#Mitterrand et la cohabitation : "ils n'auront pas une minute de mon septennat". Première cohabitation (1986-1988) avec Jacques Chirac marquée par de vives tensions politiques. La seconde, avec Édouard Balladur (1993-1995) dans un climat plus apaisé, quoique. @IFMitterrand@amis_mitterrand
📸 Mitterrand- Rocard 💥
Derrière cette image de sérénité se cache l'une des rivalités les plus célèbres de la Ve République photographiée par Patrick Hertzog en 1988.
Les relations entre les deux hommes ont toujours été difficiles. #Mitterrand, homme de stratégie et de pouvoir, se méfie de ce rival qui n'a jamais appartenu à son premier cercle. #Rocard, lui, supporte mal les arbitrages de l'Élysée et l'emprise présidentielle sur son action gouvernementale.
Pendant trois ans, le tandem fonctionne tant bien que mal. Rocard obtient des résultats importants : le RMI, la CSG et les accords de Matignon sur la Nouvelle-Calédonie. Mais les tensions ne disparaissent jamais.
Le 15 mai 1991, François Mitterrand met brutalement fin à l'expérience en le remplaçant par Édith Cresson. Pour beaucoup d'observateurs, cette décision vise autant à changer de cap politique qu'à empêcher Michel Rocard de s'imposer comme le successeur évident du mitterrandisme.
Cette photographie prend alors une dimension particulière. On y voit deux hommes marchant côte à côte. L'Histoire retiendra surtout qu'ils n'ont jamais véritablement suivi le même chemin.
Car dans ce duel feutré, c'est François Mitterrand qui conserve jusqu'au bout l'avantage. Maître du temps politique, il demeure le centre de gravité de la gauche française tandis que son plus sérieux rival est finalement écarté de Matignon en 1991.
La « province » de Fromantin : une fausse bonne idée pour la France
À chaque fois que la France traverse une période de doute économique ou institutionnel, certains ressortent la même recette : redessiner la carte administrative du pays. Cette fois, Jean-Christophe Fromantin propose de fusionner intercommunalités et départements dans une nouvelle collectivité baptisée « province ». Présentée comme une révolution de bon sens, cette idée ressemble surtout à une nouvelle couche de complexité habillée sous les atours de la modernité.
Le premier problème est celui du diagnostic. La France souffre-t-elle réellement d'un manque de collectivités ? Non. Elle souffre surtout d'une inflation normative, d'une centralisation persistante de la décision publique et d'un manque de visibilité sur les responsabilités de chacun. Changer les noms et les périmètres administratifs ne résoudra aucun de ces maux.
Le département, en particulier, reste un acteur essentiel de la cohésion territoriale. Il gère les collèges, les routes, l'aide sociale, la protection de l'enfance ou encore l'accompagnement des personnes âgées. Son action est connue et identifiée par les citoyens. Pourquoi supprimer une institution comprise de tous pour la remplacer par une entité nouvelle dont personne ne perçoit aujourd'hui ni l'utilité ni les contours ?
Quant aux intercommunalités, elles ont déjà fait l'objet de multiples réformes. Leurs périmètres ont été modifiés, leurs compétences élargies, leur gouvernance adaptée. Avant même d'avoir évalué les effets de ces transformations successives, faudrait-il déjà tout recommencer ? Les élus locaux et les agents territoriaux ont besoin de stabilité, pas d'une réforme permanente.
L'argument des économies mérite également d'être examiné avec prudence. L'histoire récente des réformes territoriales françaises montre qu'aucune fusion institutionnelle n'a produit les gains spectaculaires promis. Les regroupements génèrent souvent des coûts de transition considérables : harmonisation des statuts, réorganisation des services, refonte des systèmes informatiques, nouvelles structures de gouvernance. Pendant des années, l'énergie des collectivités est mobilisée par leur propre réorganisation plutôt que par le service rendu aux habitants.
Plus fondamentalement, cette proposition traduit une vision technocratique de l'aménagement du territoire. Comme si la vitalité économique d'un pays dépendait d'abord de ses découpages administratifs. Or les véritables enjeux sont ailleurs : réindustrialisation, compétitivité, logement, formation, sécurité, maîtrise de la dépense publique et simplification réglementaire. Aucun entrepreneur n'investit davantage parce qu'un département change de nom pour devenir une « province ».
La France n'a pas besoin d'une nouvelle révolution cartographique. Elle a besoin de collectivités stables, identifiées et responsables, capables d'agir efficacement au service des habitants. À vouloir sans cesse redessiner les institutions, on finit par oublier l'essentiel : ce ne sont pas les structures qui font la réussite d'un territoire, mais les politiques publiques qui y sont menées.
La « province » de Jean-Christophe Fromantin apparaît ainsi comme une réforme séduisante sur le papier, mais largement déconnectée des priorités réelles du pays. Une fausse bonne idée de plus dans le long feuilleton du mille-feuille territorial français.
@JMCambaceres@jmcsolal Affirmatif... j'ai quelques anecdotes savoureuses qu'on se racontera entre nous à l'occasion dont la mésaventure qui arriva entre Rocard et le chef du gspr....
@mael_lgt62@GUIGO_PE Mael je suis d'accord mais je ne vais pas comparer un ouvrage universitaire aux réseaux. Je classe le 1er très au dessus du second.
Je referme le livre "Mitterrand", publié aux Presses universitaires de France de Judith Bonnin et Pierre-Emmanuel @GUIGO_PE.
Ce n'est pour une fois, ni une nouvelle somme biographique ni une entreprise de démolition. L'ambition est plus subtile : revenir sur François #Mitterrand à la lumière des recherches historiques les plus récentes et mesurer ce que plusieurs années d'ouverture d'archives ont changé dans notre compréhension du personnage. Pari audacieux.
Rares sont les figures politiques françaises dont la mémoire demeure aussi disputée. Pour les uns, Mitterrand reste l'artisan de l'alternance de 1981, le dernier président capable de concilier culture du pouvoir et vision historique. Pour les autres, il incarne les ambiguïtés de la gauche au pouvoir, les renoncements économiques et une pratique monarchique de la Ve République.
Entre ces deux images contradictoires, le livre cherche une troisième voie : celle de l'histoire. Pourquoi pas ! L'un de ses principaux mérites réside dans sa capacité à synthétiser une masse considérable de travaux universitaires souvent dispersés.
Les auteurs montrent comment Mitterrand a construit sa propre légende, maîtrisé sa communication et façonné sa postérité avec une habileté exceptionnelle. L'homme apparaît moins comme un idéologue que comme un stratège, capable d'adapter son discours aux circonstances, tout en conservant une remarquable cohérence dans sa conquête du pouvoir. Heureusement !
Les épisodes les plus controversés – son passage au commissariat des prisonniers à Vichy, les "affaires" de la présidence ou encore le "tournant de la rigueur" – sont replacés dans une perspective historique plus large. Le livre rappelle utilement que la compréhension d'un acteur politique ne se réduit ni à ses succès ni à ses fautes. Pas d'anathèmes donc mais pas de fascination non plus. Normal.
Toutefois, cette volonté d'équilibre constitue également la principale limite de l'ouvrage. À force de rechercher la juste distance, les auteurs peinent parfois à prendre position. Car si l'histoire n'est jamais neutre, elle peut être juste.
Aussi, j'ai parfois eu l'impression d'assister à une cartographie des débats historiographiques plutôt qu'à une interprétation forte de l'héritage mitterrandien. Là où les grandes biographies de Jean #Lacouture ou les enquêtes de Pierre #Péan imposaient une vision, les auteurs - c'est leur droit - ont privilégié la prudence. Est-ce le format relativement bref du livre qui accentue cette impression ? En un peu plus de deux cents pages, les auteurs réussissent une remarquable synthèse, mais au prix d'une certaine densité analytique.
Certains épisodes majeurs de la présidence Mitterrand auraient mérité des développements plus substantiels. Les lecteurs déjà familiers du personnage n'y trouveront sans doute ni révélations, ni bouleversement interprétatif. Faut-il le regretter ? Probablement pas. Car la force du livre réside précisément dans ce refus du sensationnalisme. À une époque où l'histoire politique est souvent réduite à des jugements moraux ou à des querelles mémorielles, ce livre "Mitterrand" rappelle l'utilité d'une démarche fondée sur les sources, les archives et le débat scientifique.
Au final, cet ouvrage n'est peut-être pas la biographie définitive de François Mitterrand. Il est cependant l'un des meilleurs instruments actuellement disponibles pour comprendre comment l'histoire contemporaine regarde aujourd'hui celui qui demeure, trente ans après sa disparition, l'une des figures les plus discutées et les plus influentes de la vie politique française.
@IFMitterrand@amis_mitterrand
@GUIGO_PE Ce n'est pas de vous dont je parle @GUIGO_PE mais de l'actuelle direction du parti. Et d'une publication faite récemment qui fait sourire.....jaune 😁
Lettre ouverte à @PierreGattaz à propos de son aversion pour François Mitterrand ✍️
Cher Pierre Gattaz,
Vous avez récemment qualifié lors d'une interview, François Mitterrand de « catastrophe absolue ». Une telle affirmation mérite mieux qu'un slogan.
Car enfin, de quel François Mitterrand parlez-vous ? De celui qui hérite en 1981 d'une économie déjà frappée par deux chocs pétroliers, une inflation supérieure à 13 %, un chômage en forte hausse et une crise industrielle qui touche l'ensemble du monde occidental ?
Ou de celui qui aurait, selon votre récit, inventé à lui seul tous les problèmes économiques de la France ? Votre démonstration souffre d'abord d'un problème de mémoire. Vous associez François Mitterrand aux 35 heures alors qu'elles ont été instaurées près de vingt ans plus tard par le gouvernement Jospin.
Vous évoquez le « tournant de la rigueur » comme la preuve d'un échec total sans rappeler que la croissance est restée positive et que les principales réformes sociales de 1981 ont été maintenues. Vous critiquez les nationalisations de 1982 mais oubliez celles de 1945 qui ont permis de construire une grande partie de l'appareil industriel français d'après-guerre.
Vous présentez enfin la retraite à 60 ans ou la cinquième semaine de congés payés comme les causes du déclin français alors que l'ensemble des pays occidentaux ont été confrontés aux mêmes bouleversements liés à la mondialisation, à la financiarisation et aux transformations technologiques.
En réalité, votre lecture de l'histoire est une lecture à trous. Elle retient les faits qui confortent votre idéologie et oublient ceux qui la contredisent.
Mais il existe une autre question. Vous avez dirigé le MEDEF ? Vous avez défendu pendant des années une politique de baisse du coût du travail, d'allégements de charges et de soutien massif aux entreprises.
Vous avez même associé votre mandat à une promesse devenue célèbre : un million d'emplois. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ?
Pouvez-vous démontrer que les politiques que vous défendiez ont effectivement créé ce million d'emplois ?
Pouvez-vous identifier une réforme durable ayant transformé la société française avec la même profondeur que la décentralisation, l'abolition de la peine de mort ou les grandes avancées sociales des années Mitterrand ?
L'histoire est parfois sévère. Quarante ans après, les réformes de François Mitterrand structurent encore la vie quotidienne de millions de Français.
La cinquième semaine de congés payés existe toujours. La décentralisation existe toujours. L'héritage politique de Mitterrand existe toujours.
Votre promesse d'un million d'emplois, elle, demeure un objectif dont personne n'a jamais pu établir sérieusement qu'il avait été atteint grâce aux recettes que vous préconisiez.
Vous avez parfaitement le droit de critiquer François Mitterrand. Mais avant de parler de « catastrophe absolue », il faudrait peut-être accepter que l'histoire juge aussi ceux qui prétendent la commenter.
#economie #politique #social
@IFMitterrand@amis_mitterrand
Et j'ajouterai surtout si on le laisse penser et que l'on défend mollement Mitterrand y compris lorsqu'il mériterait de l'être davantage. Il n'est pas demandé de dire que tout a été parfait. J'aurai l'occasion de vous contacter pour parler de tout cela à la lecture de votre ouvrage par ailleurs intéressant