@ThaisEscufon@leparisien La peine de mort est souvent un mauvais calcul car sinon il tue toutes les victimes, la prison pendant 20 ans suffit car les codétenu se charge des pointeurs.
Bon. Vu que t'as pas l'air très affûté, je vais t'expliquer comme à un gamin de 8 ans ce qui se passe quand on commence à envoyer les gens devant un tribunal pour des mots.
Étape 1 : aujourd'hui c'est Thaïs. Une fille dont tu détestes les idées. Tu applaudis. « Bien fait, elle l'a cherché. » Facile.
Étape 2 : sauf que tu viens d'accepter un truc énorme sans même le voir. T'as accepté que l'État décide quels mots sont autorisés et quels mots t'envoient au tribunal. Pas des actes. Pas des coups. Des mots.
Étape 3 : et cette ligne entre « mot acceptable » et « mot puni », elle est tracée par qui ? Par ceux qui tiennent le pouvoir. À l'instant T. Pas par toi. Jamais par toi.
Étape 4 : et le pouvoir, ça change de mains. Toujours. Le jour où ce sont des gens que TOI tu détestes qui tiennent le manche, l'outil que t'as applaudi quand il visait Thaïs, il se retourne. Vers toi. Vers ceux que tu défends. Vers tes idées à toi. T'auras plus aucun argument, parce que t'auras validé le principe toi-même.
Étape 5 : et même avant la prison, il se passe un truc plus vicieux. Les gens commencent à fermer leur gueule. Pas parce qu'on les force — parce qu'ils ont vu ce qui arrive à ceux qui parlent. Ils pèsent chaque phrase. Ils s'autocensurent. Et ça, c'est la pire censure qui existe : pas celle de l'État, celle que tu finis par t'imposer tout seul, par peur.
Étape 6 : résultat, une société où tout le monde réfléchit à deux fois avant d'ouvrir la bouche. Où une opinion, une blague, une connerie peut te coûter un casier. Ça porte un nom. C'est pas la démocratie. Le totalitarisme ça commence jamais par les chars dans la rue — ça commence par le silence.
Donc non : défendre son droit à parler, c'est pas défendre ses idées. C'est défendre le seul truc qui te protège TOI le jour où le vent tourne.
Mais bon, faut quelques neurones pour suivre jusqu'au bout. Prends ton temps.