se faire géopolitiquement écraser redonne une pertinence instrumentale à la technologie sociale du patriotisme sur laquelle repose la défense farouche des intérêts de son pays.
Le retour en grâce de la nation est-il là pour durer ?
Tout dépendra de ce qu'il adviendra de la construciton européenne maintenant que l'Amérique a fait tomber le masque.
Côté face maintenant : Baudry passe à côté du Général.
Pourquoi De Gaulle a-t-il cette folie de rompre avec Pétain et d'aller à Londres. Pourquoi dit-il "je suis la France" à Chruchill, en le croyant profondément ? Et poruquoi certains le croient ?
Pourquoi et comment cette aberration historique qu'est De Gaulle ?
C'est très simple, et l'oubli de Baudry est d'autant plus dommageable que la clé est dans le titre même de la biographie qui a inspiré le film : "une certaine idée de la France."
Plus précisément, il y a au XIXe siècle deux conceptions principales de la nation.
1. La version contractuelle, post-1789, à la Sieyès : la nation est l'agrégat des volontés et des intérêts présents, chaque génération peut la révoquer et la reconfigurer. C'est cette version de la nation qui sous-tend par exemple le concept de nouvelle France de Mélenchon.
2. La version historiciste de la nation, issue de Burke et en France incarnée par Barrès : la terre et les morts. La nation ne représente pas que les vivants, mais aussi les morts et ceux qui sont à naître. Ainsi les vivants n'ont pas l'autorité suffisante pour redéfinir la nation à chaque génération.
Renan est célèbre pour avoir unifié ces deux visions de façon totalement explicite.
"Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L'une est dans le passé, l'autre dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis."
De Gaulle lui appartient à une autre tradition. La France n'est pas pour lui un objet immanent, que l'on étende son essence à tous les Français passés présents futurs ou qu'on la restreigne aux contemporains.
De Gaulle est péguysite.
De Gaulle en 1964 à propos de Péguy : "Aucun écrivain ne m'a autant marqué. Dans les années qui ont précédé la guerre, je lisais tout ce qu'il écrivait, pendant mon adolescence et quand j'étais à Saint-Cyr, puis jeune officier. Je me sentais très proche de lui. Ce qui m'intéressait surtout chez lui, c'était son instinct."
Payerefitte : "Lui aussi, il se faisait une certaine idée de la France, comme d'une personne vivante, pareille à la Madone des fresques.
De Gaulle : "Oui, c'est évident."
Péguy rompt avec les définitions immanentes de la France, et lui accorde la transcendance. La France est une essence dont les générations successives ne sont que les dépositaires. Une certaine idée de la France existant avant, après et au-dessus de tout Français particulier. Cette idée de la France anime les Français beaucoup plus que les Français animent la France. Et les intérêts de la France peuvent être en contradiction avec ceux des Français de toutes les générations.
De Gaulle, c'est avant tout ça.
Les pétainistes ne sont que des sieyèsiens qui se trompent. Mais fondamentalement, ils justifient leur comportement par leur objectif consistant à préserver les intérêts des Français. Éviter une nouvelle boucherie. Donner aux Français une place dans le nouvel ordre germanique.
Pour De Gaulle, ce serait entâcher l'âme de la France. C'est pour cela qu'il peut dire être la France, son dépositaire légitime. Peu importe ce que disent les institutions, c'est celui qui est habité par la France qui porte sa légitimité.
C'est parce que Roosvelt n'est pas péguyste qu'il ne comprend pas qui est De Gaulle et cherche à l'écarter.
Et c'est parce que De Gaulle a fondamentalement raison qu'il réussit. En effet, sur quoi repose le succès de De Gaulle ? Sur le fait qu'en France, dans l'Empire, des Français reconnaissent la France en lui. Des Français pour qui donc la France est autre chose que les Français.
Et c'est aussi pour cela que De Gaulle peut raconter le récit de la résistance. Si la France est autre chose que les Français, alors elle est aussi autre chose que Vichy et ses collabos. Les Français peuvent être indignes de la France, mais la France, elle, reste intacte, tant qu'assez de Français sont là pour protéger et perp��tuer son âme.
Sans cette clé de lecture, De Gaulle n'est qu'un excentrique qui a eu de la chance et du courage. Vision du personnage qui transparaît un peu trop chez Baudry.
Avec cette clé de lecture, l'histoire de De Gaulle est une histoire quasi christique, où ce n'est pas Dieu qui s'est fait homme, mais une nation qui s'est faite Général.
Quelques exemples de pages ou passages du document mis en ligne par le ministère de la Culture faisant le point sur les tests de transport de la tapisserie de Bayeux. Niveau caviardage, c'est du béluga.
🇬🇧🇫🇷 EDF Energy a annoncé que Big Carl, la plus grande grue terrestre du monde, a soulevé et installé le deuxième réacteur de 500 tonnes à Hinkley Point C au Royaume-Uni le 1er juin 2026.
☢️ Ce réacteur EPR de 13 mètres de long constitue le cœur de l’Unité 2, où se déroulera la fission nucléaire pour produire de l’électricité bas carbone.
📈 Grâce à des innovations et à l’expérience acquise, l’Unité 2 est construite 20 à 30 % plus rapidement que l’Unité 1.
🏗️ Une grue polaire a positionné le réacteur avec une précision extrême de seulement 40 mm, démontrant un progrès technique majeur.
🏙️ Une fois terminé, Hinkley Point C alimentera en électricité bas carbone plus de 6 millions de foyers britanniques.
https://t.co/uHVie09RNw
Vu hier et très bonne surprise !
Gros blockbuster à la française avec un De Gaulle presque présenté comme un super-héros tout en montrant sa solitude et ses galères pour former la France libre. Romancé juste ce qu’il faut.
Beaucoup de moments peu connus du grand public sont montrés comme Mers el-Kébir le Tchad le Cameroun ou Dakar… La bataille de Bir Hakeim est folle aussi.
Étonnamment il y a aussi beaucoup d’humour les Anglais en prennent plein la tronche et certaines punchlines sont assez savoureuses
Die Brandmauer ist gescheitert! Es ist völlig undemokratisch, eine Partei, die von rund 40 Prozent der Wähler gewählt wird, dauerhaft auszugrenzen. Ganz egal, wie man zu den Positionen dieser Partei steht. Die Brandmauer ist gescheitert. Dass wir uns in Thüringen selbst an einer Brandmauer-Koalition beteiligt haben, die über wenige politische Gemeinsamkeiten verfügt, hat der Glaubwürdigkeit des BSW schwer geschadet und die AfD nur noch stärker gemacht. Diesen Fehler werden wir nicht wiederholen. Warum es dringend einen neuen Weg braucht, um die Polarisierung in Deutschland zu überwinden, und wir als BSW für einen parteiunabhängigen Ministerpräsidenten werben, der mit wechselnden Mehrheiten regiert, darüber spreche ich im Interview mit WELT TV.
@Semjil Pareil. Plein le cul et je ne veux pas devenir comme les tarés de ce réseau donc c'est sf, bd etc et IRL je me prépare à la douille qui arrive mais j'arrête là palabre.
"Je ne suis pas romancier mais « philosophe romanceur » ; le don d’écrire est l’instrument qui me sert à formuler ma vision. Le propos de mon œuvre n’est pas l’art, mais la vérité. Ainsi, mes histoires sont la vérité, mais il n’y a rien que je puisse faire pour l’édulcorer, que ce soit par les actes ou par l’explication. Pourtant, il semble que mes écrits apportent une aide quelconque à un certain type de personnes sensibles et perturbées ; et c’est à elles que je m’adresse. Je crois saisir le point commun entre tous ceux qui trouvent un réconfort dans mes textes : ils ne peuvent pas ou ne veulent pas renoncer à leurs pressentiments personnels sur la nature irrationnelle et mystérieuse de la réalité, et pour eux, l’ensemble de mon œuvre constitue une interminable ratiocination sur cette réalité inexplicable, une intégration et une présentation, une analyse et une réaction, le récit véridique d’une vie. "
PKD, Exégèse 075 (1981).
@ChMeggle@russeurope Ils vous bloquent parce que c'est une perte de temps d'essayer d'échanger des arguments honnêtes et rationnels avec vous. C'est une question d'hygiène mentale que de s'épargner une conversation avec des gens obtus, limités et de mauvaise foi.
@Gracques_ Super, le mec, insuffisant rénal et cardiaque, doit être essoufflé dès qu'il monte un palier d'immeuble ou court sur 30 m. 👌Un corps inapte.
Renoir in Clair Obscur - @MuseeOrsay Thursday, June 25, 7–10 p.m.
On June 25, the Musée d'Orsay is opening its doors to the world of Clair Obscur: Expedition 33, with references to the Belle Époque themes and the couple formed by Auguste Renoir and Aline Charigot.
You can expect to see a roundtable discussion with the game's artists, the game's original soundtrack performed live under the museum's nave, and an exclusive exhibition highlighting parallels between images from Clair Obscur: Expedition 33 and the Musée d'Orsay's collections.
Tickets will go live on June 9th at 11am CEST More information: https://t.co/UbUio1HVY5
French illustrator and comic artist Guillaume Sorel (born 1966) is known for his haunting gothic worlds, dark fantasy, horror and romanticism into richly detailed paintings and graphic novels. 🎨
Dans le premier volet du film « la Bataille de Gaulle », Mathieu Kassovitz campe l’amiral Darlan, numéro deux du gouvernement vichyste en 1941-1942. L’occasion de le questionner sur d’autres personnages : Chirac, Villepin, Bolloré…
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