Tu peux tomber contre plus fort que toi et ce soir c’est le cas, c’est comme ça.
Mais il y a eu des attitudes et des choix côté français… Absolument insupportables.
🚨 25%. En une séance. Sur un groupe qui existe depuis 1911 et qui pesait 290 milliards de dollars la veille. IBM vient de signer la pire journée de son histoire boursière, pire que le 19 octobre 1987. Et pendant ce temps, l'inflation américaine sortait son plus gros repli mensuel depuis 6 ans et Séoul reprenait 8% en une nuit. Mercredi commence fort.
bonjour à tous, malgré une soirée compliquée pour l'équipe de France, on est là et on fait le Topo de ce mercredi 15 juillet 👇
💥 IBM, le trou d'air historique
Résultats préliminaires du T2 balancés avant l'ouverture : BPA ajusté de 2,93 dollars contre 3,01 attendus, chiffre d'affaires de 17,2 milliards (+1%) contre 17,86 espérés. Le détail fait mal : infrastructure à -7%, plombée par le mainframe z17 et le logiciel Transaction Processing, software à seulement +5%, conseil à plat. Arvind Krishna n'a pas cherché d'excuse : « ce trimestre, nous avons trébuché ». Sa version des faits : dans les dernières semaines de juin, les clients ont réorienté leur capex vers les serveurs, le stockage et la mémoire pour sécuriser des approvisionnements avant la hausse des prix. Le titre finit à 217 $ , -25,2%, plus de 400 points retirés au Dow à lui seul.
🏦 Les banques US écrasent tout
JPMorgan sort le plus gros bénéfice trimestriel de l'histoire bancaire américaine : 21,2 milliards de dollars, 7,70 dollars par action, dont 4,6 milliards de plus-value sur sa participation Visa. Hors éléments exceptionnels, 6,14 dollars contre 5,59 attendus, revenus à 58 milliards (+27%). Le chiffre à retenir : le trading actions bondit de 86% à 6,03 milliards, au-dessus de la plus haute estimation du marché, et porte le trading total à 12,1 milliards, nouveau record. Les commissions de banque d'investissement grimpent de 30% à 3,3 milliards, au plus haut depuis 2021. La NII 2026 est relevée à environ 105,5 milliards contre 103. Le bémol : les charges attendues passent de 105 à 107,5 milliards, ce qui a fait tanguer le titre en pré-marché avant qu'il ne finisse en hausse d'environ 1,5%.
Goldman Sachs, lui, signe le meilleur trimestre de son histoire : 20,34 milliards de revenus (+39%), BPA de 20,98 dollars contre 10,91 un an plus tôt, ROE annualisé à 23,5%. Le titre s'envole de 7,3% à environ 1 122 dollars, plus haut de 52 semaines. Bank of America suit avec 9,1 milliards de profit (+27%) et 1,21 dollar contre 1,13 attendus. Wells Fargo bat aussi (2 dollars contre 1,72) mais recule de 3%, et Citigroup perd 5%. Le moteur commun : l'IPO SpaceX du 12 juin et la volatilité née de la guerre iranienne. Le carnet de commandes M&A de Goldman est au plus haut depuis 5 ans.
📉 L'inflation lâche du lest
CPI de juin à -0,4% sur le mois, plus forte baisse depuis avril 2020, quand le consensus voyait -0,1%. En annuel, 3,5% contre 3,8% attendus et 4,2% en mai. Le cœur est à plat sur le mois, 2,6% en glissement annuel contre 2,9% espérés. L'énergie s'effondre de 5,7%, l'essence de 9,7%. Résultat immédiat : la probabilité d'une hausse de taux à la prochaine réunion tombe sous les 17% contre près de 42% la veille. Kevin Warsh, devant le Congrès, promet que la flambée inflationniste des cinq dernières années « appartiendra au passé », sans donner le moindre signal sur la suite. Le 10 ans revient à 4,57%, le 30 ans reste ancré à 5,10%.
🛢️ Ormuz, le fil rouge
Trump a rétabli le blocus des navires iraniens puis abandonné sa taxe de 20% sur les cargaisons transitant par le détroit, remplacée par des « accords commerciaux et d'investissement » avec les États du Golfe. Le Brent tourne autour de 84 $, le WTI au-dessus de 80$. On reste loin du pic de guerre à près de 120, mais les raffineurs américains marquent des records absolus sur des crack spreads très larges : Valero +83% depuis janvier, Marathon +86%, PBF +123%.
🇰🇷 Séoul explose à la hausse
Le KOSPI reprend 8% cette nuit (@RodolpheSteffan a posté des éléments là dessus depuis 2 jours que j'ai RT ici) et repasse au-dessus des 7 300, après avoir cherché un point bas autour de 6 800 pendant deux séances. Sidecar acheteur déclenché dès 9h06 sur le futures KOSPI200, du jamais vu depuis le 10 juillet où le marché n'avait connu que des sidecars vendeurs. Le déclencheur n'est pas venu de Séoul mais de New York : l'ADR de SK Hynix s'est envolé de 27% au NYSE, Barclays passant à l'achat avec un objectif de 330 $ sur une pénurie mémoire qu'il juge durable. L'ouverture des options sur le CBOE et le lancement d'ETF à effet de levier ont fait le reste. Il reste d'ailleurs un écart d'environ 30% entre l'ADR et le titre coté à Séoul, qui ne rebondit « que » de 10%.
Le détail des flux est le vrai enseignement du jour. Les étrangers achètent 1 018 milliards de wons, les institutionnels 414 milliards, et les particuliers vendent 1 457 milliards. Le compartiment électrique et électronique, qui abrite Samsung et SK Hynix, prend 8,57%, la machine-outil 6,58% avec Hanmi Semiconductor.
Tokyo suit dans la même veine, Nikkei à +1% autour de 68 600, Lasertec +6,9%, Kioxia +6,7%, Advantest +4,4%. Ce n'est pas un changement de fondamentaux en 24 heures, c'est du positionnement qui se retourne. Et ça met une pression maximale sur la suite 👇
🔬 ASML, le rendez-vous du jour
Publication avant l'ouverture américaine. Guidance donnée en avril : 8,4 à 9,0 milliards d'euros au T2 pour une marge brute de 51 à 52%, et 36 à 40 milliards sur l'année. Le consensus vise environ 10,27 milliards de dollars et 7,94 dollars de BPA. Jefferies parie sur un relèvement à 38-42 milliards d'euros avec plus de 60 EUV livrés cette année et environ 90 l'an prochain. Attention, le groupe ne publie plus ses prises de commandes trimestrielles depuis le record de 13,2 milliards au T4 2025 : le marché n'aura que la guidance pour trancher. Le titre est à +65% depuis janvier mais -11% depuis le 1er juillet, et les options pricent un mouvement de 8,4% contre 4% en moyenne historique.
💎 Richemont à 7h30
T1 de l'exercice décalé. HSBC, objectif relevé de 185 à 215 CHF, attend +15% à changes constants sur les Maisons de Joaillerie, en ligne avec le trimestre précédent. Le titre paie près de 30 fois les bénéfices 2027 contre 23,6 pour le secteur, et gagne 9,8% cette année contre 7% pour le SMI. Les 2 points de vigilance : la Chine et le coût de l'or, dont Richemont est l'un des plus gros acheteurs mondiaux.
🗓️ Le reste du programme
Johnson & Johnson, Morgan Stanley, BlackRock, BNY Mellon et Progressive publient aujourd'hui. À noter, JPMorgan a dégradé Progressive à neutre la veille de sa publication, objectif 250 $. Stocks pétroliers EIA à 16h30.
Le mot de la fin
1993. IBM perd 8 milliards $ , la plus grosse perte de l'histoire des entreprises américaines à l'époque. Le conseil recrute Louis Gerstner, un type venu de l'agroalimentaire qui ne connaît rien aux mainframes. On lui demande sa vision pour sauver le géant. Sa réponse fait scandale : « la dernière chose dont IBM a besoin en ce moment, c'est d'une vision. » Ce qu'il voulait dire, c'est que l'entreprise croulait déjà sous les récits et manquait cruellement d'exécution. 10 ans plus tard, le titre avait été multiplié par 10.
Regardez les 2 extrémités de la nuit. IBM qui perd 1/4 de sa valeur en une séance. Séoul qui en reprend 8% en une matinée. Dans les deux cas, les fondamentaux n'ont pas bougé en 24 heures : c'est le positionnement qui était unanime, et personne n'avait de plan B. La leçon n'est pas de deviner qui rebondit. Elle est de vérifier, ce matin, que votre dimensionnement vous autorise à avoir tort de 25% sur une ligne sans que votre année soit détruite. Le marché ne prévient jamais avant de trébucher.
La conclusion n'est pas de fuir. Un marché qui bouge de 25% dans la journée sur une valeur du Dow, c'est aussi un marché qui paie ceux qui sont présents. Le sujet, c'est le curseur. On ajuste son exposition par paliers, jamais d'un bloc, on entre par 1/3, on définit son niveau d'invalidation avant d'appuyer et pas après. Prendre du risque, oui. Mais accepter le risque, c'est autre chose : c'est signer à l'avance pour le scénario où l'on a tort, et savoir exactement ce que ça coûte avant même que ça arrive. Celui qui n'a pas fait ce calcul ne prend pas de risque, il subit.
Et le reste, c'est de la présence. Rester focus, tous les jours, y compris les matins où il ne se passe rien. Parce que les journées comme aujourd'hui ne s'annoncent pas. Ce marché ne pardonne pas l'inattention, mais il récompense la constance.
Très bonne journée à tous
Xavier
Le marché crypto a légèrement profité hier de l'annonce plutôt positive des chiffres de l'inflation US (3,5% en juin, plus grosse baisse depuis 2020), ce qui repousse les chances d'une hausse des taux directeurs en juillet
Mais l'autre catalyseur passé sous les radars: pour la première fois depuis des mois l'administration Trump reparle d'ouvrir les 401(k) (retraites) aux cryptos et cette fois ils s'attaquent concrètement au levier réglementaire (protections DOL) pour permettre aux employeurs de proposer BTC, ETH, hedge funds et private equity dans les fonds par défaut