Ce qui me fait sourire dans cette énième tentative d’augmentation de la flat tax, avec ces amendements qui reviennent régulièrement sur la table au profit de “taxer les plus riches du pays”,
C’est qu’en réalité, ce type de mesure n’impacte que les petits épargnants, car les plus riches ne se versent que très peu de dividendes à titre personnel.
Ces derniers sont remontés dans les holdings depuis les sociétés d’exploitation, avec un régime fiscal qui ne les taxe quasiment pas (via le régime mère-fille, qui permet d’exonérer 95% des remontées de dividendes vers les holdings).
Une fois que le cash est dans la holding, il existe des manières détournées d’en “profiter” sans avoir besoin de se verser des dividendes ou des salaires.
Des moyens qu’il serait difficile de comprendre pour les députés qui proposent ce type de mesures, ces derniers confondant encore chiffre d’affaires et bénéfice (poke @ericcoquerel)
(Et des moyens que je ne détaillerai pas ici, pour éviter de donner des idées à nos brillants députés en pleine période de budget)
La réalité, c’est qu’en essayant de s’attaquer à Bernard Arnault, les députés qui proposent ce genre de mesures absurdes ne font que pénaliser les petits épargnants qui tentent de se construire un patrimoine via leur PEA et/ou leur CTO.
Par contre, le jour où ils auront la présence d’esprit de baisser la flat tax à 15 voire 10%, je suis intimement persuadé qu’on verra des centaines de milliards d’€ sortir des holdings.
Ce qui est marrant quand je dis que Hitler était un socialiste, c’est que les gens pensent que je troll.
Pas du tout.
Et Milei non plus.
Il vient de le dire sur LCI. Hitler et Mussolini étaient des socialistes. Les commentaires explosent. Comme à chaque fois.
Pas parce que l’affirmation est folle. Parce qu’elle casse un meuble sacré.
Dans beaucoup de têtes, socialisme = le bien commun. La bienveillance. Le partage. Le camp de ceux qui « pensent aux autres ». Un mot moral, pas un mécanisme.
Alors si tu colles ce mot sur le petit moustachu, tu ne fais pas de l’histoire. Tu profanes une identité. La dissonance est violente. Donc tu « trolles ». Donc tu es de mauvaise foi. Donc on sort le Godwin à l’envers.
Le problème, c’est que le socialisme n’est pas une humeur.
C’est une structure.
Qui décide quoi produire, à quel prix, pour qui, avec quelle matière première, à quel salaire. Le marché, ou un comité.
Hitler a choisi le comité.
NSDAP : Parti national-socialiste des travailleurs allemands. Ce n’est pas un surnom inventé en 2026. C’est le nom.
Programme de 1920, déclaré inaltérable : abolition des revenus non gagnés par le travail, brisure de l’esclavage de l’intérêt, nationalisation des trusts, partage forcé des profits, communalisation des grands magasins, expropriation foncière possible. Gemeinnutz vor Eigennutz. L’intérêt commun avant l’intérêt particulier. L’antithèse exacte du libéralisme.
Une fois au pouvoir : fixation des prix, gel des salaires, plans quadriennaux, contrôle des changes, allocation étatique des devises et des matières premières, Reichswerke Göring, travail obligatoire, syndicats indépendants remplacés par un front d’État.
Les industriels étaient encore « propriétaires ». Comme on est propriétaire d’une voiture dont l’État choisit la destination, le carburant, le tarif et le chauffeur. Mises l’a décrit en direct : ils étaient devenus des *Betriebsführer*. Des gestionnaires. La propriété n’était plus qu’un titre.
Ce n’est pas du capitalisme avec un drapeau moche. C’est de l’étatisme. Donc du socialisme de fait.
Hayek a un chapitre entier là-dessus : *The Socialist Roots of Nazism*. Deux espèces du même genre. Le collectivisme. Seul le critère d’exclusion change. La classe d’un côté. La race de l’autre. Même outil : l’État total.
Pourquoi ça trigger autant.
Parce que si Hitler est un socialiste, alors le mot que beaucoup utilisent comme boussole morale n’est plus innocent. Il faut alors admettre une chose insupportable : le slogan le plus généreux du XXe siècle a habillé les pires machines.
Les gens ne défendent pas un tableau Excel. Ils défendent l’idée qu’ils sont du bon côté. Qu’ils aiment le partage. Qu’ils ne sont pas « ceux qui s’en foutent des autres ».
Je n’attaque pas ça.
J’attaque le logiciel.
Toute forme de socialisme / collectivisme finit de la même manière. Pas par malchance. Par design.
La promesse est toujours la même. L’État allouera mieux que le marché. Plus juste. Plus humain. Pour tous.
Sauf qu’aucun comité, aussi brillant soit-il, ne peut avaler l’information que les prix agrègent en temps réel. Le prix du blé, du fer, d’une heure de travail, c’est des millions de décisions compressées. Remplacer ça par un plan, c’est remplacer internet par un mec avec un cahier.
Mises, 1920. Hayek, 1945. Jamais réfuté.
Le plan dérape. Pénuries. Files. Marché noir. À ce moment-là, le pouvoir a deux options. Admettre l’erreur et lâcher. Ou doubler la dose.
Il double.
Plus de contrôle pour combler les trous. Plus de surveillance pour tuer le marché noir. Plus de censure pour taire ceux qui nomment le dysfonctionnement. Puis un bouc émissaire, parce qu’un plan qui échoue ne peut pas être coupable. Il lui faut un saboteur.
Le juif. Le koulak. Le bourgeois. L’ennemi de classe. L’ennemi de race. Le détail change. La mécanique non.
Allemagne nazie. URSS. Chine de Mao. Cambodge. Corée du Nord. Cuba. Venezuela. Éthiopie de Mengistu. Roumanie de Ceaușescu.
Peuples différents. Époques différentes. Drapeaux différents. Même résultat.
Environ 100 millions de morts pour le communisme au XXe siècle. Plus le national-socialisme, qui a utilisé le même levier d’État avec un autre critère d’élimination.
Ce n’est pas « on n’a jamais vraiment essayé ». On a essayé une vingtaine de fois, sur quatre continents, pendant un siècle. Zéro exception propre. Zéro contre-exemple.
La tyrannie n’est pas un dérapage du collectivisme. C’est son équilibre.
Ceux qui y croient encore ne sont pas des monstres. Ils ont hérité d’un slogan magnifique collé sur une erreur de calcul. Les mauvaises idées détruisent d’abord ceux qui les portent. Ensuite les autres.
Le plus gros scam idéologique d’après 1945, c’est d’avoir collé Hitler dans la case « extrême droite » pour laver le mot socialisme. On a brûlé le mot nation. On a recyclé le logiciel.
Résultat : dès que tu parles de limiter l’État, on te sort le peintre.
Milei ne trolle pas. Il remet le diagnostic à l’endroit.
Le vrai clivage n’a jamais été gauche contre droite.
C’est collectivisme contre liberté. Contrôle contre responsabilité.
Le marché n’est pas parfait. Il intègre l’erreur humaine et la corrige en continu. Le plan concentre l’erreur au sommet, puis interdit de la nommer.
La porte existe. Elle a toujours existé. Laisser les gens créer, échanger, entreprendre. Construire un système qui émerge des têtes dispersées, pas d’un comité qui se prend pour une religion.
Le XXIe siècle n’a pas besoin d’un second laboratoire avec un meilleur branding.
Il a besoin de bâtisseurs.
Choisis le logiciel. Puis construis.
Quelle honte @GabrielAttal d’entourer NOTRE Rafale du drapeau européen.
Le Rafale n’est pas un projet de Bruxelles : il a été conçu, financé et produit par les industriels de défense français, seuls… pendant que les Européens préfèrent acheter des F35 américains.
S’approprier ce symbole, c’est ne rien respecter : ni notre souveraineté, ni ceux qui l’ont bâti.