Je suis fils de deux professeurs. Et je suis un enfant de l’école publique.
J’ai grandi dans une famille de la classe moyenne, dans un HLM des Hauts de Rouen. À la maison, il y avait des livres, beaucoup de livres, et une conviction simple : si nous travaillions à l’école, nous pourrions aller plus loin que nos parents.
J’ai eu cette chance. J’ai rencontré des professeurs exigeants, parfois sévères, toujours attentifs, qui ont cru en moi, m’ont poussé, parfois bousculé. Je leur dois énormément.
L'école publique m’a ouvert des portes que ni mes grands-parents ni mes parents n’auraient imaginées pour moi. Je sais ce que je lui dois et je veux qu'elle puisse encore changer des vies, comme elle a changé la mienne.
Mais cette promesse s’est fragilisée. Je le vois comme père de trois enfants, je l’ai vu comme maire et je l’entends partout où je vais : des parents sont inquiets, des enfants décrochent ou ne sont plus assez stimulés, des enseignants sont découragés. Mais j’ai vu aussi tout ce que peuvent changer un professeur qui ne renonce pas, une école qui tient et une exigence clairement posée.
Voilà pourquoi je refuse de considérer le déclin de notre école comme une fatalité. Et voilà pourquoi sa refondation sera la priorité absolue de mon quinquennat.
L’école de la République doit d’abord apprendre. Elle doit transmettre une langue, des savoirs, une histoire, des règles. Elle doit protéger. Elle doit permettre à chaque enfant, quelle que soit l’adresse de ses parents, de découvrir ce dont il est capable.
Je ne veux pas d’une école qui promet l’égalit�� et organise la reproduction des destins. Je veux retrouver une école qui ouvre les possibles.
Cela demandera des décisions fortes. J’en détaille plusieurs dans cet entretien au @Le_Figaro . Derrière chacune d’elles se trouve une conviction simple : un pays qui donne à chaque enfant les moyens d’aller aussi loin que son talent et son travail le permettent est un pays qui croit en son avenir.
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