🔥🇨🇲 COMMENT L’HOMME LE PLUS RICHE DU CAMEROUN A PERDU UN EMPIRE IMMOBILIER DE PLUS DE 5 MILLIARDS DE RANDS EN AFRIQUE DU SUD
Pendant plus de 35 ans, le milliardaire camerounais Baba Ahmadou Danpullo a patiemment bâti l’un des plus importants portefeuilles immobiliers africains en Afrique du Sud. Immeubles de bureaux à Johannesburg et au Cap, gratte-ciel emblématiques comme Marble Towers, l’un des plus hauts bâtiments du continent : son empire semblait inébranlable.
Puis, en 2020, tout a basculé.
💰 Le prêt qui a déclenché la crise
En octobre 2017, via son groupe Bestinver, Danpullo obtient auprès de First National Bank (FNB) des prêts totalisant 615 millions de rands.
La plus grande partie, soit 520 millions de rands, sert à l’acquisition de l’immeuble 1 Thibault Square au Cap. Le remboursement est prévu sur dix ans, à raison d’environ 10 millions de rands par mois. Une opération bancaire classique pour un investisseur de cette envergure.
Mais au début de l’année 2020, la situation prend une tournure inattendue.
⚖️ La demande qui change tout
Selon Danpullo, FNB lui réclame soudainement le remboursement immédiat de près de 550 millions de rands, alors qu’il lui reste encore sept années de remboursement prévues au contrat.
L’homme d’affaires affirme avoir toujours honoré ses échéances mensuelles et disposer des ressources nécessaires pour continuer à payer. Il soutient également que lorsqu’il a tenté de mobiliser des capitaux au Cameroun pour répondre à cette exigence, cette possibilité aurait été bloquée.
Peu après, la banque place ses trois principales sociétés immobilières en liquidation judiciaire.
🏢 Un empire vendu pour rembourser une fraction de sa valeur
Conséquence : un portefeuille immobilier que Danpullo estime entre 4 et 5 milliards de rands est liquidé afin de récupérer une dette d’environ 520 millions de rands.
Près de 800 employés perdent leur emploi.
En janvier 2023, Danpullo déclare :
> « Nulle part dans le monde on ne liquide des actifs valant plus de 235 millions de dollars pour récupérer une dette d’environ 30 millions de dollars. »
⚖️ Les tribunaux et les zones d’ombre
Plusieurs recours déposés par les sociétés du groupe Bestinver devant les tribunaux sud-africains ont été rejetés.
Cependant, dans certains cas, les décisions ont porté sur des questions de procédure plutôt que sur le fond du dossier. Une décision rendue en 2021 a notamment rejeté une contestation en raison d’un défaut de qualité juridique du demandeur, sans répondre à la question centrale :
La liquidation de l’empire de Danpullo était-elle proportionnée à la dette réclamée ?
Cette question demeure largement débattue.
De son côté, FNB a refusé de commenter publiquement l’affaire, invoquant la confidentialité de ses relations avec ses clients.
🌍 Quand le conflit devient international
En septembre 2022, l’affaire franchit les frontières.
Danpullo obtient d’un tribunal camerounais l’autorisation de saisir les comptes bancaires de plusieurs entreprises liées à l’Afrique du Sud, notamment MTN Cameroon et Chococam, filiale du groupe Tiger Brands.
Selon ses arguments, ces sociétés entretenaient des liens indirects avec la Public Investment Corporation (PIC), actionnaire du groupe FirstRand, maison mère de FNB.
Les conséquences sont importantes.
MTN Cameroon, qui était entrée en 2023 sans dette financière majeure, est contrainte de contracter environ 91,5 milliards de FCFA de financements d’urgence afin d’assurer la continuité de ses activités.
🤝 Une affaire diplomatique
L’affaire prend rapidement une dimension politique et diplomatique.
Le ministère sud-africain des Relations internationales avertit que ce conflit risque d’affecter les relations économiques entre les deux pays.
Le président camerounais Paul Biya ainsi que l’ancien président sénégalais Macky Sall interviennent diplomatiquement dans le dossier.
Le Parlement camerounais s’empare également de la question.