Je suis allé dans un centre commercial en Normandie cet après-midi.
Je fais le tour et je tombe sur la même chose partout : Action, Gifi, foir fouille, Chaussea.
Pleins à craquer.
Ça a l’air anodin. C’est en fait le symptôme le plus visible d’un truc beaucoup plus profond
Les enseignes de qualité moyenne ont disparu. Les magasins de chaussures vendent de la fausse mode à 20 euros, des trucs qui tiennent pas un hiver.
Les magasins comme action qui ramènent de la poubelle en masse que les chinois ne veulent plus.
Avant, ces boutiques existaient déjà, mais elles étaient vides. Aujourd’hui c’est l’inverse exact.
Et ce n’est pas une impression.
Action a fait 16 milliards de chiffre d’affaires en 2025, +16% en un an, 21 millions de clients par semaine.
Trouver des magasins de qualité moyenne devient impossible.
La qualité 0 devient une commodité et le moyen se fait bouffer par le pas cher.
Les chiffres du commerce le disent noir sur blanc : la mode et la chaussure reculent, le discount explose.
Maintenant, le mindset.
Parce que c’est là que ça devient intéressant.
Il existe un truc qu’on appelle la théorie des bottes (Terry Pratchett).
Un mec à l’aise achète une paire à 90 euros qui dure 10 ans.
Un mec serré achète des bottes à 20 euros qui crèvent en un hiver.
Au bout de 10 ans, le pauvre a claqué 200 euros en bottes pourries et il a eu les pieds mouillés tout du long.
Acheter pas cher coûte plus cher.
C’est la mécanique mathématique de la pauvreté.
Et ce n’est pas de la bêtise. Quand t’es à découvert le 15 du mois, ton cerveau se braque sur le prix de l’étiquette, jamais sur le coût total sur 3 ans.
La rareté bouffe ta bande passante mentale.
Tu optimises pour survivre ce soir, pas pour gagner plus tard.
Des chercheurs ont posé un mot dessus : scarcity. Une taxe cognitive, pas un défaut de caractère.
Le truc tordu, c’est qui empoche dans l’histoire. Action tourne à plus de 15% de marge.
Carrefour, c’est 4 à 5%.
Les “petits prix”, c’est la machine la plus rentable du retail français. Le panneau “les petits prix c’est ici” et le “-80%” en rouge, c’est de la dopamine calibrée, pas de la générosité.
On dresse un réflexe : acheter beaucoup, pas cher, tout de suite.
Et ce réflexe-là dépasse largement le caddie.
C’est exactement le même cerveau qui vend son temps contre un salaire et n’achète jamais un actif.
Qui veut le résultat ce soir au lieu de construire un truc qui rapporte dans 3 ans. Consommer maintenant plutôt que posséder plus tard.
Le plus dur à encaisser : la sortie ne dépend pas d’abord du compte en banque. Elle commence dans la tête.
Acheter moins mais mieux.
Transformer un euro dépensé en euro qui bosse pour toi.
Raisonner coût sur la durée, pas prix sur l’étiquette.
Un centre commercial rempli de déstockage, c’est pas juste un décor un peu triste.
C’est le mindset d’un pays qui descend en gamme, affiché en grand sur les vitrines.
Et le plus glaçant, c’est que personne, à l’intérieur, ne voit le piège.
Manon Aubry, filmée ce week-end sur un voilier en Méditerranée pendant que la France grillait sous 35-40 °C. Pas un yacht de Bernard Arnault, rectifie-t-elle aussitôt : « un bateau à voile loué pour l’anniversaire de mon père ». « Faire le parallèle est insupportable ».
C’est pourtant exactement le point.
Manon Aubry est la caricature parfaite de la petite fille bourgeoise qui a tout eu et qui s’est inventé une cause existentielle pour donner du sens à son existence et, accessoirement, contrer l’ordre du monde qui l’a élevée.
Fille de journalistes (père passé par les cabinets locaux et les rédactions, mère militante politique d’origine corse), petit-fille d’un militant de gauche bonifacien. Bac mention très bien, Sciences Po Paris (présidente de l’UNEF locale), Columbia, Sydney. Parcours humanitaire classique des enfants de bonne famille : Médecins du Monde au Liberia, Carter Center en RDC, puis plaidoyer « justice fiscale et inégalités » chez Oxfam. Tout le cursus honorum de la bourgeoisie cultivée et connectée qui choisit de parler au nom des opprimés depuis le confort absolu.
Psychologiquement, c’est limpide. Quand on naît avec l’éducation d’élite, les voyages, la sécurité matérielle et culturelle, le capital social et le filet de sécurité familial, on a deux options : soit on assume sa position et on construit à partir d’elle, soit on développe un besoin irrépressible de se mettre du « bon côté » de l’Histoire pour compenser le vide ou la culpabilité diffuse que procure le privilège. On s’invente alors une cause radicale, on enfile le costume du justicier des inégalités, et on transforme sa trajectoire personnelle en combat universel. C’est le même mécanisme que chez une certaine frange de la gauche caviar : la révolte n’est pas contre les parents (ici la mère est déjà LFI), elle est contre l’idée même d’une existence « normale » dans un système qui, objectivement, vous a très bien traitée.
Karl Marx connaissait bien ce schéma. Son père, Heinrich Marx, avocat bourgeois respectable et éclairé, lui écrivait des lettres pleines d’inquiétude quand le jeune Karl, au lieu de poursuivre une carrière solide, se jetait dans le radicalisme hégélien, fréquentait des cercles douteux et refusait les voies honorables. En substance : pourquoi te compromettre pour des idées et des gens qui ne t’apporteront que des ennuis, au lieu de bâtir quelque chose de durable et de respectable ? Marx, fils de cette même bourgeoisie aisée, a passé le reste de sa vie à théoriser la fin du capitalisme tout en étant financé par Engels et en vivant en exil relativement confortable. La théorie la plus radicale contre la bourgeoisie est souvent produite par ses enfants les mieux lotis.
Manon Aubry fait exactement la même chose en 2026. Elle dénonce les yachts des ultra-riches tout en profitant d’un voilier familial loué. Elle veut taxer « les riches » (parfois jusqu’à 4 000 €/mois selon les seuils qu’elle évoque) tout en étant eurodéputée bien rémunérée, issue d’un milieu où l’on fait des études internationales et où l’on peut se permettre des engagements humanitaires sans craindre pour son loyer. Le voilier n’est pas le scandale. Le scandale est l’écart structurel entre le discours et la trajectoire.
C’est le triomphe de la posture sur la cohérence. La gauche qui n’a jamais connu la vraie misère matérielle mais qui en parle avec le plus de conviction depuis les tribunes du Parlement européen et les voiliers corses.
La prochaine fois, peut-être, un vrai bateau de pêche pour aller réellement à la rencontre de ceux qu’elle prétend défendre.
Masterclass.
🇫🇷🌡️ Canicule: cette infographie montre l'augmentation de fréquence des vagues de chaleur en France depuis le début des statistiques de Météo-France, en 1947 ⤵️
@FrancoisCame raisonnement simpliste, les plateformes de livraisons ont développé une nouvelle économie et des emplois, font (sur)vivre de nombreux restaurants car les clients s'y rendent de moins en moins, les livreurs sont mal rémunérés car souvent exploités par un intermédiaire
⚫ Il est difficile de trouver les mots pour exprimer toute la tristesse que nous ressentons après la disparition de notre coach Éric Roy.
Le Président, la direction et l’ensemble du Stade Brestois 29 partagent la douleur de sa famille, de son épouse, de ses 2 enfants, ainsi que de tous ses proches.
Éric Roy était une personne inspirante qui a énormément apporté au Stade Brestois. Aimé et respecté des supporters, il a contribué à écrire les plus belles pages de l’histoire du club et lui a permis d’atteindre un niveau historique.
Tant de choses pourraient être dites aujourd’hui, mais c’est avant tout l’émotion et la peine de perdre un être cher qui nous envahissent.
Éric, nous n’oublierons jamais tout ce que tu as apporté au club, ni l’homme que tu étais. Tu resteras à jamais dans nos cœurs et dans l’histoire du Stade Brestois 29.
𝐊𝐞𝐧𝐚𝐯𝐨 𝐥𝐞 𝐊𝐢𝐧𝐠 👑