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Aujourd’hui se tourne une page importante de l’histoire des médias au Québec.
Le Journal Métro tel que vous le connaissiez n’existe plus. La décision de procéder à la cession volontaire des actifs de Métro Média a été entérinée.
C’est donc la fin d’une époque, un triste épilogue d’une aventure humaine et professionnelle incomparable. Je pense à mes équipes, à nos lecteurs et je ressens une tristesse infinie, beaucoup d’amertume et des regrets. Je ressens aussi un terrible goût d’inachevé.
Depuis plus de cinq, j’ai mis tout mon cœur, mon énergie, ma passion dans cette aventure. Malgré un héritage complexe, des difficultés structurelles, des obstacles inattendus et les défis conjoncturels de notre industrie, nous étions sur le point de réussir. Nous avions une transition numérique aboutie, de plus en plus de lecteurs et un projet de transformation en Coop de l’information sur la table.
Mais ce n’est plus le temps de regarder en arrière, de chercher des coupables. J’ai certainement ma part de responsabilités dans ce qui arrive et je l’assume. Si j’ai commis des erreurs, c’est par passion, par excès mais jamais par appât du gain, par cupidité.
Ce qui me désole le plus depuis l’annonce de la suspension des activités de Métro, c’est que le vrai débat a été oublié. On a trop parlé, et je m’inclus là-dedans, de dividendes, de la Ville, du Publisac et on a oublié l’essentiel, la survie et la pérennité de l’information locale.
Ceux qui connaissent le moindrement le fonctionnement d’une entreprise, les contraintes d’un actionnariat peuvent comprendre les décisions prises ou l’incapacité de les empêcher. Mais ceci est un autre débat.
Le plus important aujourd’hui, c’est que le formidable élan de solidarité ressenti autour de Métro ne se transforme pas en résignation, en indifférence. Il ne se passe pas un seul jour sans qu’on ne me parle de l’importance des médias locaux et leur rôle fondamental dans la vitalité de notre démocratie.
C’est donc le temps d’avoir un débat positif et apaisé et de le recentrer sur l’essentiel, l’avenir des médias locaux.
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