Je me souviens, j'aimais sans peur avec mon cœur de môme, je n'avais encore connu ni les mensonges, ni les silences, ni la lâcheté des hommes.
Et c'était doux d'aimer...
Je me souviens de ces vaches acrobates, accrochées à la pente, et le bruit de leurs cloches qui résonne encore longtemps après qu'elles ont disparu dans le rétroviseur...
Je me souviens de cette carte musicale qui était tombée derrière la cloison de bois, de la saloperie de pile qui voulait pas crever et de «joyeux anniversaire», en boucle, à devenir cinglé.
Je me souviens d'avoir dansé, seule dans le silence de ma chambre d'enfant, une valse qui n’existait pas aux bras d'un prince qui n'existait pas non plus.
Je me souviens du voisin qui sortait la sono tous les soirs à 20 heures et qui donnait des nouvelles du quartier et des encouragements au micro avant de balancer la chanson de Goldman en hommage aux soignants.