Elle s'appelait #Loana. Elle avait 10 ans et demi. Elle a disparu mardi à 17h30 à Sedan après la sortie de son collège.
Loana a été retrouvée avant-hier mercredi, violée, morte et baignant dans son sang. Le coupable a été arrêté.
Loana est morte dans l'indifférence totale des médias...
J’entre chez le fleuriste. Il est 19h30, il fait nuit, la place d’Italie grouille de gens pressés, les bouches de métro dégobillent des flots de mines exaspérées – c’est la grève – tout le monde se rue chez soi, et moi, je sors.
Dans la boutique, un jeune homme détaille les goûts et les couleurs préférées de sa mère : « Elle aime le violet et le rose. » La fleuriste quitte son guichet, se promène entre les bottes parfumées, les pots vides et les bouquets séchés, attrape quelques variétés aux noms immémorables, compose, et se retourne vers le client : « Comme ceci ? » Comme cela.
Derrière, un homme ausculte chaque pétale. Il hésite. Il consulte son téléphone. Il compare. Il est sans doute amoureux. Ou coupable.
Après moult tergiversations, le premier client s’en va enfin. Je m’avance et, sans réfléchir, lui commande deux bottes de roses blanches. Elle les dépose sur son plan de travail et m’interroge sur l’occasion de cette offrande. Machinalement, je lui réponds : « C’est pour déposer à un endroit où a eu lieu un crime. » Elle lève les yeux. Je baisse les miens. « Ce soir », me demande-t-elle. Oui, ce soir.
Je retourne à la voiture, dépose le bouquet sur le siège passager, saisis le volant avec une rage refoulée, ravale mes larmes en me jurant exagérément de les buter moi-même et démarre.
Il est 21h. Devant l’immeuble, une vision dramatiquement familière. Celle des bougies, des photos, des lettres et des fleurs. Une nature morte contemporaine. Comme d’habitude, il y a ceux qui s’arrêtent, ceux qui passent, ceux qui prient et ceux qui parlent. Et puis il y a cet enfant. Là, tout seul. Agenouillé devant le portrait de Lola. Isolé du vacarme, de la rumeur, des regards et des moqueries. Après avoir déposé son bouquet, John s’agenouille à côté de lui, le regard porté vers ce visage lumineux, celui de Lola. Et pendant quelques secondes, ce petit garçon au visage blème lui parle de cette amie qu’il ne reverra pas. Ils pleurent. Moi aussi. D’injustice, de compassion, d’impuissance et de haine. C'est la tristesse du justicier. Loin du trafic des émotions, du politiquement correct, du détournement des esprits, du calcul, du buzz, de la tactique… Une tristesses "légitime", celle qui s'abat sur tout homme. Mais les heures passent et les figurants se révèlent. Le soir de l'hommage rendu à Lola, il y a ceux qui se joignent aux larmes des Français et ceux qui se chauffent au bois de leur égocentrisme. En apprenant le retrait de certains "par conscience politique", "par pudeur" ou "par respect", je réalise à quel point le pouvoir rend les hommes faibles, lâches, fuyards. La mort d'un enfant ? Un électeur de moins.
Nous sommes le 20 octobre 2022. Dans un an, un autre homme mourra à la mi-octobre. Nous le savons déjà. Les bouquets sont prêts. Les discours aussi. Ça va bien se passer.
@veroniquegenest Moi je trouve ça ridicule qu'ils se battent pour un bout de terrain alors que gaza est sur le territoire israélien donc il faut leur laisser et le problème est réglé depuis bien longtemps et les palestiniens devraient l'accepter comme ça et qans rien dire !
Ces images sont insupportables . La sauvagerie des black blocs qui frappent avec des barres de fer . La peur panique du policier qui sort son arme de service et on peut comprendre ce réflexe . Tout cela est profondément affligeant . Mais le plus affligeant , derrière ces images choquantes , c’est l’absence de solution politique à l’horizon . #Marchedu23Septembre
@loisontom@KeraunosObs@Meteolor Bonsoir, puis-je publier vos photos sur la page météo (Meteo du Grand-Est) ? Et si oui possible d’avoir la localisation svp ?