Anthropologie du divin 🤔😇
N’est-ce pas étrange que dans la Bible, l’humain est tellement capable de tenir tête au divin, de lutter avec, et d’en sortir victorieux ?
Comme dans l’épisode de Jacob (Genèse 32) qui lutte avec un homme qui dans le même récit est présenté comme Dieu, et qui en ressort victorieux.
Cette capacité de l’homme à affronter le divin et à s’en sortir est d’autant plus réelle que pour le contenir, les Dieux doivent se liguer.
Genèse 3 : 22 dit : "Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous, pour la connaissance du bien et du mal. Empêchons-le maintenant d’avancer sa main, de prendre aussi de l’arbre de vie, d’en manger, et de vivre éternellement." Par conséquent dans la suite du récit, on oppose à l’homme non pas un, mais des chérubins armés d’épées flamboyantes pour lui barrer la route de l’arbre de Vie.
Le tête-à-tête ne saurait suffire face à un homme qui a traversé la frontière de la connaissance au point de discuter avec le divin. Son tropisme pour la contestation et l’argumentation est tellement fort qu’il renvoie Dieu à la vérité de sa propre nature de manière à ce que ce dernier ne saurait s’ignorer en l’homme.
Que dire de Moïse qui fait revenir Dieu sur sa décision de détruire Son peuple après l’adoration du veau d’or ?
De la Syrophénicienne qui retourne contre Jésus Son propre argument sur le pain des enfants et les miettes des chiens ?
D’Abraham qui marchande jusqu’à l’excès devant l’Éternel comme pour le dissuader d’accomplir Son dessein à Sodome ?
Tous ces personnages ont été bénis par Dieu pour être entrés en confrontation avec Lui.
L’homme serait-il à ce point imago Dei que Dieu s’y découvrant, s’y confond ?
Si la réponse est oui, l’homme est l’égal de Dieu. En nature. Pas en puissance.
Le combat n’est plus une confrontation littérale entre Dieu et l’humain en tant qu’antagonistes classiques. Plutôt, le divin confronté à sa possibilité humaine semble devoir lui concéder son bon droit : la capacité de celui-ci à aborder et à affronter l’Absolu.
Et vous ? Quelles relectures vous inspirent ces allégories ?
Cette lecture me parle surtout parce qu’elle révèle à quel point le rapport biblique à Dieu est moins passif que le christianisme que l’on nous enseigne souvent aujourd’hui. On nous demande d’ « accepter » notre réalité, de supporter la souffrance en silence et de remercier le Seigneur, comme si toute contestation de notre condition ou de l’injustice témoignait d’un manque de foi!!!
Pourtant quand on lit la Bible, Jacob lutte, Abraham négocie, Moïse intercède, Job interpelle Dieu, les prophètes dénoncent les puissants et même Jésus of all people renverse les tables!!! D’où vient donc cette école de la résignation?!!!
Accepter ce que l’on ne peut pas changer is one thing ; mais sacraliser une injustice que l’on pourrait combattre en est une autre. Étant moi-même culturellement catholique, I have always struggled with ce double standard que j’observe souvent dans l’Église : devant les injustices sociales alimentées par le capitalisme, on invoque trop facilement la patience, la souffrance et l’acceptation de notre condition. Mais dès qu’un gouvernement de gauche adopte une mesure contraire aux positions de l’Église, cette résignation disparaît soudainement : les mêmes fidèles sont appelés à protester, à manifester, à voter!!!
Cette fatalité semble donc n’être une vertu que lorsque l’ordre établi convient à l’institution: lorsqu’il la dérange, celle-ci redécouvre immédiatement les vertus du militantisme. Anyway, je digresse 😅
To get back on the main point: Cela me rappelle un motif présent dans certaines traditions chinoises et dans la littérature xianxia, que j’ai découvert notamment à travers Reverend Insanity : nì tiān gǎi mìng, « défier le Ciel pour changer son destin »
I want tot be clear here: ce n’est pas que toute la philosophie chinoise se résumerait à combattre le destin, mais celle que notre condition n’est pas forcément une condamnation à subir.
Je trouve cette intuition extrêmement salutaire!!! Lorsque le sort nous est défavorable, notre premier réflexe ne devrait pas toujours être de le sanctifier. La foi peut aussi consister à lutter, à transformer notre réalité et à refuser que l’ordre existant soit automatiquement confondu avec la volonté de Dieu 🤦🏿♂️
@WandjaN Je ne dis pas qu’ils étaient tous bons, mais en termes de qualité, de composition, de richesse artistique, beaucoup étaient de loin meilleurs. Et c’est justement pour ça que je suis curieux de voir quels artistes de la 5ᵉ génération peuvent réellement soutenir la comparaison.
Je suis curieux de voir quels artistes de la 5ᵉ génération, selon toi, sont réellement meilleurs que ceux qui ont marqué les années 70, 80 et 90. Parce qu’au fond, le débat ne devrait pas être une question de génération, mais de qualité, d’impact, de créativité et de longévité.
Le problème ici, c’est beaucoup plus un conflit de générations. Pour certains, le simple fait d’avoir été musicien dans les années 70, 80 ou 90 suffit à faire de quelqu’un une légende absolue.
Certains musiciens de la 5ᵉ gen tabassent certains anciens de la 1iere gen!
Ça va peut-être choquer certains, mais en termes de tubes à succès, de longévité et de rentabilité de carrière, tous ces critères réunis, aucun musicien congolais, depuis l’époque coloniale à aujourd’hui, n’est au-dessus de Koffi Olomide.