Le "débat" français sur la climatisation est un signal faible fascinant. Il révèle à la fois :
- l’auto-dénigrement technologique d’un pays pourtant champion de l’électricité décarbonée ;
- une vision de l'écologie proche d’une morale religieuse, où le confort est une faute et la chaleur une pénitence.
- et des médias souvent incapables de traiter techniquement le sujet sans militantisme implicite.
🚨 Je vais être clair dès le départ. Quand un ministre explique que le chômage remonte mais que tout va plutôt bien et quand, dans la même phrase, on renvoie la responsabilité sur l’Europe naïve ou sur la Chine, c'est sacrément culotté parce qu'on évite toujours les questions qui fâchent. Qui a pris les décisions, quand, et avec quelles conséquences prévisibles ?
🤔 Quand Jean-Pierre Farandou explique que 7,9% de chômage serait presque une performance historique, il dit quelque chose de vrai sur les faits mais qui reste sacrément trompeur. La France a longtemps vécu avec un chômage structurel élevé et passer sous les 8% a été rare depuis quarante ans, mais se comparer à un mauvais passé pour relativiser une dégradation actuelle est loin d'être un raisonnement économique. La question n’est pas de savoir si on a déjà fait pire mais pourquoi la dynamique se retourne maintenant après des années de discours sur le plein-emploi et c’est là que le discours devient gênant.
🤷♂️ Dire que ce n’est pas juste la faute du gouvernement et faire comme si les choix menés depuis plusieurs années n’avaient aucun lien avec la situation actuelle relève du déni. La politique de l’offre arrive à maturité, les effets post-Covid disparaissent, les hausses de taux ont fini par mordre l’investissement, l’immobilier et l’emploi, et les faillites repartent. Dans ce contexte, expliquer que tout reste globalement satisfaisant parce qu’on est sous les 8% revient surtout à éviter de parler de la tendance qui est clairement négative parce qu'on n'a pas fait grand chose alors que ce contexte était prévisible.
🇪🇺 Quand Farandou affirme que l’Europe a été naïve face aux importations chinoises, notamment dans l’automobile et l’électrique, le diagnostic est en grande partie juste, je ne vais pas le nier. L’Europe a ouvert son marché sans se doter de protections efficaces, elle a laissé entrer des produits massivement subventionnés, produits avec une énergie bon marché et une chaîne de valeur totalement intégrée, et elle a cru que des normes élevées suffiraient à faire émerger des champions industriels. Le problème est son timing car cela fait plus de dix ans que la Chine structure sa domination sur les batteries, les véhicules électriques et certaines matières premières critiques. Découvrir aujourd’hui que cela pose un problème alors que les emplois ont déjà disparu et que les parts de marché sont perdues est quand même assez délicat.
⚠️ Le Président Macron a effectivement été parmi les plus vocaux sur la souveraineté industrielle et la nécessité de se protéger mais la France n’est pas extérieure à l’Europe. Elle a validé les règles communes, accepté des cadres réglementaires contraignants et participé à un consensus qui a longtemps privilégié l’ouverture au détriment de la protection. Toujours la faute de l'Europe, jamais la notre. Le chômage qui remonte, la désindustrialisation, la pression chinoise ne sont pas des surprises, ce sont les conséquences logiques de décisions prises il y a longtemps.
Tant qu’on continuera à raconter l’histoire à l’envers, on aura ce décalage permanent entre un discours rassurant et une réalité économique que tout le monde, sur le terrain, voit très bien. On est pas prêt d'apaiser les tensions sociales avec ce type de manoeuvre.
Domino's Pizza (1.4 miles from the Pentagon) is experiencing an extreme spike in activity at 333%. Papa Johns Pizza (2.3 miles from Pentagon) also reports high activity at 178%. DEFCON level is 4.