Bien évidemment, on ne peut que condamner l'acte de vandalisme accompli sur le cheval cabré d'Orlinski qui trône le long de la route, à Petranera. C'est un acte absurde, irrespectueux. J'en conviens.
Cela étant dit, on peut poser un regard critique sur l'œuvre et exprimer un sentiment sans acrinomie.
Orlinski ? C’est le règne du clinquant assumé, la sculpture qui se mire dans ses propres reflets, l’art qui n’a plus peur de briller. On dira que c’est du “bling-bling”. Sans doute. Nous aimons les œuvres qui ne font pas semblant d’être modestes. Le lion chromé, la panthère écarlate, l’ours monumental… Tout cela ne parle pas à la raison, mais à l’œil. Ce sont des animaux apprivoisés par le luxe, des fauves polis par le marché.
Car il suffit d’approcher les prix pour que le charme se brise : des dizaines de milliers d’euros pour une panthère chromée ou un gorille monumental.
On me dira que l’art a toujours eu son marché. Sans doute. Mais ici, le marché est devenu la seule justification. L’œuvre ne s’adresse plus à la sensibilité ni à l’intelligence ; elle s’adresse au portefeuille. Elle ne demande pas d’être regardée, mais possédée. Plus elle coûte, plus elle prétend à l’importance.
Jadis, un tableau trouvait sa grandeur dans la vision du peintre, un poème dans le mot juste. Aujourd’hui, une sculpture semble mesurer sa valeur au nombre de zéros sur le chèque.
Orlinski incarne cette dérive avec éclat. Son art, clinquant et triomphal, parle la langue de notre temps : celle où le prix tient lieu de pensée.
Car l’œuvre, soudain, n’est plus qu’un chiffre. Elle ne parle plus de beauté, mais de millions. Le marché décide du sens. Plus c’est cher, plus ça prétend valoir quelque chose. On n’achète pas une émotion, on achète des likes sur les réseaux sociaux. Simu affullati!
Pendant ce temps, des artistes corses, discrets, travailleurs, talentueux, continuent de peindre, de sculpter, de photographier, de filmer, de tourner, de créer.
Mais qui les voit ? Qui parle d’eux ? Qui leur donne un mur, une place, un musée ?
Le clinquant écrase le discret. Le kitch dévore le sensible. Les millions qui entourent les sculptures d’Orlinski étouffent la voix des artistes qui n’ont pour eux que leur talent.
Et c’est peut-être cela, le vrai scandale : ce monde où l’on paie une fortune pour ce qui brille et où l’on oublie ceux qui créent ici et maintenant dans la lumière du jour.
Le coût de l'opération: 2800 euros par mois et par commune de la CAB (cf. article CNI, 06.05.2025).
En définitive, on paie très cher pour un lion, un gorille ou un crocodile qui n'apportent strictement rien à la compréhension de notre environnement et de notre patrimoine.
Chez nous, l’art n’a jamais coûté si cher pour dire si peu.
Omagiu à sti militanti chì si sò pisati 50 anni fà pè a nostra Terra, à tutte e donne è à tutti l’omi chì anu luttatu pè u nostru Populu è chì anu fattu tanti sacrifizii. In memoria dinù di quelli chì sò morti pè a Libertà.
Ci ferma tantu à fà mà ùn pianteremu mai !
Ghjurnate internaziunale: très beau débat sur la dépossession foncière. Le diagnostic est commun par-delà les tendances politiques. Et il est alarmant.
(Photos Crystal Pictures)
🔥✅️ 𝗚𝗛𝗝𝗨𝗥𝗡𝗔𝗧𝗘 𝗜𝗡𝗧𝗘𝗥𝗡𝗔𝗭𝗜𝗨𝗡𝗔𝗟𝗘 2025 :
La 43e édition des Ghjurnate Internaziunale di Corti se tiendra les 2 et 3 août prochains sur le site de la citadelle.
U 2 è 3 d’aostu, tutt’in Corti per un populu vivu !
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