Panen… quoi ?!
La vie ne se résume peut-être pas au football, mais le football concentre tout ce que la vie a de plus intense : la joie, la passion, la tristesse, la revanche, la rage… et parfois la trahison. C’est pour ça qu’on l’aime tant. Parfois trop. Au point de transformer un penalty manqué — affreusement manqué — en deuil national, qui dure toujours, plus d’une semaine plus tard. On attend des sanctions pour se « rassurer » sans jamais croire qu’on peut reprendre ce qui nous a été volé, plutôt deux fois qu’une. Cette finale ne passera jamais, j’ai parlé, analysé, pensé mais j’ai tenu à écriture, peut-être parce que c’est comme ça que je me suis toujours aidé à passer à autre chose.
Brahim avait le ballon de la délivrance au bout du pied. Seize mètres, face aux cages. Il a choisi la Panenka. Il a choisi de s’approprier un moment qui appartenait à 40 millions de Marocains. Par ego, peut-être. Par revanche personnelle. Par insouciance, sûrement. Celle qu’on soulignait déjà dans cette chronique il y a quelques jours. Celle qui lui a permis de jouer une CAN libéré de démons qu’il n’a jamais connus. Une panenka quoi… Pourquoi Antonin ? Pourquoi tu as inventé ce geste?
Le geste de trop. Un geste prétentieux. Beaucoup trop prétentieux pour un rendez-vous avec l’Histoire, et surtout dans un tel contexte. Car oui, disons-le : la Panenka manquée n’est pas l’unique événement d’une fin de compétition pourtant exceptionnelle. Le Maroc a tout fait pour accueillir l’Afrique. Avec générosité. Avec passion. Avec assez d’altruisme pour ne jamais transformer cette fête africaine en sa propre fête.
On dit que l’on récolte ce que l’on sème. Ce n’est peut-être pas toujours vrai. Lors de notre CAN, on a semé la joie, l’émotion, une organisation saluée par tous. En finale, on a récolté la haine, la violence et la trahison. Ça pouvait venir de tout le monde. Sauf d’un Sénégalais. Sauf de sa fédération.
Pape Thiaw, le sélectionneur des Lions de la Teranga, est le premier responsable de ce chaos, avec la bénédiction de ses dirigeants. Au lieu de rappeler que la finale est une fête, il a commencé les remises en cause de l’arbitrage, de la sécurité de son équipe, du terrain d’entraînement… Sur une finale déjà brûlante, il a jeté de l’huile sur le feu.
Il a tout plaqué pour gagner, y compris la fraternité historique et politique qui lie ces deux peuples. À force de déclarations et de communiqués, supporters et journalistes sénégalais sont arrivés avec un autre regard. Un regard chargé de colère. Un endoctrinement limite criminel. Car ce qui s’est passé en tribunes est criminel. Et ce qui s’est passé sur le terrain est antisportif. Et ça mérite les sanctions les plus lourdes, à commencer par une suspension du Sénégal de la prochaine CAN.
Déjà pour le priver de défendre son titre l’a obtenu en quittant le terrain pendant de longues minutes, pendant que des supporters agressaient des stadiers. Pour ne pas normaliser ces agissements. Si l’on s’en tient aux textes de la compétition, les sanctions doivent être lourdes. Les articles 82 et 84 sont clairs : toute équipe qui quitte le terrain avant la fin réglementaire, sans autorisation, est déclarée perdante et éliminée et risque exclusion définitive, match perdu 3-0. Sauf que là, le Sénégal a quand même reçu le titre des mains du président de la FIFA, Infantino qui condamnera ensuite ces agissements.
Alors oui, on garde un goût amer de trahison. Là aussi, plutôt deux fois qu’une. La trahison d’un entraîneur envers les valeurs du football, et celle d’un joueur envers son groupe, envers une nation qui respire football.
S’il avait touché le poteau, on aurait ressorti notre vieille rengaine du poissard. Plus facile à avaler. Là, on a surtout l’impression que le ballon nous a tout donné… et qu’on lui a répondu non merci.
Vexé, il a changé de camp. Il a choisi le « vilain » pour le dénouement de la CAN 2025. Et là aussi, c’est une leçon de vie : elle ne récompense pas toujours les plus gentils.