Bon, @veroniquegenest a insisté donc je m'y colle. 😂
La "journaliste" de L'Humanité oppose à @knafo_sarah 4 arguments contre la capitalisation.
1. "Tout le monde ne peut pas investir sur les marchés et supporter le risque."
Personne ne propose que chaque salarié devienne trader.
Dans les systèmes capitalisés, l'argent peut être confié à des fonds de pension professionnels, largement diversifiés, exactement comme en Suisse, aux Pays-Bas ou dans les fonds de pension américains. Dans l'OCDE, les fonds de pension constituent d'ailleurs le principal véhicule des retraites professionnelles dans la majorité des pays concernés.
Le risque financier existe. Il se gère par la diversification, l'horizon de quarante ans et une allocation progressivement plus prudente à l'approche de la retraite.
La répartition supporte, elle aussi, un risque majeur : la démographie. Le COR estime qu'en France le rapport entre cotisants et retraités passerait de 1,8 en 2025 à 1,3 en 2070. Quand ce ratio se dégrade, l'équation finit nécessairement par porter sur les cotisations, l'âge de départ ou le niveau relatif des pensions.
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2. "Placer son argent en Bourse, c'est croire qu'on va devenir riche."
C'est un homme de paille, Knafo parle d'intérêts composés.
Prenons son exemple : 876€ par mois pendant 42 ans représentent 441 504€ de versements.
Avec un rendement moyen de 4%, on obtient environ 1,14 million d'euros. À 5,6 %, environ 1,77 million.
L'hypothèse n'a donc rien d'extravagant. CalPERS, gigantesque fonds de pension américain, affiche 6,81% annualisés sur les vingt dernières années au 30 juin 2026.
L'OCDE elle-même utilise dans ses projections de retraite capitalisée une hypothèse prudente de 2,5% de rendement réel net (inflation, frais et coût de conversion en rente inclus).
Une crise peut évidemment faire chuter temporairement le portefeuille. À 64 ans, personne ne liquide 40 années d'épargne en une fois. Soit on programme des retraits, soit on transforme en rente viagère reversible. Pendant ce temps là, le capital continue de générer des intérêts.
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3. "La répartition, c'est la solidarité. La capitalisation, c'est chacun pour soi."
C'est le sophisme central.
La solidarité définit qui aide qui. La capitalisation et la répartition définissent comment l'argent destiné aux retraites est financé.
On peut parfaitement avoir un socle universel financé collectivement, des mécanismes redistributifs, des pensions minimales et, au-dessus, une retraite capitalisée.
C'est exactement la logique suisse : un premier pilier assure la prévoyance de base et un deuxième pilier obligatoire constitue une épargne professionnelle. Le système couvre également des risques comme l'invalidité et le décès.
Et il existe une différence patrimoniale fondamentale. En répartition, vos cotisations financent immédiatement les pensions actuelles. Vous n'accumulez aucune créance patrimoniale transmissible correspondant à ces versements.
Avec un compte capitalisé, un actif existe réellement. Selon la forme choisie pour la sortie et les garanties du produit, tout ou partie du capital résiduel peut également bénéficier aux héritiers.
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4. "Et ceux qui ont des enfants, sont au chômage ou connaissent un accident de parcours ?"
Encore une confusion.
Une interruption de carrière diminue spontanément les droits DANS LES DEUX SYSTÈMES. Même en répartition, cinq années sans cotisation doivent être compensées par un mécanisme de solidarité si l'on veut protéger la pension.
L'OCDE estime d'ailleurs qu'une personne au salaire moyen connaissant cinq années de chômage percevra en moyenne une pension inférieure de 7% à celle d'une personne ayant effectué une carrière complète.
La capitalisation n'interdit absolument aucune compensation.
La Suède en fournit une démonstration concrète : elle possède une composante capitalisée dans laquelle 2,5% du revenu ouvrant droit à pension est investi, tout en accordant des droits pendant le congé parental, certaines études, le chômage ou la maladie. Elle prévoit aussi une pension garantie pour les faibles revenus.
C'est donc l'objection la plus révélatrice : elle attribue à la répartition toutes les politiques de solidarité et retire artificiellement ces mêmes politiques à la capitalisation.
Or on peut conserver le congé maternité, les droits familiaux, l'assurance chômage, l'invalidité, une pension minimale et toute la solidarité jugée nécessaire, tout en faisant fructifier une partie des cotisations pendant quarante ans.
Le vrai choix économique est ailleurs : voulons-nous financer les retraites d'aujourd'hui avec le travail des actifs d'aujourd'hui et la dette, ou voulons-nous également permettre à chaque génération d'accumuler des actifs productifs pendant toute sa carrière ?
La journaliste transforme un débat sur le financement des retraites en procès moral contre l'épargne. C'est beaucoup plus simple. C'est aussi beaucoup moins sérieux.
Et en même temps, qu'attendre de plus qu'une cagole en jogging qui travaille pour un magazine communiste ultra subventionné ? 😂
Est-ce que quelqu’un va leur dire que la diversification existe ?
Est-ce que quelqu’un va leur dire qu’un krach, quand on est jeune, permet aussi d’acheter moins cher ?
Est-ce que quelqu’un va leur dire qu’à l’approche de la retraite, on réduit progressivement le risque ?
Est-ce que quelqu’un va leur dire qu’on ne vend pas 40 ans d’épargne le jour précis où la Bourse s’effondre ?
Est-ce que quelqu’un va leur dire qu’en répartition, votre argent n’est justement pas mis de côté : il sert immédiatement à payer les retraités actuels ?
Est-ce que quelqu’un va leur dire que votre retraite dépend alors du nombre de cotisants futurs, de leurs salaires et des décisions politiques ?
Est-ce que quelqu’un va leur dire qu’en cas de déséquilibre démographique, il ne reste que quelques variables : cotiser plus, partir plus tard ou toucher moins ?
Est-ce que quelqu’un va leur dire qu’un portefeuille peut survivre à un krach, alors qu’un système par répartition ne peut pas diversifier le risque démographique ?
Est-ce que quelqu’un va leur dire qu’en répartition, quand vous mourez, il ne reste aucun capital constitué à transmettre à vos enfants ?
Est-ce que quelqu’un va leur dire que tout le monde cotise, mais que seuls certains heritent ?
Est-ce que quelqu’un va enfin leur dire que la répartition n’a pas supprimé le risque : elle l’a simplement remplacé par un risque démographique et politique ?
La France vit une révolution bolchevique qui ne dit pas son nom et qui avance lentement mais méthodiquement depuis 45 ans. Nous ne sommes plus très loin du dénouement – un smic pour tous, plus d'héritage, plus de dividende, des consommations gérées par tickets, des logements entièrement administrés par l'Etat, du divertissement gratuit pour tous, des soins intégralement socialisés, plus aucune tête qui dépasse, une haute administration qui administre tout et un petit théâtre électoral tous les 5 ans pour donner aux gens l'illusion qu'ils décident de leur vie.
Le PEA a été créé en 1992 avec une promesse simple : 0 % d’impôt sur les plus-values.
4 ans plus tard, on crée un nouvel impôt : les prélèvements sociaux.
« Ne vous inquiétez pas, c’est temporaire. »
« Et ce n’est que 0,5 %. »
Résultat :
➡️ 1996 : 0,50 %
➡️ 1997 : 3,90 %
➡️ 1998 : 10 %
➡️ 2004 : 10,30 %
➡️ 2005 : 11 %
➡️ 2009 : 12,10 %
➡️ 2011 : 13,50 %
➡️ 2013 : 15,50 %
➡️ 2019 : 17,20 %
➡️ 2026 : 18,60 %
Et aujourd’hui, on envisage d’interdire les ETF synthétiques, alors qu’ils contiennent pourtant au minimum 75 % d’actions 🇪🇺.
Ce serait une énième remise en cause de la promesse faite aux épargnants.
Et surtout, un signal catastrophique envoyé aux investisseurs.
Toujours la même mécanique : attirer l’épargne avec une enveloppe fiscale... puis rogner progressivement ses avantages une fois l’épargne captive.
C’est triste à dire, mais la 🇫🇷 adopte parfois des pratiques qui ressemblent à celles d’un État mafieux.
La reconsidération des ETF synthétiques dans le PEA prouve une chose.
La vie des Français, du salaire net à la retraite, n'est qu'une suite de bidouillages destinés à légitimer des carrières politiques.
La bête (l'État) vous prend votre liberté. Les politiques s'arrosent.
🇫🇷 LE SAVIEZ-VOUS ? LA GAUCHE A ENTERRÉ EN 1997 UNE RÉFORME QUI AURAIT PU CHANGER LE FINANCEMENT DE NOS RETRAITES.
En mars 1997, la France adopte la loi Thomas.
Le principe était simple : conserver la retraite par répartition, mais permettre aux salariés de se constituer en parallèle une épargne retraite par capitalisation, éventuellement abondée par leur employeur.
Quelques mois plus tard, Lionel Jospin et la gauche arrivent au pouvoir.
Le gouvernement décide alors de ne pas publier les décrets nécessaires à l'application de la loi.
La réforme avait été votée.
Elle avait été promulguée.
Mais elle a été volontairement laissée sans application.
Le Sénat résumera lui-même cette situation par une formule très claire : « ni abrogation, ni application ».
Puis, en 2002, le gouvernement Jospin finit par supprimer définitivement la loi Thomas.
La France aurait donc pu commencer à construire, il y a près de 30 ans, un système dans lequel les salariés disposaient à la fois de la répartition et d'un véritable complément par capitalisation.
La gauche a fait le choix inverse.
Aujourd'hui, le financement de nos retraites repose toujours massivement sur les cotisations des actifs et chaque déséquilibre démographique conduit au même débat : travailler plus longtemps, augmenter les cotisations ou réduire les pensions.
On peut être favorable ou non à la capitalisation.
Mais historiquement, une chose est certaine : la France avait ouvert cette porte en 1997, et c'est le gouvernement de gauche de Lionel Jospin qui l'a refermée.
Sources : Légifrance, Sénat.
@pap_ric2027@SirAfuera Ce que tu décris, c’est plutôt du capitalisme de connivence : l’État prend beaucoup et redistribue à certains. C’est pas pareil.
@pap_ric2027@SirAfuera Oui, mais là tu confonds deux trucs. Le capitalisme c’est la propriété privée et le profit. Le libéralisme c’est un État qui intervient le moins possible et qui ne redistribue pas 210 milliards de façon ciblée.