🔴 Je vis à Moscou et je lis quotidiennement la presse russe.
Ce que BFM présente comme un scénario de quasi-faillite russe ressemble surtout à un récit construit à partir d’éléments réels, mais assemblés de manière trompeuse, comme BFM sait si bien le faire !
Oui, la partie liquide du Fonds national de richesse russe diminue. Oui, Moscou émet davantage d’OFZ, c’est-à-dire des obligations d’État en roubles, pour financer son budget. Ce sont des tensions budgétaires réelles.
Mais parler de « réserves d’or fondues » est imprécis : il ne s’agit pas des réserves internationales de la Russie, mais de l’or logé dans le Fonds national de richesse. Les réserves internationales russes étaient encore autour de 748,7 milliards de dollars fin mai.
Quant à l’expression « Moscou lorgne l’épargne des Russes », elle est trompeuse. Le fait établi, c’est une hausse du recours à la dette intérieure. Ce n’est ni une confiscation des comptes bancaires, ni une ponction directe sur l’épargne des ménages !
Pendant que BFM installe l’idée d’un État russe à sec, la Russie revendique au SPIEF sa place de deuxième producteur mondial d’or, et le Minfin annonce des achats de devises et d’or pour 208,2 milliards de roubles en juin-juillet.
Bref : il y a des tensions budgétaires réelles en Russie, personne de sérieux ne le nie. Mais le récit d’un « Moscou à sec » qui s’apprêterait à prendre l’argent des Russes n’est pas une analyse économique sérieuse.
C’est une présentation orientée, qui transforme un sujet technique de finances publiques en récit anxiogène.