@RobiRobot_ Oui, bonjour Ambrine, je vous appelle pour savoir si tu est intéressée par un dîner la semaine prochaine ? Il y aura plein d'amis passionnés de poésie scandinave du treizième siècle, de boomerangs et d' allumettes.
Poème pour
peu,
disant tout juste
la réalité de
ce que j’aurais
à dire – cafés,
ciels clairs et
ma joie demeurant
de ciseler la langue,
préférant le peu
au beaucoup.
Derniers mots
pour janvier –
je me souviens qu’en février
avait grandi le forsythia
de mon père,
on passe.
Cafés
en milieu
d’hiver –
qui aidera
ce chemin solitaire
consistant, chaque jour,
à se mettre en quête
de sa vérité :
menant une barque
égarée que tous
applaudissent,
sans rien savoir,
ni l’âge du capitaine
ni plus que moi
la direction.
Je force le passage
du silence
en vain.
Poème bref –
l’odeur du saké chaud,
ciel clair, lumières
dans les caves et
vin moelleux :
les choses me frôlent
en rails intérieurs,
j’ai besoin du silence
pour les nommer,
atteindre
leur vérité.
Cela fait
beaucoup d’années
que je suis en quête
du moyen juste
d’être au monde.
Soleils
en hiver –
lumières
blanches, sur
couloirs aux odeurs
de café.
Ma terre
fait des bonds
d’une sensation
à l’autre, et
ce que contient
la surface de mon langage,
je ne peux peut-être
plus le communiquer.
Modelé par
l’argile du mot,
j’écris parfois pour
le geste –
un pas.
Arbres
de janvier –
ancrage
du présent, dans
l’odeur du froid :
jour comme
un passé,
promesse
de mars.
Derniers rayons
ocres sur
les fenêtres
des bibliothèques –
en silence, chemin de
se ressembler.
Le lendemain,
j’emporte tes jours,
l’odeur du vécu –
comme un coucher
d’hiver.
Dimanche –
chacun de
mes mots a
ancré le passage
du présent-sable :
coucher du soir
sur le lac,
fin de neige sur
les galeries du musée,
retour simple
au silence,
appel d’air.
J’observe
le souvenir comme
ici et maintenant,
laissant au présent
l’opacité du message,
croyant dire.
Dausmenil —
marche,
pleine fin
d’hiver
matinale.
Reflet
de fin de soir
sur les eaux –
deux chiens
se courent
après, bruits
de clicker
puis, cascade
sous le pont de bois.
Je retiens
souvent quelques
bribes de présent
que tes mains
partagent –
contempler
suffit au jour,
ce soir.
Un soir,
rentrant tôt
en premier train,
j’observe
le désir vain
d’avoir parlé
à d’autres âmes :
qui aura
partagé
le thé
en bouche,
l’odeur de nuit.
Pareil
dissemblable –
proche,
lointain.
Parfois,
de sagesse que
l’appel d’air –
n’ai été moi-même
que sur les doigts
d’une main.
@LaParafe Mais, c’est comme ça qu’on fait, non ? C’est quand même un bon remontant d’avoir deux cours d’avance en un. Ça m’a épargné des nuits de panique plus d’une fois. 😬
Cafés
en hiver –
corrigeant des copies,
ne pas être
tout à fait
ce que la terre
poétique
a fait de moi.
Des hommes
parlent de choses
d’adulte.
Au supermarché,
sur les épaules de son père,
un enfant dit :
« bon il faut payer là »,
tandis que
j’observe
depuis un monde
sans porte.
Refermer la traversée hallucinée et intime de l’Amérique pendant deux ans de la vie de Kerouac, vivre avec lui, entendre sa parole, se sentir proche sa foi, de ses doutes aussi. Folle traduction vibrante et vivante de @LucienSuel, on croirait lire Kerouac écrivant en français.
Mode d'emploi
pour la paix :
se dire qu'on
ne vaut pas plus
qu'un jour ou deux
dans un millénaire,
passer sa tête
à la fenêtre et,
face aux étoiles,
être de peu.
Se faire moins -
moins, tout court,
réserver sa langue
à l'essentiel :
le disparu,
un oiseau, un thé.
S'extraire.