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Ce qui est fascinant, c'est qu'ils n'ont même plus besoin de se cacher, d'avancer masqués ou de modérer leurs propos publics, ils disent très exactement ce qu'ils sont et ce pour quoi ils travaillent : la colonisation, la conquête et l'islamisation de la France.
Et pourquoi être si transparent ? Parce que le néo-progressisme antiraciste a tellement détruit notre système immunitaire et notre capacité à vouloir survivre, que la majorité du peuple français et de la caste politico-médiatique se positionne quand même de leur côté.
Soit on se réveille et on les fout dehors, soit on est mort.
Le néant n'est pas une menace : c'est l'objectif.
On y tend par petites étapes : carrières plates, couples épuisés, divertissements sans mémoire.
A la fin, plus rien ne résiste. Juste le silence climatisé des appartements vides.
De toutes les techniques de gestion managériale du Parc humain, celle qui a fait les plus gros progrès entre le XXe et le XXIe siècle, surtout en termes d’image, est le génocide. Devenu “diversité”, “créolisation’ ou “vivre ensemble”, il a réussi, grâce à la sociologie, aux relations publiques, à la publicité et surtout à l’art des communicants, à se faire apprécier même de ses victimes, qui votent régulièrement pour lui.
Fermeture d'une école coranique au sein de la mosquée El Khalil à Nîmes : « La santé morale et physique des mineurs n’est pas assurée » affirme la préfecture
https://t.co/THCTinWg7B
Rencontre parents-profs à Bastia : la mère d'un collégien "turbulent" menace d'égorger son professeur principal, le père menace de l'attendre à la sortie
https://t.co/0qLkxrD62c
Paris : deux touristes brésiliennes victimes d’une agression sexuelle et d’un viol au cours d’une soirée de février dans les jardins de la tour Eiffel (MàJ : interpellation de Mouhammed H., un migrant clandestin marocain)
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@RenaudCamus en partie liée à l'influence de la puissance américaine
( qui a toujours eu un féroce "appetite for destruction" )
ex: dans les années 2000, bcp de bons musiciens / ingés sons issus de France sont partis aux USA car plus d'opportunité / reconnaissance
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L’Arrière-Pays
La revue d’hommage à Johnny Hallyday
Dictionnaire des délicatesses du français contemporain, de Renaud Camus. Article “Musique”
Musique est un mot qui, dans la dernière décennie du XXe siècle, a complètement changé de sens ; ou dont la signification s’est tellement élargie, plutôt, qu’elle n’a plus qu’un rapport très partiel avec ce qu’elle était.
L’évolution de musique est assez semblable à celle de culture ou de logique : un mouvement d’extension sémantique si considérable qu’il implique soit une dilution du sens (le mot ne veut plus dire grand chose), soit un émiettement (ses significations sont en morceaux : les cultures (cultures du monde, culture d’entreprise, culture de la négociation ), les logiques ( logique de guerre, logique de l’affrontement, logique des transports en commun, logique du tunnel contre logique du détournement), les musiques (“France Musique”, très significativement, change de nom et devient “France Musiques”)
Ce processus n’est absolument pas dissociable (non plus qu’aucun ou presque dans la langue, il est vrai…) de l’évolution sociale et culturelle. Les mots qui servent à une partie de la population changent nécessairement de sens quand leur usage devient général. Musique était un terme du vocabulaire “cultivé”, il désignait un art savant dont la tradition, en Occident, s’étendait des Grecs anciens, théoriquement, jusqu’à Ligetti, Stockhausen, Grisey, Pesson et au-delà — éternellement au-delà. Le pluriel était rare. Dans les milieux extérieurs à cette tradition on désignait cette musique-là (qui pour ses tenants était la seule) comme musique classique, selon les cas, ou grande musique. (A l’intérieur de cette tradition, au contraire, la musique classique, c’était la musique d’une époque donnée, grosso modo celle de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, particulièrement en Allemagne et en Autriche : l’École de Mannheim, la première École de Vienne).
Envers cet ordre sémantique traditionnel, le jazz a servi de cheval de Troie. Lui aussi prétendit se faire appeler musique, et il ne fut pas possible longtemps de lui dénier ce privilège (bien que certaines revues et certaines émissions aient pu se nommer longtemps Musique et Jazz).
Une fois le jazz dans la place, tout ce qui faisait du bruit mais qui n’en était pas s’engouffra sans effort dans la brèche. Les musiques dites “traditionnelles”, ou “musiques du monde”, n’eurent aucun mal à se faire admettre. Suivirent, en plus ou moins bon ordre, mais au pas de charge, ce qu’on avait appelé “les musiques populaires”, la chanson, la chansonnette, les “variétés”, la pop, le rock, le hard rock, le rap, le reggae, la house, la techno — toutes formes d’activités musicales qui, admises désormais au sein de la culture, ou du moins des cultures, ne voyaient pas pourquoi elles n’appartiendraient pas aussi à la musique.
Les tenants de l’ordre ancien ne trouvèrent guère à leur opposer d’arguments admissibles, ni “politiquement corrects”, pour le coup. Mais le sens du mot musique en fut complètement transformé (au profit de plus de réalisme, peut-être ; en vertu en tout cas d’une sorte de realpolitik culturelle, qui fait la part des choses en sacrifiant les mots).
Les nouveaux venus dans la cité de la musique ne se sont pas gênés pour y prendre leurs aises, et pour plier à leur usage les termes du vocabulaire ancien. Même les boys bands du temps qu’ils prospéraient ont donné des concerts, mot qui de la salle Pleyel a gagné le Zénith et la place publique. France Gall, Nicoletta ou Sting donnent des récitals, comme Sviatoslav Richter. Quant aux compositeurs ils peuvent très bien avoir pour ambition principale de l’emporter, un jour, au festival européen de la Chanson.
Il faut rendre cette justice aux deux chaînes culturelles de la radio de service public, en France, qu’elles ont accompagné sans rechigner cette évolution sémantique, culturelle et sociologique, et même avec un zèle enthousiaste. Le grand nettoyage de fin de millénaire a vu les musiques populaires s’emparer de tout l’espace laissé libre par la parole, sur France Culture, et recevoir ainsi leur consécration, en somme, en tant que musiques officielles de la culture, ou de ce qu’il en reste. Quant à France ex-“Musique”, les trois-quarts du temps, si l’on ouvre le poste au hasard, c’est pour y tomber sur des comédies musicales, de l’opérette, des musiques de film, de la techno ou de la chansonette, poldave, chinoise ou berrichonne ; ou sur les finaudes plaisanteries d’animateurs assortis, qui trouvent d’assez mauvais goût les transcriptions de Schubert au synthétiseur, certes, mais les font entendre tout de même, jour après jour, parce que le mauvais goût ils adorent*.
Nous sommes bien obligés de l’adorer aussi, ou bien de prendre le maquis. [1999]
*
C’est au fond un bel hommage à la place centrale de la musique dans la culture et la civilisation occidentales que le mot musique se soit trouvé à l’épicentre du changement de langue (à l’intérieur du français), ou, pour le dire en des termes plus mesurés, du changement de référence culturelle, et sociale, au sein de notre idiome national. Bien entendu les musiques populaires, les musiques de rues, les musiques de danse, les musiques de fête, les musiques de pur divertissement, le cabaret, le music-hall, la chanson, la chanson française, la chansonnette, ont toujours fait partie de la musique, et nul n’a jamais songé, sinon à des fins très polémiques dont l’intérêt n’est pas évident, à dire d’eux que ce n’était pas de la musique. Tout juste a-t-on prétendu peut-être que ce n’était pas la musique, que la musique ne se limitait pas à cela, que ce n’était pas là son essence. Et, de fait, ces musiques-là n’étaient pas du tout ce que la langue cultivée avait en tête quand elle parlait de la musique. Ces musiques-là n’étaient nullement exclues, elles étaient bien de la musique, mais elles n’étaient pas la musique, elles n’étaient pas au premier chef ce que désignait le mot quand il était employé seul, sans précision, par le français en usage entre les personnes d’une certaine classe sociale et culturelle (d’une certaine classe sociale et d’une certaine classe, ou d’un certain niveau, culturels — lesquels ne coïncidaient pas exactement, bien loin de là, mais se chevauchaient tout de même assez largement). C’est peut-être cela qui a changé — oui, certainement : non pas la langue mais la classe, la classe de référence, celle qui faisait autorité en matière de langage. On est passé de la langue bourgeoise à la langue petit-bourgeoise, de la langue cultivée à la langue culturelle, de l’idiome des héritiers à celui des inhéritiers, ou des déshérités (dans les deux sens du mot) ; et nulle part le renversement n’est plus net, ni le basculement plus spectaculaire, que sur le mot musique (d’où son prodigieux intérêt).
Curieusement, je me souviens très bien du moment, qu’on pourrait sans doute retrouver et dater précisément — c’était je crois à l’extrême fin du XXe siècle —, où ce renversement a eu lieu pour moi, où je l’ai remarqué et compris, et où j’ai compris, aussi, que quelque chose de capital venait de se produire, était en train de se produire, qui ne concernait pas seulement la musique, la langue, mais l’ensemble de la situation sociale, et sans doute nationale, ontologique, épistémologique. C’était à propos du journaliste Guillaume Durand, alors très répandu, particulièrement dans ce qu’on pourrait appeler, au risque d’un léger oxymore, le journalisme culturel. Un jour j’ai entendu, à la télévision, que Guillaume Durand préparait une grande émission, ou série d’émissions, sur l’histoire de la musique au XXe siècle. Et j’éprouvai à cette nouvelle un très grand étonnement, car jamais jusqu’alors, à ma connaissance, Guillaume Durand n’avait manifesté le moindre intérêt pour la musique. Au contraire, il faisait souvent référence, en passant, sur un ton qui semblait impliquer une grande intimité, à des chanteurs pop ou à des groupes de rock, hard ou pas hard. Comme on connaît peu les âmes et les reins, songeai-je ! Guillaume Durand mélomane, je ne l’aurais pas imaginé.
Mon étonnement fut de courte durée. Ou plutôt, d’étroitement circonscrit qu’il était, personnel, lié à un individu particulier, il devint général, social, sociétal, comme sans doute il ne faut pas dire ; et depuis lors il ne m’a plus quitté.
Devint rapidement évident, en effet, que par musique au XXe siècle Guillaume Durand et ceux qui le patronnaient n’entendaient nullement, comme je l’avais cru, un genre qui, en l’occurrence, ce fût étendu de Debussy à Ferneyhough, ou de Schoenberg à Gérard Grisey. Pas du tout : il s’agissait de l’histoire de la pop music, ou des musiques populaires, ou de la musique de variétés, du boogy-woogy ou du rythm’n’blues jusqu’à la techno, au heavy metal et bien au-delà — mais là c’est mon propre vocabulaire qui devient tout à fait inadéquat, il faudra qu’on m’en excuse, et c’est précisément ce que je suis en train d’essayer de décrire et d’expliquer. Il y a eu un changement de langue, très sensible et très rapide, nul part si radical et si concentré que sur le mot musique, d’où le prix que je lui attache ; et les tenants de l’ancienne langue furent rapidement marginalisés, faute d’un nombre suffisant de locuteurs : pour parler une langue il faut être au moins deux, deux ensemble, et ceux-là ne l’étaient pas souvent.
Si par exemple on m’interroge sur mes goûts musicaux, j’ai tendance à répondre que j’aime à peu près tout, et toutes les époques, d’Hildegard von Bingen à Thomas Adès, avec une prédilection, sans doute, pour la deuxième moitié du XIXe siècle. Mais cette façon de dire n’est plus du tout comprise aujourd’hui et pourrait facilement passer, même, pour une provocation. On juge en général, à m’entendre, que je n’aime pas du tout à peu près tout, que mes goûts sont très étroitement circonscrits, au contraire, et que ce que je veux dire, en fait, c’est que je n’aime, pourquoi ne pas l’avouer, que la musique classique. Or je ne peux pas le dire, pas en ces termes-là, car la musique classique, selon les miens, de termes, c’est Haydn, c’est Mozart, c’est le premier Beethoven, Boccherini, les fils de Bach, ce genre de choses et de gens. Pourquoi devrais-je parler la langue des autres ? Parce qu’elle a gagné ?
Il y a là un véritable conflit de légitimité dans la langue : qu’est-ce qui doit l’emporter, en son sein, de la majorité des locuteurs, même s’ils se trompent, ou de l’usage ancien, de la tradition, de la règle ? Il ne s’agit jamais d’un débat purement linguistique. Il est fatalement aussi politique, social, économique. Les façons de dire affectent fatalement les choses, de même quelles sont, bien sûr, profondément affectées par elles. Ce qui s’est passé autour du mot musique est d’autant plus emblématique et capital que c’était aussi un renversement culturel majeur, et presque anthropologique, pas seulement socio-politique.
Non seulement musique ne voulait plus dire la même chose, en effet, mais les relations au genre de son qu’on a accoutumé de désigner par ce terme étaient radicalement transformées. On aurait pu imaginer que l’évolution dans les rapports de force entre les deux acceptions (“étroite” et “large”, “grande musique” et “musique populaire”) soit tout à fait indépendante de l’évolution du rapport de proportion dans les pratiques, dans les goûts, dans “la vie des gens” ; que, par exemple, l’acception ancienne et traditionnelle, même privée de son rôle de référence, de son privilège de “dire le droit” en matière de langue, continuât d’administrer les préférences et les mœurs de la classe cultivée, des citoyens les plus âgés, des figures les plus étroitement revêtues d’autorité et de prestige symbolique. Il n’en fut rien. Très significatives à cet égard sont les confidences d’hommes politique, dans les interviews qu’il accordent, ou celles des professeurs d’université, des écrivains, des philosophes, des savants, quand ils sont interrogés à la radio ou à la télévision. Non seulement tous, presque sans exception, entendent et disent musique dans le nouveau sens, considérablement élargi au regard de l’ancien, mais ils abondent en exemples, doctement et très naturellement présentés, de leur familiarité aimante avec la chansonnette, le rap, les groupes de pop music anglais ou suédois. Le changement n’a pas eu lieu seulement dans la langue, mais bel et bien dans les significations, dans les contenus ; il n’a même eu lieu que dans les contenus puisque le mot, lui (et c’est là que repose toute la “délicatesse” de notre matière… ) n’a pas changé. Et c’est une très singulière expérience, pour un homme ou un femme d’un certains âge, d’entendre un président de la République, un Premier ministre, un garde des Sceaux, un ministre des Armées, un président de Cour d’Appel, un évêque, qui sait, un philosophe, un grand écrivain, et même parfois un musicien, un compositeur, faire état de goût musicaux qu’on eut prêtés exclusivement, jadis, à des adolescents issus de milieux culturellement défavorisés (ou à quelques snobs aventureux, soit). On en éprouve un peu le même sentiment que celui qu’on ressentirait si l’on se voyait demander ses papiers par un membre des forces de l’ordre tatoué jusqu’au oreilles, ou qui aurait le nez orné d’un anneau de tête de veau, ou bien serait revêtu d’un voile islamique : on n’imaginait pas l’autorité comme cela et, franchement, on trouve un peu humiliant d’avoir à se plier à elle dans ces conditions. Le général de Gaulle, sans doute assez peu mélomane, aimait la Symphonie Petite-Russienne, M. François Fillon ne se tient plus de joie à l’idée d’assister à un “concert” de Sting ; quant à M. Emmanuel Macron, président de la République, il assiste à celui de Johnny Hallyday. On imagine le général de Gaulle assister à un “concert” de Johnny Halliday…
On dira que la soirée musicale de M. Macron et de son épouse est peut-être un peu intéressée, et qu’il y a plus d’électeurs à gagner, ou à conforter dans leur bonne opinion, en assistant au “concert” de Johnny Halliday, ou à la soirée d’anniversaire de l’émission de Cyril Hanouna, qu’en allant écouter un récital de Maria Joao Pires. Mais justement on ne fera que confirmer, avec cette remarque, le caractère profondément politique et social, “sociologique”, si l’on veut, du renversement conjoint des pratiques et des acceptions.
Musique change de sens parce qu’ont changé la classe sociale et le milieu culturel de référence de la langue (qui, répétons-le, coïncidaient plus ou moins entre eux, c’est-à-dire très imparfaitement, bien sûr, mais de façon indéniable). Il n’est pas anodin à cet égard que l’expression générique la plus large et la plus largement répandue pour désigner ce que nomme le plus couramment, désormais, le mot musique, c’est pop music, ou Pop Music. Et si d’aucuns, très minoritaires, soutiennent que pop music, étymologiquement, à quelque chose à voir avec le verbe anglais to pop, surgir, éclore brusquement, éclater, exploser, sauter (comme un bouchon de champagne), le consensus à peu près unanime entend et donne à entendre, dans pop, une évidente abréviation de populaire. Le New Grove Dictionary Of Music and Musicians, définit la musique populaire comme celle qui, « depuis l’industrialisation au XIXe siècle, est le plus en accord avec les goûts et les intérêts de la classe moyenne urbaine » ( the music since industrialization in the 1800’s that is most in line with the tastes and interests of the urban middle class). Il y a mille autres exemples de cette amphibologie curieuse et presque aporétique qui consiste en un amalgame (lequel ne nous facilite pas les choses, sémantiquement) entre deux termes qu’on pourrait croire quasi contradictoires : la musique populaire est la musique de la classe moyenne (urbaine). La solution de ce mystère réside dans le passage d’un système à trois termes ou davantage (prolétariat, petite bourgeoisie, bourgeoisie, haute bourgeoisie, etc.) à une opposition binaire entre haute culture et culture de masse ; entre culture “légitime” (comme disent un peu ridiculement les anglo-saxons) et culture “populaire” ; entre culture et inculture (selon les points de vue, bien entendu, et selon le degré d’agressivité des formulations). Dans ce système binaire, qui implique divers écrasements terminologiques, la pop music (au sens le plus large, c’est-à-dire : tout ce qui n’est pas la musique “classique”), est bien la musique de la classe moyenne et des milieux populaires mêlés — autant dire de la petite bourgeoisie.
Il faut remarquer au passage que Pop (même si dans les deux cas il s’agit bien de l’abréviation de populaire, donc) n’a pas tout à fait la même signification sociologique, sociale ou socio-culturelle dans Pop Art et dans Pop Music. Pourtant le Pop Art, très principalement américain d’origine comme la Pop Music, tire comme elle et plus qu’elle son inspiration de la vie quotidienne ordinaire, de la publicité, du commerce, des objets manufacturés, de tout ce qui fait l’existence banale de l’homme de la rue, et de la femme de la grande surface. Cependant leurs destins ont été bien différents. Tandis que la Pop Music conquérait le monde et le soumettait pratiquement sans reste à son énorme rumeur, le Pop Art, lui, menait une carrière beaucoup plus aristocratique (et paradoxale, donc) : il faisait florès dans la Jet Society, parmi les plus riches collectionneurs, dans les musées les plus prestigieux et autres temples du grand art, à l’origine éminemment “highbrow”, comme le musée d’Art moderne de New York. Toutefois, avec le temps, cette forte divergence dans la réception, entre Pop Music et Pop Art, s’est considérablement réduite. Progressant vers le haut la Pop Music, devenue simplement la musique (c’est ce que nous sommes en train de voir, tant bien que mal), s’est imposée comme la musique d’ambiance, le fond sonore le plus consacré, normal, allant sans dire, de toutes les classes de la société, y compris non seulement les plus riches ou les plus “bourgeoises”, mais aussi les plus cultivées : témoins ces grands intellectuels, ces écrivains, ces artistes que j’évoquais plus haut et qui, priés de donner un exemple de ce qui leur tient à cœur musicalement, choisissent presque sans exception une chanson populaire ou un air de musique de divertissement, toujours présentés comme échantillons de la musique proprement dite, sans autre qualificatif. Ce genre de musique a même reçu la consécration officielle des fastes républicains et militaires, puisque des détachements de l’Armée ne craignent pas de défiler sur les Champs-Élysées le 14-Juillet, devant les présidents français et américains, au son d’airs de Daft Punk chorégraphiquement interprétés par les soldats. Une sonorisation du même ordre, et surtout du même niveau, sert depuis longtemps au préchauffage et à l’animation des meetings électoraux des personnalités politiques de tous bords. Mais justement la notion de niveau est emphatiquement récusée, et tel qui se risquerait à y faire référence ne tarderait pas à devoir essuyer cette arme absolue de langage, ce vecteur de destruction massive, ciblée et sans recours : le reproche de mépris de classe.
En sens inverse, et dans le même temps, le Pop Art sortait des musées et des grandes collections pour se répandre dans les milieux populaires ou au moins petits-bourgeois, sous les espèces de reproductions de reproductions, d’affiches, de produits dérivés et d’icônes, dispersés au sein de la société de masse. Qu’on songe aux Marylin ou aux Liz Taylor de Warhol, aux chiens assis kitschement arcimboldiens de Jeff Koons. Qu’il soit américain ou japonais c’est au Pop Art, à sa descendance et à sa parentèle que les grandes institutions muséales comme Versailles font appel pour le so called “dépoussiérage” de leur image et pour le renouvellement de leur public, très nécessaire à leurs yeux et cela pour des raisons qui ne tiennent pas exclusivement aux exigences de la démocratisation culturelle (non moins so called…). Je vois qu’il est question d’installer des musées dans les galeries marchandes, que certains y sont déjà ouverts, même. Ce n’est là que bouclage de la boucle, depuis le temps que les grands musées font toujours plus de place au commerce de copies industrielles et de reproductions de masse des pièces de leurs collections ; et même d’objets qui n’ont plus rien à voir avec elles — bref, depuis qu’ils se sont eux-mêmes transformés, pour une part sans cesse croissante de leurs espaces et de leurs activités, en galeries marchandes. Pop Music, Pop Art et Pop Literature sont bien devenus ce que portait leur nom, ou ce que leur nom consacrait dès leur origine : l’art de cette classe populaire dont on a vu qu’elle était culturellement la middle class, ou qu’elle l’englobait, ou que l’une et l’autre fusionnaient dans ce que le français appelle depuis longtemps, à tort ou à raison, la petite bourgeoisie. Or la petite bourgeoisie absorbe à son tour toutes les autres classes, leur sert de lieu de rendez-vous et de point de convergence, de melting pot 2 : la preuve en étant le langage, son langage, qu’elle impose comme étant universel, le langage (bonjour, ce midi, Monsieur Camus, les mamans), de même quelle a imposé sa musique comme étant la musique.
En société panoptiquement médiatique, c’est-à-dire où tout le monde est sous le contrôle permanent de tout le monde, une idéologie n’a de chance de l’emporter qu’en occupant des positions qui sont idéologiquement inattaquables : c’est-à-dire très faciles à défendre, à la fois, et très dangereuses à critiquer. Un cas extrême, qui permettra de me faire mieux comprendre, est celui des associations qui assurent la défense et soutiennent les revendications des handicapés : les gouvernements peuvent bien sûr ne pas satisfaire toutes leurs requêtes, mais qui oserait s’opposer ouvertement à leurs objectifs ? C’est impossible, l’indignation serait trop grande. Cette maison d’écrivain ou d’artiste perdra tout caractère d’authenticité si elle est adaptée, à l’occasion de son ouverture au public, à tous les besoins et exigences des handicapés mais tant pis, il n’est pas possible de ne pas s’y plier, à moins de renoncer au projet et de laisser la maison, abandonnée, tomber en ruine. On dira que ces objectifs et revendications des handicapés ne constituent pas une idéologie, et c’est vrai. Ils en présentent pourtant de nombreux éléments ; et il se pourrait bien qu’ils fussent centraux, même, à l’idéologie dominante, dont l’essence est quelle domine, justement — et très fort, d’autant plus fort —, par la faiblesse, par le handicap, par le désavantage imposé aux plus forts (notamment en matière culturelle), par l’avantage conféré aux plus faibles, ou présumés tels. L’idéologie sur laquelle la petite bourgeoisie appuie son pouvoir présente à merveille cette vertu de radicale inattaquabilité, si l’on ose dire : car cette classe est à la fois tout-puissante, étant partout, et parée de toutes les vertus de la victime, portant sur son front comme elle fait le souvenir des injustices et des humiliations subies (réelles ou supposées).
Contrairement aux apparences nous ne nous sommes pas éloignés de la musique, ou plutôt du mot musique, qui lui-même ne pourra jamais être tout à fait séparé d’une certaine quantité et intensité de son (ou de silence) agencé délibérément (la plupart du temps) pour produire un effet autre que purement sémantique. Cette quantité de son, et ce mot, jouent un rôle capital, central, dans la guerre culturelle des classes. Ou plutôt elles l’ont joué, car cette guerre est à peu près révolue, au moins sur ce front-là, par défaillance et quasi-disparition d’une des parties. Culturellement triomphante, la petite bourgeoisie a imposé ses sens, pour le mot musique ; et par voie de conséquence, à moins que ce ne soit l’inverse, dans la musique, ses sons. Il en va là très étroitement comme pour la culture, et pour le mot culture. Mais, très significativement, à l’intérieur de la culture, nouvelle manière, c’est à propos de la musique que le renversement, le changement de sens et de son a été le plus sensible et le plus rapide. La musique est en quelque sorte l’abyme de la culture, le blason au centre du blason, le lieu central où toute la pièce est figurée avec une intensité dramatique plus concentrée et plus forte.
@RenaudCamus quelqu'un pour une courte explication de texte, svp ?
( les alphabets sumériens n'ont-ils pas émergé de la nécessité de compter les bestiaux du marché ? )
« La musique était l’âme de l’Europe. Sans elle il n’y a plus de civilisation européenne. Le son du continent est devenu largement américain, puis américano-africain, et de plus en plus directement africain. Les indigènes européens ont aujourd’hui dans la tête et surtout dans le corps des rythmes complètement étrangers sinon à leurs races, dont je ne sais pas trop d’où elles viennent, du moins à leur civilisation. C’est un facteur déterminant dans leur étrange passivité face à l’invasion, à la conquête et à la substitution ethnique. Physiquement, musicalement, spirituellement, chorégraphiquement, ils sont déjà conquis et remplacés. Et dans les pratiques impliquées, surtout la danse, ils seront toujours moins bons que leurs nouveaux maîtres, qui les considèrent avec un mépris croissant et de plus en plus explicite, tempéré seulement par la haine pré-génocidaire. »
(Il m'arrive de me dire que je suis la seule personne au monde à comprendre Renaud Camus…
[Cité par Georges de La Fuly, 7 décembre 2019]
8 mois ferme pour Sébastien P. – converti à l’islam, déjà arrêté dans le cadre d’un projet d’attentat et traînant 23 condamnations – pour avoir intimidé la maire de Romans-sur-Isère. L’auteur de la menace de décapitation pas encore appréhendé (MàJ)
https://t.co/vaKAM0fqcB
Limoges : armé de deux couteaux, il menace de poignarder un passant car celui-ci lui a refusé une cigarette, puis blesse 3 policiers ; le suspect a tenu des propos "faisant référence au Coran et aux chiens infidèles"
https://t.co/y9JXH16Gdh
Sondage Elabe : 75% des Français favorables à l'arrestation préventive des fichés S pour radicalisation, 84% pour l'idée d'une rétention de sureté
https://t.co/7iheO2fNBh
Corbeil-Essonnes (91) : un migrant clandestin soudanais tente d'enlever une petite fille de 2 ans dans un magasin, Il est soupçonné d'avoir fait la même chose avec un enfant de 8 ans.
https://t.co/h0mHmDX0Bi
Attentat islamiste à Paris : ouverture d’une information judiciaire à l’encontre d'Armand (né Iman) Rajabpour-Miyandoab, sa détention provisoire requise, pas son hospitalisation d'office (MàJ)
https://t.co/2XqLE71utA
Varsovie (Pologne) : Les supporters du Legia Varsovie ont déployé une banderole "Nous ne voulons pas devenir Berlin, Lampedusa ou la France ici - tolérance zéro pour les migrants"