T'as jamais vu quelqu'un retourner chaque semaine dans un restaurant où la bouffe est dégueulasse et le service inexistant ?
Si. C'est l'électeur français moyen.
En économie c'est simple. Quand un restaurant est mauvais, les clients partent. Le patron perd du fric. Il est forcé d'améliorer sa carte ou il met la clé sous la porte.
Maintenant applique exactement ce raisonnement à l'État français.
Le gouvernement te sert depuis cinquante ans une assiette insipide que tu n'as pas commandée, à un prix que tu n'as pas négocié, et quand tu oses te plaindre le serveur te jette l'addition à la figure et te demande de laisser un pourboire.
Tu paies le prix d'un étoilé Michelin pour un Tasty Crousty réchauffé au micro-ondes.
Services publics en décomposition, dette abyssale, pression fiscale record, retraites en sursis, et tu te plains. Tu vas voter. Tu reviens l'année suivante.
Et le restaurateur hausse les épaules parce qu'il sait quelque chose que toi tu refuses d'admettre : tant que tu continues de payer et de revenir, il n'a aucune raison de changer quoi que ce soit.
Et c'est là que le parallèle devient vraiment intéressant, parce que la question n'est pas "pourquoi l'État est mauvais", la question est "pourquoi il n'a aucune raison de s'améliorer".
Un restaurateur qui opère dans une rue avec dix autres restaurants doit se battre pour chaque client. Un restaurateur qui opère dans un village isolé où il n'y a pas d'alternative peut faire ce qu'il veut, les gens reviendront parce qu'ils ont faim.
L'État français est ce restaurateur de village, et il le sait, et il organise très consciemment le fait que ses clients n'aient pas accès à la voiture qui leur permettrait d'aller manger ailleurs.
La voiture c'est la mobilité économique. C'est la capacité de te lever un matin et de décider que tu vas manger dans le village d'à côté parce que le rapport qualité-prix est meilleur.
S'expatrier, choisir une autre juridiction fiscale, mettre son capital hors de portée d'un État qui te considère comme une ressource à exploiter.
Et pour ceux qui ne veulent pas partir, il y a une autre option : cuisiner chez soi.
Ne pas contracter avec l'État, vivre en marge du système, comme les gitans qui n'ont jamais eu de numéro de sécu, comme les mecs de cité qui font tourner une économie parallèle sans jamais signer un contrat, comme les maçons qui font tourner leurs chantiers en cash.
Ces gens-là sont des agents rationnels qui ont compris instinctivement quelque chose que les libéraux qui votent mettront des décennies à saisir : on ne réforme pas un système en y participant, on l'affaiblit en s'en émancipant.
Comment l'État t'empêche d'avoir cette voiture ? En t'attachant au territoire par tous les moyens disponibles. L'inflation détruit la valeur de ton épargne liquide, ce qui te force à t'endetter et investir en immobilier pour ne pas te faire manger ton capital. Le CDI te donne l'illusion du confort, un salaire stable, des droits, une protection, mais ce confort devient ta prison dorée. T'as trop à perdre pour bouger, et c'est précisément pour ça que tu restes. Ta retraite est un système par répartition qui nécessite que tu restes cotisant jusqu'au bout pour espérer récupérer quelque chose, si tu pars tu cotises ailleurs et tu perds tes droits.
Ton cashflow est intégralement local, imposable à la source, traçable et saisissable. Chaque élément de ta vie économique a été structuré pour qu'il soit coûteux de partir, non pas par accident, mais parce qu'un contribuable captif est infiniment plus facile à ponctionner qu'un contribuable mobile.
Et voilà le vrai paradoxe que les libéraux qui votent n'ont pas compris : tu n'as même pas besoin de partir pour que le système change. Tu as juste besoin que le restaurateur sache que tu pourrais le faire.
Un pays dont les contribuables sont mobiles est structurellement contraint de se comporter comme un prestataire de services compétitif. C'est exactement pour ça que des pays comme le Portugal, Malte, les Émirats ou la Géorgie créent des régimes fiscaux attractifs pour les nomades numériques et les investisseurs étrangers, pas par générosité, mais parce qu'ils savent que le capital est mobile et qu'ils sont en concurrence pour l'attirer.
Ceux qui ont compris ce rapport de force ont digitalisé leur cashflow, génèrent de l'argent avec une connexion wifi, et choisissent leur résidence fiscale comme tu choisirais un hôtel quand tu pars en vacances avec Magali.
Voter c'est supplier le restaurateur de changer sa carte. Quand tu pars ou que tu rends ton revenu transportable, tu ne supplies plus, tu négocies. Tu passes de client captif à client volatile, et c'est le seul statut qui force un prestataire, qu'il s'appelle McDonald's ou République Française, à s'interroger sur la qualité de ce qu'il propose.
Tant que tu n'as pas intégré que la politique est un rapport de force et que ta seule vraie arme c'est ta mobilité économique, tu seras condamné à croiser les doigts en attendant que le Tasty Crousty se transforme en foie gras.
Je préfère observer les résultats plutôt que suivre les recommandations à l'aveugle.
Personnellement par semaine, environ, une trentaine d'œufs du jardin, 1 kg de poulet, 1 kg de crevettes, 7 litres de lait cru de Jersiaise, de la viande rouge ...
Énergie, récupération, performances sportives et cognitives et composition corporelle sont au rendez-vous.
Je reste donc sceptique lorsqu'on présente systématiquement la réduction drastique des protéines animales comme une évidence universelle.
Les besoins d'un sédentaire Parisien de 55 kg à qui l'on apporte la nourriture à vélo et qu'on transporte au bureau et ceux d'un fermier entrepreneur ne sont pas les mêmes.
Quand une mesure crée davantage de contrôle mais que ses effets sur la cause racine restent discutables, j'ai tendance à me poser une question simple :
Cherche-t-on à résoudre le problème... ou à démontrer que l'on agit ? Ce n'est pas toujours la même chose.
Vérifier l'âge sur un réseau social est relativement simple. Démanteler des réseaux criminels, identifier les causes profondes des abus ou réformer des défaillances institutionnelles l'est beaucoup moins.
La question n'est donc pas seulement : "Cette mesure est-elle utile ?" Mais aussi : "Traite-t-elle réellement la cause du problème ?"
Le problème n'est pas que l'État investisse dans l'IA. Le problème est qu'il applique souvent les mêmes recettes qui échouent depuis 30 ans :
➡️ Gouvernance complexe
➡️ Multiplication des acteurs
➡️ Cahiers des charges gigantesques
➡️ Décisions éloignées du terrain
Dans l'industrie, un projet avec autant de couches décisionnelles serait déjà considéré comme à risque.
L'IA n'échappe pas aux lois fondamentales du management de projet.
@LeBunkerBtc Pour remercier le toutou de sa soumission au rituel, ses maîtres lui ont décroché un petit rôle à la télévision : quelques secondes à l’écran dans Tous en cuisine le 11 juin 2026 sur M6.