Il y a des livres dont on n'a pas envie de tourner la dernière page... On aimerait ne jamais quitter Mr Tarbes et tous ceux qui l'ont accompagné à revenir de l'enfer vécu à @Charlie_Hebdo 🙏
Un récit de résilience poignant et tout en subtilité : bravo et merci Philippe Lançon 👏
Jospin et Chirac avant leur débat présidentiel de 1995. Comme ce sens du respect et de la mesure entre adversaires politiques parait lointain.
Je n’aime pas le « c’était mieux avant » mais ça, c’était vraiment mieux.
Alors qu'elle témoignait à l'occasion de la sortie de son livre, Gisèle Pélicot s'est confiée à plusieurs reprises sur une chose qui m'a marquée : pendant son procès, alors qu'elle apparaissait pour la première fois en public, certains lui ont reproché son élégance. Qu'elle soit toujours impeccablement habillée et coiffée les faisait tiquer. Comme si une femme qui a vécu ce qu'elle a vécu ne pouvait se permettre de prendre soin de son apparence. En tout cas pas aussi tôt. Comme si cette élégance était preuve d'une futilité. Comme si ce ressort-là était indécent dans l'épreuve.
Cela m'a rappelé certains témoignages que j'ai reçus après une chronique que j'avais faite ici même, il y a quelques années, sur une question ayant trait au maquillage. Une femme à qui l'on avait reproché ses ongles peints, en plein deuil. Une autre à qui le personnel médical avait dit « eh bien, on a trouvé le temps de se pomponner, madame ? » quarante-huit heures après une opération angoissante. Toujours cette idée derrière - qu'elle vienne d'hommes ou de femmes d'ailleurs - qu'on aurait autre chose à faire que ces futilités-là dans les épreuves de la vie.
Ce ne sont en rien des futilités. On parle de ressorts qui peuvent être d'une force inouïe. D'un rapport à soi salvateur parfois, dans la mise à distance du destin. Je me souviens d'avoir été bouleversée par une interview de Simone Veil dans Paris Match, en 1994. Elle y parlait de ses cheveux. Et disait combien il avait été important d'avoir appartenu à un convoi pour Auschwitz dont on n'avait pas rasé la tête des filles. « En gardant des cheveux, témoignait-elle, nous gardions une forme de dignité. Et l'humiliation d'avoir la tête rasée nous a, par chance, été épargnée. » La volonté d'atteindre à la féminité a toujours été une façon de vouloir briser les femmes…
De nombreux témoignages dans l'histoire décrivent à quel point la préservation pour soi d'une élégance, à quel point ces rituels de la féminité peuvent revêtir une importance capitale. Les archéologues rapportent l'histoire d'une femme, Babatha, un siècle après Jésus - Christ, sous le règne de l'empereur romain Hadrien. S'enfuyant de son village en proie à la violence, elle emporte avec elle dans la grotte où elle va survivre, son droit (c'est-à-dire les contrats établissant ses biens) et des accessoires de maquillage rassemblés dans un petit sac de cuir.
Ceux qui n'y voient qu'injonction et futilité n'ont rien compris. Il existe une coquetterie qui est un rapport de soi à soi. Certaines, je le sais, qui ont connu des épreuves terribles, pourraient dire en paraphrasant Gary, qu'elles doivent à la féminité leurs rares instants de victoire sur l'adversité. C'est une façon de se présenter au monde. Une proclamation. Bref. C'est une force.
Et grâce à Marc-Olivier Fogiel et @RTLFrance la cagnotte dépasse maintenant les 350000€. C’est formidable et il reste 3 jours pour dépasser les 10000 donateurs. https://t.co/hjqsgYzOCj
Auschwitz was at the end of a long process. We must remember that it did not start from gas chambers.
This hatred was gradually developed by humans. From ideas, words, stereotypes & prejudice through legal exclusion, dehumanization & escalating violence... to systematic and industrial murder.
Auschwitz took time.
« Tu vois, tu as une cheminée là. Tes parents sont là. Alors tu oublies ta famille. » L’horreur à hauteur d’enfant. Et une mémoire à transmettre pour éduquer.
Et finalement comme les dons ne s’arrêtent pas, la cagnotte pour Sonia est prolongée d’une semaine. Cette solidarité nationale est incroyable. Merci pour elle. https://t.co/hjqsgYzOCj
Je voulais vous parler d’une femme, que la France connaît désormais sous le prénom de Sonia. Ce n’est pas son vrai prénom et pour cause : Sonia vit sous légende, c’est-à-dire sous une nouvelle identité depuis que le 15 novembre 2015, elle a contacté la police pour prévenir qu’elle savait où se trouvait le cerveau des attentats, qu’avec d’autres, il projetait de nouveaux bains de sang ; qu’elle, Française musulmane, avait ces fanatiques en horreur, et qu’elle acceptait d’aider à ce qu’on les arrête. Son action, héroïque, a fait basculer sa vie, celle de ses deux enfants, et de son compagnon. Depuis lors, ils vivent sous une nouvelle identité, dans un lieu tenu secret, avec des difficultés à joindre les deux bouts. C’est ce qu’ont appris des millions de téléspectateurs en regardant la série documentaire que lui a consacrée France 2 à l’occasion des 10 ans du 13 novembre.
Dans les jours qui ont suivi la diffusion, la société de production Capa a commencé à recevoir des messages de téléspectateurs demandant comment ils pouvaient concrètement aider Sonia. Les dirigeants de Capa étaient embêtés : difficile de lancer une cagnotte avec le statut d’entreprise privée. Ils se sont tournés vers Arthur Desnouveaux, rescapé du 13 novembre, fondateur de l’association de victimes Life for Paris, qui a lancé immédiatement la cagnotte. Il en espérait 15 000 euros pour Sonia, la cagnotte a récemment dépassé les 150 000 (MAJ : la cagnotte a depuis dépassé les 200 000 euros) Quand je l’ai appelé pour préparer cette chronique, Arthur Desnouveaux m’a précisé que les commentaires étant ouverts sur le site, Sonia peut y lire les milliers de messages de gratitude de citoyens lambda qui n’auront jamais l’occasion de la remercier.
« Je voudrais être madame tout le monde, dit-elle dans le documentaire. Et je suis madame personne. »
Face au succès de la cagnotte, l’État a dû improviser et ouvrir un « compte pivot » - c’est-à-dire un compte intermédiaire – sur lequel la somme sera transférée, puis retransférée à Sonia par le service approprié, puisque personne ne peut connaître sa nouvelle identité. « J’ai fait mon devoir de citoyenne », répète-t-elle dans le documentaire. Hemingway définissait le courage comme « la grâce sous la pression ». Il y a une grâce en effet dans la simplicité avec laquelle Sonia raconte son choix. Comme les Justes – vous savez, ceux qui ont caché des Juifs pendant la seconde guerre mondiale – et qu’on a souvent dû convaincre d’accepter d’être décorés. Ils répondaient : « oui, j’ai caché, mais cela m’a paru normal ».
Qui a ça en lui ? Est-ce que ça se travaille ? Est-ce que ça s’éduque ? D’où vient que certains franchissent ce Rubicon intime qui sépare en chaque être le bien de l’indifférence. Le courage de la tétanie ? C’est un des mystères de l’humanité. En attendant, il me semble que la France s’honorerait à décorer Sonia de la Légion d’honneur. Il faudra là encore improviser quelque chose. Décorer une ombre. Mais son courage le mérite. Puisse-t-il tous nous inspirer.
Une femme en face de moi lit "La Dame aux Camélias" dans le métro. Plongée dans son monde. Tout à coup il n'y a plus d'heure de pointe, de fatigue, d'agacement, d'actualité. C'est toujours miraculeux de voir quelqu'un lire un classique. Un autre monde, un hors-temps.
Merci @askolovitchC de me mettre aux côtés de ces deux pères exemplaires. Peut-être que parce que la victime est devenue le centre moral de la Cité, elle peut paralyser l’action politique. Et que donc il lui incombe de proposer sa vision politique (pas politicienne).
Les propos de @JLBorloo appuient les travaux de Territoires en Mouvement, portés par @JCFromantin depuis 15 ans. Il est temps de mettre en œuvre tout cela avec une réorganisation territoriale ambitieuse.
Est ce qu’il est possible sur ce réseau de considérer que quelqu’un qui a une conviction contraire à la vôtre n’est pas nécessairement un salaud, un pourri ou un traître? La biodiversité cela n’existe pas que pour les animaux ou le plantes‼️