Didier Sicard, président d’honneur du Comité consultatif national d’éthique, et ancien chef de service de médecine interne à l’hôpital Cochin, «décrypte avec sévérité et inquiétude» les implications de la légalisation de l’euthanasie.
L’entretien avec @Bea_Jerome@lemondefr
https://t.co/DvHe0iyBrd
Ce matin sur @franceinter avec @Ben_Duhamel: «On s'est trompé sur la perception initiale de cette proposition de loi visant à légaliser l'euthanasie. C'est une loi politique. C'est un événement politique historique. Il s'agit de sortir sans le dire de la solidarité et du soin».
Mesdames et Messieurs les Députés,
Le 23 juin 2025, le Comité des personnes handicapées de l'@ONU_fr adressait une mise en garde solennelle à la France concernant la proposition de loi sur l'#AideÀMourir.
Mercredi, vous aurez à vous prononcer définitivement sur ce texte.
Alors que 700 000 de nos compatriotes souffrent de #handicapmental, et 1,3 million de troubles cognitifs liés au grand âge, nous vous implorons de vous opposer à cette proposition de loi intrinsèquement antirépublicaine, qui ne respecte pas le principe de #fraternité pour les personnes vulnérables.
Nous n'avons cessé d'alerter, de prévenir, de supplier l'ensemble des députés et sénateurs de mettre en place des garde-fous dans le projet de loi pour protéger les personnes en situation de déficience intellectuelle. Tous les amendements déposés à cet effet ont été refusés.
Cette loi en l’état ne les protège pas des dérives qui inévitablement vont survenir - nous le savons d'expérience et vous ne pouvez pas le nier.
La vulnérabilité doit être accompagnée, pas supprimée.
Au-delà des positions philosophiques, légaliser l'aide à mourir dans un tel contexte bouleverserait toute l'équation du soin, spécifiquement pour ceux sur qui notre société jette encore souvent un regard ambivalent.
Inévitablement, cette adoption créerait des situations intenables du point de vue des principes d'humanité qui nous rassemblent.
Espérant pouvoir compter sur votre sagesse à l'occasion de ce vote historique, nous vous prions d'agréer, Mesdames et Messieurs les Députés, l'expression de nos sentiments les meilleurs.
Le beurre et l'argent du beurre
Doctolib, Alan, Lifen, Implicity, Resilience : cinq grands noms de l'e-santé française écrivent au gouvernement pour protester. En cause : le projet d'imposer la qualification #SecNumCloud, soit le plus haut niveau de sécurité défini par l'État, pour héberger les données de santé des Français. Ce serait, disent-ils, un « totem » qui freinerait l'innovation. (Rire sous cape).
Rappel utile : ces entreprises stockent nos données de santé chez des géants américains. Doctolib chez Amazon, Alan chez Amazon, Implicity chez Amazon, Lifen chez les mêmes. Or la loi américaine permet aux autorités des États-Unis d'exiger l'accès aux données détenues par leurs entreprises, où qu'elles soient stockées dans le monde. C'est précisément le risque que SecNumCloud, par l'exigence de critères techniques, tend à écarter.
Leur contre-proposition ? Supprimer l'obligation et la remplacer par une « note de souveraineté ». La différence n'est pas anodine : une obligation, on la respecte ou non ; une note, on en discute.
Ce que demande ce collectif tient en une phrase : continuer à vivre du marché français de la santé, argent public compris, sans se soumettre à la règle élémentaire qui protège les patients français.
La souveraineté n'a rien d'un totem.
C'est une condition.
Et une condition, ça ne se négocie pas, ni ne se "score" non plus.
On n'est pas exactement sur le "magic quadrant" de Gartner, là...
https://t.co/pe2UzOyZ8O
Je reçois à l'instant un mail me signalant qu'une personne don't je partage pourtant le combat "ne voulait pas être interviewée par un groupe dont certains membres sont catholiques". Nous avons, tout de même, un vrai problème de sectarisme dans notre pays, qui devient lassant.
C’est demain ! Les députés débattent encore sur la loi « aide à mourir », avant le vote final du 15 juillet.
C’est donc maintenant que nous devons agir !
Venez nombreux !
C'est un moment crucial.
👉 Toutes les infos : https://t.co/PifqmvmgEI
.@AnneSicard1 : « ce texte sur l'#AideÀMourir n'est pas une loi de liberté et de fraternité, mais une loi d'abandon et d'éviction des personnes les plus vulnérables ». #directAN
Vous savez, les garanties dont parlent ces députés qui promettent que la légalisation de l’euthanasie sera strictement limitée.
C’est inévitable, puisque la légalisation de la mort provoquée fait sauter l’interdit anthropologique auquel toutes les limites sont adossées.
La loi sur la fin de vie : une économie prévisible de 1,4 milliard d'euros. Certains l'appellent " la nouvelle loi sur la réforme des retraites".
https://t.co/F7FvDcxLDq
Georgia Gilholy (@llggeorgia) argues that the revival of the flawed and unpopular assisted suicide Bill is a doomed endeavour and a sign of desperation from its supporters.
https://t.co/YITwPA9S7p
Ne laissons pas la porte se fermer…
Il y a des décisions dont on ne revient pas. Le 15 juillet, la loi « aide à mourir » arrivera au terme de son parcours législatif. Avant qu'il ne soit trop tard, faisons entendre notre voix à Paris, le 28 juin à 16h. #Appel28Juin
👉 https://t.co/q3t34h4Gyg
📢 REJOIGNEZ-NOUS le 23 juin à 18h30 aux Invalides !
🚨 La loi sur l'aide à mourir inquiète ceux qui vivent avec un handicap ou une maladie grave.
Mais cette question nous concerne tous. Venez donc nombreux le 23 juin à 18h30 aux Invalides, soutenir les premiers concernés ! 🗓️
@BastienAndre_ Gloire à ces élus qui se préoccupent des plus fragiles qui seront poussés vers la sortie , et en plus en toute bonne conscience... Et n'oublions pas les économies, c'est pas cher l'euthanasie
@SDelautrette@socialistesAN@OlivierFalorni@SabineGvs Le droit à l'euthanasie deviendra une pression sociale à cesser de coûter, elle sera plus accessible que les soins pcq tellement moins chère... Et en toute bonne conscience et liberté bien sûr
Alors que la GB a déjà renoncé dVt les risques graves du #suicideassisté, l'Alberta commence à réaliser le problème
Elle prévoit notamment des espaces "Maid Free" (sans euthanasie). En France, la proposition de loi fait l'inverse : l'euthanasie partout
https://t.co/vqhI2ySTiQ
Après l’Écosse, l’Angleterre met un coup d’arrêt aux projets de légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté.
En Écosse, un texte en ce sens a été rejeté.
En Angleterre, un projet similaire a été abandonné.
Deux débats, deux issues différentes, mais un même constat : ces réformes ne vont pas de soi.
Ce n’est pas un hasard.
Derrière les promesses de “choix” et de “liberté”, une réalité s’impose peu à peu : celle des risques immenses que ces lois font peser sur les plus vulnérables. Pression sociale, sentiment d’être un poids, manque d’accès aux soins… autant de facteurs qui peuvent transformer un “droit” en norme implicite.
Et parfois, insidieusement, en devoir.
Le devoir de disparaître.
La mort comme solution socialement acceptable pour ceux que l’on dit “éligibles”.
Ces décisions envoient un signal fort.
Elles rappellent qu’une société digne ne se mesure pas à sa capacité à provoquer la mort, mais à sa volonté d’accompagner la vie jusqu’au bout.
En France, alors que le débat se poursuit, regardons ces choix avec lucidité.
Rien n’est inéluctable.
Il existe une autre voie : celle des soins palliatifs, de la présence, de la solidarité.
Une voie exigeante, mais profondément humaine.
À nous de la défendre.
#findevie #aideàmourir #euthanasie #soins #soinspalliatifs
Un progrès vers le précipice.
Si Noelia Castillo était morte en octobre 2022, lorsqu’elle s’est jetée du cinquième étage, personne n’aurait connu son nom ; elle aurait été la 4 228e victime d’un suicide .
Mais, même sans visage, réduite à une statistique, nous aurions déploré sa mort, nous nous serions demandé ce qui avait mal tourné, nous aurions eu des frissons en nous rappelant que la première cause de mortalité chez les jeunes est le suicide,
nous aurions débattu de l’inefficacité du système public face aux problèmes de santé mentale, nous aurions réfléchi à cette société brisée qui pousse les plus vulnérables au désespoir.
Mais Noelia n’est pas morte lors de ses précédentes tentatives de suicide, elle n’est pas morte non plus ce jour-là, elle est devenue paraplégique. Et la douleur physique s’est ajoutée à la douleur psychologique.
— trouble de la personnalité limite, trouble obsessionnel compulsif et dépression.
Deux ans après s’être jetée dans le vide, elle a demandé l’euthanasie, qui a finalement été pratiquée ce jeudi.
Et une partie de l’opinion publique, qui aurait pleuré son suicide si elle avait réussi à le mener à bien en 2022, après avoir été victime d’abus sexuels, l’a célébré cette semaine comme une victoire.
Comme si ce qui faisait la différence entre une tragédie évitable et une mort digne, c’était de pouvoir se référer au Journal officiel ou au verdict administratif.
La famille et les amis de Noelia s’accordaient sur un point : la douleur physique dont elle souffrait ne rendait pas sa vie impossible, et c’était son état psychiatrique qui la faisait le plus souffrir.
Aucun d’entre eux n’était d’accord avec sa décision et tous espéraient la voir aller mieux grâce à un traitement adapté. Mais les experts n’ont pas été du même avis, notamment ceux de Strasbourg, à des centaines de kilomètres de l’hôpital où Noelia a passé ses dernières années.
Il s'agissait d'ailleurs d'un établissement médico-social dont le rez-de-chaussée, où vivait la jeune femme, est dédié aux soins aux personnes âgées. Mais ce n'est pas le moment de le dénoncer.
Il semble qu'il ne soit pas légitime de se demander si Noelia a reçu l'attention dont elle avait besoin et qu'elle méritait de la part du système public, qui l'a prise en charge depuis son adolescence
Que ce n'est pas la semaine pour parler des lacunes de la couverture de la santé mentale en Espagne, qu'il est scandaleux de souligner l'origine sociale de Noelia (pensez-vous que cette affaire se serait produite si elle s'était appelée Fitz-James ou avait eu un nom à rallonge?),
qu'il n'est pas opportun de mentionner que les personnes souffrant de TPL ont 70 % de chances de tenter de se suicider. Il semble insensé de mentionner que le débat sur l’euthanasie ne se limite pas, loin s’en faut, à la question juridique,
qu’il est délirant d’envisager que l’administration puisse se tromper ou avoir des préjugés, qu’il n’est pas pertinent de s’interroger sur les portes que cette affaire ouvre en ce qui concerne la conception sociale du suicide.
Il semble hors de propos de rappeler que la volonté de mourir de Noelia avait connu des failles — en 2024, elle avait écrit une lettre dans laquelle elle demandait six mois supplémentaires pour se décider quant à sa mort
—, ou que les premières professionnelles qui l'avaient soutenue, une médecin et une psychologue, avaient renoncé à s'occuper de son cas par la suite.
Il semble honteux de faire preuve d’empathie envers un père qui a fait ce que beaucoup d’entre nous auraient fait, indépendamment de nos erreurs : tenter d’épuiser toutes les options avant de voir sa fille mettre fin à ses jours.
Si votre progrès consiste à passer tout cela sous silence, à construire la réalité dans une loi organique, à tout réduire à une lutte idéologique — aujourd’hui contre les Avocats chrétiens, demain contre n'iporte qui d'autre
—, à concevoir la liberté comme une fin en soi, à nous permettre de parler de mort digne alors que nous ne sommes pas capables de garantir des vies dignes, vous pouvez vous le garder "votre progrès". Car c’est un progrès vers le précipice.
Ana Iris Simon publié dans El Pais