Impossible de défaire la marque sur sa porte. L'angoisse la figeait sur place ; elle ne savait même plus quoi faire. Avant d'avoir le temps d'agir, IL se manifestait, frappant 4 coups derrière chacune des portes de la maison. Tétanisée, les poignées se mirent à doucement tourner.
Au beau milieu de la route, sa radio s'est de nouveau mise à capter un signal. Pas de musique. Une voix étouffée et monotone qui récite en boucle quelques mots qu'il ne comprend pas. De sa stupeur naquit une curiosité ; le signal semblait provenir du plus profond de la forêt...
Soulagée d'être de retour après de longues semaines, elle s'empressa de se jeter dans les bras de son fiancé, stupéfait de la voir arriver. Les échanges épistolaires passés, il n'en avait jamais entendu parler. Le concierge savait que tout cet amour échangé était de son fait...
Alors qu'elle était si heureuse de pouvoir accueillir dans sa collection la plante qu'il lui avait offerte, elle était loin de se douter qu'elle retrouverait les efforts de son dur labeur infestés par ce cadeau malveillant ; les racines d'un mal gangrenant son jardin secret
C'est en finissant de boire sa bouteille qu'il remarquait des mots notés sur le fond. Regard plissé, il récitait "Haplo Gurgi Xida". Yeux écarquillés, souffle coupé, ses mains autour du cou. Sortait de sa bouche un flot de lombrics qui remplissait le décolleté de son rendez-vous.
Dans le creux de sa main, une perle, seule chose qui lui reste de son père. Son cœur saignait à l'idée d'avoir à l'abandonner. Mais il savait que c'était la meilleure chose à faire s'il voulait se débarrasser de l'esprit tourmenté qui hante ces murs et ses plus noirs souvenirs.
Il n'avait le droit de sortir de la cave qu'à de rares occasions. Malgré les horreurs de son quotidien, il gardait toujours ces étincelles dans les yeux quand son regard se posait sur son bourreau ; quelques moments d'amour qui deviendraient les films qu'il rejouerait en boucle.
Il était obsédé par la couleur qu'il voyait quand il éternuait. Il se forçait à regarder des lumières intenses pour retrouver cette image rare, comme lui avait conseillé sa grand-mère. Sa vue fut perdue mais, désormais, il ne voyait plus rien d'autre que cet éclat désiré.
Il avait mis au point un oreiller capable d'absorber rêves et cauchemars ; il n'était pas du genre rêveur. Un dysfonctionnement avait absorbé l'entièreté de ce qu'il était, se retrouvant ainsi bloqué à jamais dans la mémoire de ses songes les plus sinistres.
Elle redoutait la nuit tombante. C'était inévitable et elle le savait ; elle ne pourrait s'empêcher de se transformer. Elle devenait autre. Un être incapable de retenir ses émotions à chaque crépuscule ; une goule qui regretterait chaque décision le lendemain venu...
Simplement posé sur une étagère, enseveli sous une poussière témoin du temps passé, un coquillage ramené d'un voyage oublié. En le mettant à son oreille, il n'entendit que le vide avant qu'une brise lui touche la conque ; le souffle d'un dernier soupir
Les flocons tombaient sur ses lunettes, ses doigts violets serraient la neige. A ce moment, il voulait juste être enseveli et sentir sur lui, un poids plus étouffant que sa culpabilité.
Son téléphone ne cessait de sonner.
Il se détestait, à jamais.
Dans sa boutique de luminaires, une seule lampe refusait de s'allumer. Des années à tout tenter mais rien n'y faisait. Il refusait cependant de la jeter, désormais trop attaché à elle. Ce n'est que lorsqu'il est mort qu'elle se mît à briller ; alors débranchée.
Ils étaient chassés parce qu'ils étaient des fantômes. Une grande partie de sa famille avait fini en nappes, parures de lit et taies d'oreillers. Traqué, il hantait chaque maison sur son chemin pour échapper à son pire cauchemar : être transformé en torchon.
Il s'était enfermé chez lui.
C'était un 4 juillet.
Pendant une randonnée, il s'était fait griffer par un aigle royal.
A chaque fois qu'il entendait l'hymne national américain, il se transformait en homme-aigle.
C'était un 4 juillet.
Elle avait mis au monde une fille qui ne savait faire autre chose que se plaindre. Des années durant à l'entendre geindre pour tout et n'importe quoi. Son plus grand rêve serait de la planter. Mais le sang, c'est salissant. Elle a préféré la pousser du haut d'un pont.