Il y avait sept réseaux capitaux :
- Facebook, la paresse politique
- Instagram, l'orgueil photographique
- TikTok, l'envie physiologique
- Twitter, la colère idéologique
- Linkedin, l'avarice sociologique
- Youtube, la gourmandise iconographique
- Snapchat, la luxure périodique
@emmanuel_vaslin@DAMendelsohnNYC Indeed, short story (very short story) on the permanence of our myths through today's stories, and the uselessness of always regretting what happened before :)
Il était "désinfluenceur". Il ne cherchait ni à vendre, ni à intéresser, ni à briller. Il ne proposait aux gens qu'un peu de temps et de rêve.
Plus tard on lui glissa qu'il existait un vieux mot pour ça : c'était "poète".
- J'ai découvert un réseau social où des inconnus peuvent se côtoyer sans haine, échanger leur avis avec temps et respect, et où les publications sont souvent intelligentes, originales et sans limite de caractères.
- Incroyable. Et comment s'appelle ce réseau ?
- Une librairie.
Elle avait une technique infaillible pour trouver le bonheur : elle faisait semblant de ne pas le chercher, et celui-ci, vexé, comme n'importe quelle chose de l'univers qui n'arrive pas à obtenir un peu d'amour, lui tombait sans cesse dessus.
Les figures de style préparaient leur grand spectacle annuel : la répétition répétait ; l'hyperbole hurlait ; la comparaison s'impliquait comme jamais ; la litote n'était pas mauvaise ; la personnification gesticulait ; l'oxymore se déplaçait immobile ; la métaphore avait filé.
La virgule prit une longue inspiration pour expliquer à quel point elle regrettait sa raréfaction contemporaine non pas qu'elle soit rétrograde mais enfin vous savez m'utiliser de temps en temps permet de clarifier le propos et surtout d'éviter de mourir en reprenant son souffle.
- Ah ces jeunes avec leurs mangas, leurs combats incessants, leurs personnages extravagants et invincibles, leurs pouvoirs magiques ! dit cet érudit un peu snob, en se replongeant dans la lecture de l'Iliade.
Quand on mit au point un appareil qui permettait de ressentir exactement ce qu'autrui sentait, ce qu'il vivait, ce qu'il avait vécu, on constata un phénomène inouï : l'arrêt immédiat de toute forme de violence.
Le jour où on décida que la priorité à l'école était d'apprendre à être solidaires, altruistes et respectueux, on constata, avec une stupéfaction incommensurable, que les élèves le devenaient.
Il était éleveur d'idées.
Son élevage consistait en une pièce minuscule, où les idées voletaient, légères et translucides. Pour les attraper, il avait mis au point plusieurs techniques : rêvasser, faire semblant de s'en aller, ne penser à rien, marcher, prendre une douche.
Au bout d'un millénaire, Sisyphe décida de faire une pause. Il prit un livre qui trainait par terre. Celui-ci racontait l'histoire d'un homme, condamné pour l'éternité à pousser un rocher. Et qui faisait une pause. Et qui trouvait un livre, qui racontait l'histoire d'un homme...
C'était une journée de formation dédiée à la formation de formateurs qui formeraient plus tard de futurs formateurs. Personne ne savait vraiment où s'asseoir.
Alors qu'il entrait dans une forêt, ce promeneur entendit soudain une voix grave. Elle venait d'un arbre immense.
- Puis-je voir votre téléphone ?
- Pardon ?
- Pass Végétal. Depuis des siècles vous êtes notre virus. Nous aussi nous prenons nos précautions.
Les Jours discutaient :
- Je contiens tous les possibles, disait Demain.
- Soyons sérieux, au fond, il n'y a que moi qui compte, répliquait Aujourd'hui.
- Sans moi et mon expérience, nous n'êtes rien, assurait Hier.
Et les Années passaient, indifférentes.