Nous souffrons du "tout faux"
Des jeunes qui courent dans tous les sens, sans pouvoir expliquer clairement les raisons de leurs luttes. Des bandits qui s'infiltrent et commettent des gaffes. Malgré le calme des forces de maintien de l'ordre, elles sont occupées, insultées, provoquées et obligées à réagir...
Dans tout ça, aucun parent n'est plus capable d'appeler ses enfants à la raison. Aucun chef communautaire ne parvient à contenir sa population. Aucun guide spirituel ne réussit à calmer ses fidèles.
Nous sommes tous dépassés. Et finalement, malheureusement (certainement), c'est la force publique qui va s'exercer pour ramener de l'ordre.
La vérité: nous avons tous echoué. Notre société souffre du "tout faux".
Presque, un peu partout. Le Chef traditionnel n'est pas celui que la population voulait et pouvait respecter. Celui qui est là, a acheté son pouvoir au coup de millions. Du coup, même s'il parle, personne ne s'exécute. Le Chef supérieur n'est pas forcément à la tête de la plus grande communauté. Il ne peut donc pas convaincre la majorité. Le leader politique de l'arrondissement, du département ou de la région n'est pas aimé. Parfois, il ne vit même pas dans son arrondissement, départment ou région. Il a acheté sa position à partir de Yaounde. Normal: il ne peut donc pas mobiliser les siens.
Tout est faux dans notre façon de faire, d'organiser notre société. Nous avons tout corrompu, tout politisé. Et maintenant, il y a nécessité de parler en personne "neutre". Ce profil manque. Ces leaders communautaires utiles, à l'écoute des leurs, qui pourraient aujourd'hui mobiliser et calmer "leurs enfants". Des gens à qui les jeunes feraient confiance par rapport à leur état de service au niveau local, et leur capacité d'écoute, leur proximité avec les cadets sociaux.
Notre pays doit désormais travailler pour propulser les gens vrais.
Le fait d'avoir baptisé tous les chefs traditionnels dans les partis politiques fait qu'ils ne peuvent plus parler avec neutralité et être écoutés. Puisqu'ils ont chacun un camp. Et les jeunes le savent.
Au-delà des peines réelles qui rongent chaque citoyen, et pour lesquelles aucun système n'apportera une solution d'une baguette magique, il faut réorganiser notre société autour des valeurs. Ce ne sont pas les jeunes qui le feraient. Les vieux, à tous les niveaux, doivent se repentir, se poser des vraies questions, se rattraper... Tout n'est pas que argent, fortune, immeuble, pouvoir...
À quoi sert-il à un homme d'être tout puissant dans son village, si personne ne pourra l'écouter au moment opportun?
Ce qui se passe, nous interpelle tous. Essayons de penser les solutions à tous les niveaux, pour sauver les acquis, améliorer certains aspects de notre commune et changer d'autres façons de faire...
Et aussi redéfinir, pour améliorer, la qualité de l'éducation de cette jeunesse, de plus en plus envieuse, portée vers la haine et attachée aux facilités...
Que Dieu protège notre pays.
Jonas Yedidia, Journaliste- écrivain. Entrepreneur social, originaire de l'Adamaoua
@yalphene J'ai compris mais l'insistance du *je suis a l'extrême Nord * me fait comme si tu décrivais un phénomène qui n'était que nordiste alors qu'on vie ça mm ici au sud du Cameroun donc c'est plus fréquent mm ici si on fait un ratio
@yalphene Et pour le chauffeur de moto pour moi tu décrit juste son un pain deux œuf les gens je ne vois pas l'intérêt à nous décrire sa famille je sens que tu es tombé sur le bon pain deux œuf 😂🤗