@kamuena_paola Nous sommes un pays qui se targue d'être un « État de droit ». Pourtant, force est de constater que les Congolais semblent s’être habitués à une justice malade, qui bafoue le droit public que le droit privé, le droit international. Ce qui devrait être anormal finit par normale.
Je ne sais pas si l’information est vraie ou non, mais elle interroge tout de même sur le sérieux des autorités de la RD Congo. On annonce l’arrestation en Tanzanie d’une tiktokeuse, ancienne soutien de Félix Tshisekedi devenue l’une de ses critiques les plus virulentes. Puis on apprend qu’une branche des services de renseignement congolais, la tristement célèbre Agence nationale de cyberdéfense, aurait affrété un jet privé pour aller cueillir la « récalcitrante » et la ramener à Kinshasa. Sur les réseaux sociaux, les thuriféraires du régime exultent et promettent de châtier l’intéressée, qui serait citoyenne belge ou détentrice d’un titre de séjour belge.
Le régime de Félix Tshisekedi réalise‑t‑il seulement que cette affaire risque de ternir davantage son image à l’international, au point d’embarrasser ses partenaires occidentaux ? Désormais, on peut placer la RDC et le Rwanda de Paul Kagame sur un même piédestal en matière de répression extraterritoriale. Le plus comique dans cette histoire, c’est l’attitude des « idiots utiles » du régime, qui publicisent bruyamment l’affaire comme s’il s’agissait d’un exploit national. Plus inquiétant encore est le rôle qu’on attribue aux services de renseignement congolais, visiblement plus mobilisés par des futilités que par les dossiers sérieux qui devraient relever de leur mandat.
Dans un pays sérieux, le gouvernement aurait démenti toute implication, même s’il était effectivement impliqué. Le rôle des services secrets est de travailler dans la discrétion, pas de mobiliser ostensiblement les moyens de l’État pour aller cueillir une tiktokeuse qui ne représente aucune menace à la sûreté nationale. Mais doit‑on vraiment s’en offusquer quand on connaît le pedigree de ceux qui dirigent les grandes structures de l’État en RDC ? Bien sûr que non.