C’est drôle, lorsqu’il est temps de parler de plantes vertes, on nous dit que les députés travaillent 70h semaine, mais lorsqu’on parle de députés qui swing du fédéral au provincial et vice-versa, ils ont le temps de faire les deux.
Un enfant de 15 ans est tragiquement mort à la suite de la consommation de son médicament et d’une canette de Red Bull.
Tous les Québécois ont énormément de compassion humaine pour la famille et ses proches.
Ça fait trois ans que le gouvernement a entre les mains un rapport pour agir en matière de boissons énergisantes.
À moins d’une semaine avant la fin des travaux parlementaires, la CAQ va présenter prochainement un projet de loi pour interdire la vente de boissons énergisantes aux mineurs.
Pourtant, 89% de la caféine consommée par les ados ne provient pas des boissons énergisantes. Un café filtre peut contenir jusqu’à deux fois plus de caféine qu’un Red Bull.
Sommes-nous en train de nous attaquer au symbole, plutôt qu’au problème?
Peut-on prendre le temps de réfléchir, avant d’adopter une loi?
Ne vaudrait-il pas mieux un peu plus d’éducation, plutôt que d’interdiction?
Le Québec deviendrait le premier des 60 états et provinces du continent à adopter une telle mesure.
Le plus décevant dans tout ce dossier est que les trois autres partis (PQ, PLQ et QS) n’ont d’opposition que le nom et applaudissent le gouvernement, sans même se demander pourquoi la CAQ n’a rien fait à ce sujet pendant 8 ans et qu’elle se réveille à 5 jours de la fin de son règne parlementaire?
Aujourd’hui, quand on vous cache l’explosion des coûts du tramway de Québec en avançant un chiffre de 7,6 milliards de dollars, on vous cache surtout combien vous allez réellement payer pour la plus grande dépense de l’histoire de la ville de Québec, un projet qui se fera sans l'acceptabilité sociale des gens qui vont le payer.
Ce n’est pas au fédéral de décider comment les sommes versées doivent être dépensées. Le Québec doit choisir lui-même dans quelles infrastructures l’argent qui lui revient sera investi.
Ce dont les gens de Québec veulent et ont besoin, c’est d’un 3e lien, un projet que les citoyens de la grande région de Québec réclament depuis plus de 50 ans, et qui permettrait de désengorger les deux ponts et d’assurer le développement économique.
J'en ai discuté ce soir avec Julie Couture:
MONTRÉAL / Le nouveau bassin Saint-Jacques
Un pansement qui évite de voir le vrai problème
Le projet de bassin de rétention Saint-Jacques, à 68,6 millions de dollars, illustre un problème récurrent dans le Sud-Ouest. L’administration de la mairesse Soraya Martinez Ferrada met l’accent sur les fortes pluies comme si elles étaient un phénomène nouveau et affirme même que le problème est désormais réglé.
Pourtant, Montréal a toujours connu des épisodes de pluie intense.
Le vrai enjeu se trouve ailleurs.
Construit en 1930 pour un secteur industriel peu dense, le collecteur Saint-Jacques n’a jamais été adapté au boom de Griffintown. Depuis les années 2010, la transformation massive du quartier a multiplié les condos, les toitures, les stationnements et les surfaces imperméables. En fait, dès 2010, vingt-trois projets immobiliers représentant 6,500 logements étaient déjà en planification pour le seul secteur de Griffintown. Le volume d’eau qui ruisselle vers le réseau a explosé.
Au lieu d’agrandir ou de moderniser le collecteur principal au moment où l’on autorisait ce développement intensif, les administrations successives ont privilégié des projets visibles et électoralement avantageux, comme les aménagements paysagers, la Formule E ou encore plusieurs pistes cyclables. Rappelons que la course de Formule E de 2017 a coûté 24 millions de dollars à la Ville, avec un déficit net de 13,5 millions.
On se retrouve aujourd’hui avec un collecteur presque centenaire sous-dimensionné. Plutôt que d’entreprendre les travaux lourds sur le collecteur lui-même, la Ville choisit de construire un bassin qui ne captera que le trop-plein. Il s’agit d’une solution coûteuse, temporaire et partielle.
Le vieillissement du collecteur exigera encore des réparations et inspections annuelles coûteuses, pendant que de nouveaux projets résidentiels continueront d’ajouter de la pression sur le réseau.
Le déficit d’entretien global du réseau d’eau de Montréal est évalué à environ 3 milliards de dollars. On densifie sans prévoir les infrastructures essentielles, puis on gère les conséquences plus tard, et plus cher.
Les résidents du Sud-Ouest paient aujourd’hui le prix de ce pansement. Le problème refera surface dans peu de temps.
MONTRÉAL en mode survie
L'eau potable en crise
La conduite principale sous l'avenue Atwater, datant de 1984, est en détérioration avancée. Le réservoir McTavish, cœur du réseau montréalais, voit sa capacité sévèrement réduite. Près de 1,2 million de personnes devront réduire drastiquement leur consommation d'eau cet été, à la demande de l'administration municipale, alors que les travaux d'urgence s'annoncent longs et coûteux.
Ce n'est pas un accident isolé. C'est le symptôme d'années de sous-investissement chronique. Près d'un tiers de l'eau produite est perdue en fuites, des infrastructures des années 1950 à 1980 s'effritent et le déficit d'entretien du réseau atteint plusieurs milliards de dollars.
Pendant ce temps, on triple les budgets pour les organismes d'itinérance (30 M$), on finance généreusement les causes sectorielles et on maintient près d'un demi-milliard sur dix ans pour les pistes cyclables, pendant que les routes se décomposent et que la bureaucratie continue de gonfler.
Les Montréalais sont légitimement exaspérés. Ils paient des taxes en hausse constante pour des services de base qui craquent. L'eau potable, les rues et la propreté ne suivent plus.
Les élus excellent dans le paraître et les annonces, mais peinent à livrer l'essentiel.
Prioriser le visible au détriment du vital n'est plus une option viable.
Il est grand temps de remettre les infrastructures et une gestion rigoureuse au centre des priorités. Les citoyens méritent mieux que des excuses, des communiqués, des danses sur TikTok et des conférences sans solutions concrètes.
La frustration actuelle n'est pas une tempête passagère. C'est le signal clair que Montréal a besoin d'un virage concret.