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🚨 C'est un sujet que nous suivons depuis près d'un an chez Finneko. Hier, deux infos sur le Private Credit tombent quasiment en même temps, et mises bout à bout, elles racontent une histoire beaucoup plus importante que ce qu’on pourrait croire au premier regard.
🧐 D’un côté, la Fed commence à interroger les banques sur leur exposition au crédit privé. De l’autre, des acteurs comme JPMorgan et S&P Global travaillent à créer des instruments dérivés pour shorter ce même marché. Ces produits incluront des boites de Private credit mais également des assureurs, des banques régionales et des sociétés de cartes de crédit. Alors que le patron des banques américaines cherche à mesurer le risque, le marché cherche à le vendre.
🤔 Quand la Fed interroge les banques, ce n’est pas parce qu’elle pense que le crédit privé va s’effondrer demain matin mais plutôt parce qu’elle cherche à comprendre les canaux de contagion. Le vrai sujet n’est pas le crédit privé en lui-même mais son interconnexion avec le reste du système. Les banques ne portent plus directement le risque comme avant 2008 mais elles financent les fonds, leur fournissent des lignes de crédit, structurent les opérations. Elles sont surtout devenues des facilitateurs du risque plutôt que ses porteurs directs. Ce n’est pas forcément le début d’une crise mais c’est toujours le signe que le système commence à se tendre.
➡️ En parallèle, le marché fait quelque chose de tout aussi révélateur. La création d’indices type CDS pour shorter le crédit privé change complètement la donne. Jusqu’ici, il était très difficile de parier contre ce marché car les positions étaient illiquides, peu standardisées et réservées à des acteurs spécialisés. En créant des instruments de ce type, on ouvre la porte à la couverture mais aussi à la spéculation.
🤷♂️ Je peux me tromper et je l'ai déjà dit à plusieurs reprises mais la suite ne ressemble pas nécessairement à un scénario type 2008. Powell a dit fin mars qu’il ne voyait pas, à ce stade, de menace systémique large. Le système bancaire est mieux capitalisé, le levier est moins concentré, et le crédit privé reste en grande partie en dehors du cœur du système, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de douleur. Simplement, elle sera probablement plus diffuse, plus lente, et plus difficile à lire.
📉 Le scénario le plus probable est celui d’une purge progressive avec un repricing lent, des investisseurs qui deviennent plus sélectifs, des levées de fonds qui ralentissent, et des spreads qui s’écartent. Ensuite on aurait une vraie segmentation du marché où les acteurs les plus solides, bien financés, avec des portefeuilles de qualité, vont tenir et même profiter de la situation. À l’inverse, les structures plus fragiles, plus exposées au retail ou avec des actifs de moindre qualité, vont entrer en zone de turbulence.
⚠️ D'ailleurs, c’est dans cette phase que peut apparaître une forme de capitulation mais elle sera probablement localisée. Certains fonds devront limiter les retraits, accepter des décotes, voire restructurer leurs portefeuilles. Les BDCs les plus exposées pourraient être sous pression. Surtout, les assureurs, qui sont parmi les plus gros porteurs de private credit, deviendront un point de surveillance clé car ils concentrent du risque.
🏦 Aurons-nous un sauvetage type 2008 ou 2023 ? Ça me paraît peu probable à ce stade parce que le risque est moins directement dans les banques, parce qu’il est plus diffus et fragmenté, et parce qu’il est politiquement plus difficile de justifier un sauvetage d’acteurs privés non bancaires. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’intervention mais je pense qu'elle sera plus indirecte.
Les prochains mois devraient réserver quelques surprises.
🚨 Avec la guerre en Iran, il suffit parfois d’une seule phrase pour retourner complètement les marchés. La séance d’hier en est l’exemple parfait avec un mélange explosif de psychologie, de technique et de géopolitique. On décrypte tout cela.
🧠 Ce qui me frappe d��abord, c’est la psychologie. La réaction à l’annonce liée à Pezeshkian est très révélatrice. La moindre information déclenche des mouvements violents, dans un sens comme dans l’autre, ce qui est typique des phases de transition. Le marché n’a pas de conviction claire, donc il sur-réagit à tout. C’est précisément dans ce genre de contexte que naissent les rallys temporaires les plus rapides car souvent inattendus.
📈 Ensuite, la technique. Là, c’était presque propre car on avait tous les ingrédients d’un squeeze. Le short interest était à des niveaux qu’on n’avait pas vus depuis 15 ans, et le positionnement en options (notamment les puts) rappelait des phases de stress extrême, type post “Liberation Day”. Concrètement, ça veut dire que beaucoup d’investisseurs étaient positionnés à la baisse. Quand trop de monde est du même côté du bateau, il suffit d’une étincelle pour créer un mouvement inverse violent. Les vendeurs à découvert ont dû racheter dans l’urgence, alimentant la hausse. Ce genre de configuration, historiquement, correspond souvent à des zones de bottom, pas forcément LE point bas définitif, mais au moins un point bas exploitable à court terme. Ce qui manquait était un catalyseur. La news est arrivée et le marché a fait le reste, même si, pour être transparent, j’aurais préféré encore un peu plus de capitulation avant cela.
🌏 Mais le plus intéressant, et presque le plus ironique, reste la géopolitique. Le marché s’est excité sur des déclarations politiques, alors même que, dans les faits, un président iranien ne contrôle ni directement les opérations militaires ni l’ensemble de la diplomatie. Pourtant, ça a suffi parce que le marché ne trade pas la réalité mais des anticipations. Pendant un moment, beaucoup pensaient que Trump bluffait ou exagérait. Très bien. Mais si maintenant ce sont les Iraniens qui tiennent un discours similaire, la question change. À ce stade d’un conflit, personne ne communique pour rien. Si un ton plus ouvert apparaît, c’est qu’il y a au minimum des discussions en coulisses. Même sans preuve concrète, c’est suffisant pour injecter de l’espoir. On l’a déjà vu avec la Chine après le Liberation Day : quelques signaux d’ouverture avaient suffi à déclencher un rebond. Le marché fonctionne comme ça, il price des scénarios avant qu’ils ne se matérialisent. Aura-t-il raison ? C’est une autre histoire.
⚠️ Maintenant, il faut rester lucide. Oui, la structure actuelle ressemble à un début de bottom, notamment avec ce short squeeze mais l’espoir ne fait pas une tendance durable. Une telle guerre reste du concret, donc tant qu’on n’a pas d’actes (réouverture du détroit, arrêt des frappes, signaux clairs de désescalade) il faut garder une forme de méfiance. Dans ce genre d’environnement, comme je le dis depuis des semaines, la prudence se traduit souvent par du cash. Observer, attendre, et ne pas confondre un rebond technique avec un vrai changement de régime.
🧐 À court terme, le marché a clairement le potentiel d’aller chercher plus haut si les shorts continuent de se faire sortir et que le newsflow reste supportif, mais il faut être très clair : tout dépend désormais des nouvelles à venir. On est dans un marché piloté par les nouvelles, pas par les fondamentaux. Dans ce contexte, la volatilité ne va pas disparaître, au contraire.
📚 Ce qu’on vit est typique des années piégeuses. Rien n’est linéaire, tout s’accélère, les faux signaux sont nombreux, mais c’est aussi dans ces phases-là qu’on apprend le plus : à lire la psychologie, à comprendre les flux, à faire la différence entre bruit et signal.
Prenez des notes pour la suite car sur le long terme, c’est ce qui fait toute la différence.
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7 days, March 18 to March 24. Details below.
🚨 Il faut dire les choses comme elles sont. On est en train de basculer dans une semaine charnière. Pas juste pour le conflit en cours mais pour la macro, les taux, la liquidité et donc mécaniquement les marchés.
📉 Le marché, justement, a été assez révélateur ces derniers jours. Il a attendu bien sagement la conférence de Powell, comme si tout allait se jouer là, pour ensuite réaliser qu'il a été bien complaisant, ce qui a amené une prise de conscience brutale, un repositionnement rapide, et une baisse de l’ordre de -4,5% en quelques séances sur les futures.
🧐 Aujourd’hui, on arrive sur des niveaux qui deviennent politiquement sensibles. On est sur le Trump Put, dont je vous ai déjà parlé, autour des 6500 points sur le S&P 500. Pour rappel, c'est le niveau implicite à partir duquel le pouvoir politique commence à réagir pour soutenir les marchés. D'ailleurs, Trump a de nouveau communiqué juste avant la clôture vendredi, comme par hasard. Ça rappelle une chose simple : la macro, la politique, la communication, tout ça fait partie du jeu, et penser que les marchés évoluent dans un espace purement technique est une erreur.
⚠️ Si on regarde sous la surface maintenant, la situation est encore plus intéressante et fragile. Les poids lourds du marché, ceux qui tirent réellement la performance, sont sur des niveaux techniques clés. Nvidia, par exemple, qui incarne à elle seule une bonne partie du narratif autour de l’IA, est sur un gros support. Les deux piliers de la croissance américaine récente que sont l’IA et les bancaires sont aujourd’hui sous pression. Les taux longs qui grimpent fortement ne les arrangent clairement pas.
📈 Des taux longs qui montent veut dire un coût du capital plus élevé, des valorisations sous pression, et une contrainte directe sur les modèles de croissance, notamment dans la tech. Pour les banques, à court terme ça peut aider via les marges, mais si ça casse la demande ou fragilise l’économie, l’effet devient très négatif. Donc on a deux moteurs du marché qui sont littéralement sur un fil, dépendants d’une variable macro qui, elle, devient de plus en plus instable.
🤔 Dans ce contexte, il faut aussi être honnête sur un autre point. À mes yeux, il y a une forme de surinterprétation permanente du marché, notamment sur X. Beaucoup cherchent à compenser l’incertitude par de l’analyse technique à outrance avec une multiplication de graphiques et de biais. C’est humain mais c’est souvent une manière de se rassurer plus qu’une vraie grille de lecture, surtout dans un environnement comme celui-ci, où le facteur déclencheur sera un événement macro ou géopolitique clair.
➡️ Tant qu’on n’a pas de visibilité sur le conflit, sur ses implications économiques, sur la réaction des banques centrales et sur l’évolution des taux, le marché reste dans une phase d’attente instable voire de panique. Historiquement, les points bas durables ne se forment pas progressivement dans ce genre de contexte. Ils sont souvent marqués par un événement, un choc, un moment où l’incertitude se résout même partiellement, comme en aout 2024 et avril 2025. C’est ce moment-là qui crée le point d’inflexion, pas une accumulation de signaux techniques.
🚀 Maintenant, il y a aussi un point intéressant à avoir en tête en termes de psychologie de marché. Plus la phase actuelle est tendue, plus le rebond potentiel peut être très violent. Les marchés fonctionnent par compression et décompression. Aujourd’hui, on est clairement dans une phase de compression avec incertitude élevée, positionnement qui se réduit et prise de risque limitée. Le jour où un catalyseur positif arrive, quel qu’il soit, le repositionnement peut être extrêmement rapide et puissant.
�� Du coup, la vraie question est la suivante : est-ce qu’on sera face à un simple bear market rally, c’est-à-dire un rebond technique dans une tendance baissière plus large ou est-ce qu’on assistera à quelque chose de plus structurel qui marque une vraie reprise ? Sur ça, encore une fois, n'en déplaise à certains twittos, ce ne sont pas les déclarations de Trump qui permettront de trancher mais uniquement la macro. L’inflation, les taux, la croissance, l'emploi et la liquidité. Point barre.
✅ Comme je l'ai dit sur BFM Business à deux reprises et au sein de notre communauté (qui doit apprécier d'être à 40% de cash depuis des semaines), à ce stade, la meilleure approche reste uniquement la patience. Comme je l'ai indiqué dans l'avant-dernier épisode de notre podcast au départ du conflit, il faut uniquement observer, comprendre ce qui se passe, suivre les bonnes variables, et surtout accepter que dans certaines phases de marché, ne pas agir est aussi une décision.
Les meilleures opportunités viennent uniquement quand les choses se clarifient.