Les vignerons au bord du gouffre.
« Tout va disparaître lors des prochaines vendanges, ça me brise le cœur, car c’est moi qui ai planté tout ça. » C’est une fin cruelle pour Éric Merle, viticulteur à Mombrier (Gironde). « Personne ne veut acheter ça, c’est une catastrophe », ajoute-t-il. Après 43 ans de viticulture, il prépare sa dernière récolte avant d’arrachera tout — environ 21 hectares de vignes. Et après avoir vendu sa maison, il quittera même la région. « Ça me fera très mal de voir cette région se vider. Je ne pourrais pas le supporter. Je pourrais simplement retourner dans ma région d’origine et vivre de ma retraite, qui sera bien sûr modeste, mais c’est la vie. »
Autrefois, il y avait une vingtaine de vignerons sur ces coteaux. Aujourd’hui, il n’en reste plus que quatre. « Là-bas, c’est fini, tout a disparu. Avant, il y avait des vignes, des vignes, des vignes », déplore Éric Merle. La raison : le prix des bouteilles, qu’il vend par lots de 1 200, a triplé en quelques années. « Avant, on pouvait vendre environ 2 000 euros par fût. Maintenant, on vend 600 euros pour deux bouteilles. Je perds 40 000 euros chaque année, et ça dure depuis six ans », affirme-t-il. Son vin a pourtant reçu de nombreuses récompenses. Mais avant de s’endetter, il a décidé d’arrêter. « Mon fils et moi avons travaillé, peut-être plus que nécessaire, mais nous avons travaillé. Plus de la moitié des viticulteurs se trouvent dans la même situation que moi, voire pire. C’est triste de voir les vignobles bordelais disparaître », déclare Eric.
Voici le bilan du macronisme : les gens travaillent consciencieusement pendant la majeure partie de leur vie, mais à cause de la politique menée par l'État, ils se retrouvent ruinés et sont contraints de détruire ce à quoi ils ont consacré l'essentiel de leur vie.
Et cela ne concerne pas seulement les vignobles : peu à peu, nous sommes privés de nos propres produits au profit de produits étrangers bourrés de produits chimiques.