L’un de mes poèmes préférés est assurément celui de Constantin Cavafis, intitulé « Ithaque », qui dit que ce qui est important, c’est le voyage et non la destination. L’Odyssée est en cela un expérience nécessaire.
Le voici dans la traduction de Marguerite Yourcenar :
Quand tu partiras pour Ithaque, souhaite que le chemin soit long, riche en péripéties et en expériences.
Ne crains ni les Lestrygons, ni les Cyclopes, ni la colère de Neptune. Tu ne verras rien de pareil sur ta route si tes pensées restent hautes, s i ton corps et ton âme ne se laissent effleurer que par des émotions sans bassesse.
Tu ne rencontreras ni les Lestrygons, ni les Cyclopes, ni le farouche Neptune, si tu ne les portes pas en toi-même, si ton cœur ne les dresse pas devant toi.
Souhaite que le chemin soit long, que nombreux soient les matins d’été, où (avec quelles délices !) tu pénètreras dans des ports vus pour la première fois.
Fais escale à des comptoirs phéniciens, et acquiers de belles marchandises : nacre et corail, ambre et ébène, et mille sortes d’entêtants parfums. Acquiers le plus possible de ces entêtants parfums.
Visite de nombreuses cités égyptiennes, et instruis-toi avidement auprès de leurs sages. Garde sans cesse Ithaque présente à ton esprit. Ton but final est d’y parvenir,
mais n’écourte pas ton voyage : mieux vaut qu’il dure de longues années, et que tu abordes enfin dans ton île aux jours de ta vieillesse, riche de tout ce que tu as gagné en chemin, sans attendre qu’Ithaque t’enrichisse.
Ithaque t’a donné le beau voyage : sans elle, tu ne te serais pas mis en route. Elle n’a plus rien d’autre à te donner.
Même si tu la trouves pauvre, Ithaque ne t’a pas trompé. Sage comme tu l’es devenu à la suite de tant d’expériences, tu as enfin compris ce que signifient les Ithaques.
Entiendo que Dudamel estuvo ayer en Nueva York.
Me pareció verlo en la tele, pero supuse que había ido a Nueva York a visitar a su amigo Maduro y a llevarle serenata, como hizo con tanto entusiasmo otras veces mientras asesinaban muchachos o cerraban medios de comunicación.
"Cómo saber las voces
que se quebraron contra el vértigo liso
de tu piel.
Cómo decir la buena
palabra sin noche que esperabas.
Luis Pérez Oramas (Venezuela, 1960)
“Um dia a gente acorda e sente falta de coisas que não voltam mais. Pessoas, fases, instantes, versões de nós mesmos”.
Carlos Drummond de Andrade, poeta e contista.
Éric Rohmer explains why he didn't like his movies being screened at crowded theaters:
"If it depended only on me, instead of attracting people to my films, I would try to drive them away. I would tell them the films are more difficult than they really are, because I don’t like to deceive people, I like to show my films to people who can appreciate them.
I’m not interested in the number of spectators. Having said that, it’s true that a film is a commercial undertaking and ought to recover its costs. But as my films don’t cost much, I don’t think I need a very large audience, and I’ve always thought that they should be shown in theaters that aren’t too big. The intimate character of my films doesn’t suit a theater or an audience too large for them. And I don’t think they are suited to a mass reaction or a collective reaction. It’s better if the spectator feels he is experiencing a completely personal reaction to it.
Each reaction should be unique, individual, and different. I think the film is enjoyed better if the spectators aren’t sitting too near one another, if the theater isn’t too full, and they don’t know each other. Then each has a different reaction. That’s better than a theater where there’s a uniform reaction. I don’t like watching one of my films in public and it distresses me if everyone laughs in the same place, as my film wasn’t made with that in mind. I didn’t write something just to make everyone laugh at the same time. It’s all right if someone smiles, but it shouldn’t happen at exactly the same place in the film. Perhaps this is because my films are more like reading than like watching a spectacle; they are made more to be read like a book than seen like something on the stage. So it distresses me to see a collective reaction."
(Éric Rohmer's interview with Éric Rohmer, 1971)
Clip from:
La collectionneuse (1967)
Director: Éric Rohmer
"Debería agradecer el día
a quien haya
a Dios, pienso
por las cosas dadas
El sol sobre la fila
línea
el día, los días diciéndose
brizna, soplo
nada cierto, sólo
día que estás
y te sé"
Blanca Elena Pantin
(Venezuela, 1957)