Il y a, dans l’écriture manuscrite, une forme d’intimité qui dépasse le message que nulle police numérique ne saurait imiter. Prenez le temps d’écrire à la main à ceux que vous aimez. Un jour, dans un tiroir ou entre les pages d’un livre, ils retrouveront un peu de vous.
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Noémie, âgée de 17 ans, a disparu depuis le 01/05/2026 à #Champagnole (39). #EnfantDisparu#RetrouvonsLes
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PORTRAIT D’ÉCRIVAIN : CAMUS
Albert Camus naît le 7 novembre 1913 à Mondovi, en Algérie, dans une famille de colons. Son père, ouvrier caviste, meurt à la guerre un an plus tard. Sa mère, d’origine espagnole, s’installe à Alger, où elle élève ses deux fils dans une pauvreté silencieuse marquée par le mutisme et l’illettrisme. De cette enfance entre la misère des quartiers populaires et l’éclat brutal des paysages méditerranéens naîtra l’une des grandes tensions de son œuvre : décrire ensemble la conscience du malheur humain et la splendeur du monde. L’école communale, puis le lycée d’Alger, grâce au soutien décisif de son instituteur Louis Germain, lui ouvrent les portes d’une culture dont son origine sociale semblait devoir l’exclure.
Après des études de philosophie contrariées par les premières atteintes de la tuberculose, maladie qui l’accompagnera toute sa vie, Camus s’engage dans le journalisme et le théâtre de combat. En 1934, il épouse Simone Hié, dont la dépendance aux stupéfiants provoque une rupture rapide. Il se remarie en 1940 avec Francine Faure, pianiste et mathématicienne, qui lui donnera des jumeaux, Jean et Catherine. Cette existence vouée à la création est bientôt traversée par une fracture géographique et politique : Camus quitte l’Algérie en 1940, s’établit à Paris en pleine Occupation et rejoint la Résistance, devenant rédacteur en chef du journal clandestin « Combat ».
À vingt-neuf ans, il publie « L’Étranger » (1942). Le roman raconte l’histoire de Meursault, un employé de bureau algérois qui traverse l’existence avec une indifférence apparente, avant de commettre un meurtre absurde sur une plage. Au fil des pages, son refus des conventions sociales, du mensonge moral et des émotions attendues le conduit à sa perte. Une sensibilité nouvelle apparaît : sèche, nue, presque aveuglante. Le livre impose rapidement Camus comme une voix majeure. La même année, avec « Le Mythe de Sisyphe » (1942), essai philosophique rigoureux, il donne une forme à la notion d’absurde : l’homme cherche du sens dans un monde qui n’en a aucun.
La Seconde Guerre mondiale provoque chez lui une mutation éthique. Il ne s’agit plus seulement de constater l’absurde, mais de lui répondre par une morale de la solidarité. De cette évolution naît « La Peste » (1947). Dans le huis clos d’Oran frappée par l’épidémie, le docteur Rieux et ses compagnons luttent ensemble contre un fléau invisible. La maladie devient l’allégorie de l’Occupation, mais aussi celle d’un mal plus vaste, à la fois politique, moral et métaphysique. En 1951, avec « L’Homme révolté », Camus signe un essai âpre, qui provoque sa rupture définitive avec Jean-Paul Sartre et les intellectuels marxistes. En dénonçant les dérives totalitaires des révolutions communistes, il défend une révolte mesurée, fidèle à l’humain, hostile aux abstractions qui finissent par justifier le meurtre.
En 1957, le prix Nobel de littérature consacre sa place dans le monde des lettres. À Stockholm, dans son célèbre « Discours de Suède », prononcé la même année, Camus donne une leçon de style, de tenue et de clarté. Il rejette l’écrivain installé au-dessus du monde, séparé des douleurs communes. Pour lui, l’artiste ne vaut que s’il reste lié à ceux qui subissent l’Histoire, à ceux qui n’ont pas toujours les mots pour se défendre. Ce discours, bref, ferme, sans pose, demeure un modèle du genre : une manière de dire que la #littérature n’est ni un refuge pur ni un tribunal, mais un sacerdoce à la vérité et à la justice.
En 1954, Camus, déchiré par le conflit d’Algérie, sa terre natale, s’enfonce dans une solitude douloureuse. Son refus de choisir entre le terrorisme nationaliste et la répression coloniale lui vaut l’incompréhension de son époque et annonce les fractures de sa postérité. Aujourd’hui, son œuvre fait l’objet de relectures critiques nourries par les études postcoloniales et les débats contemporains sur l’héritage colonial. Ses détracteurs lui reprochent les angles morts de son humanisme : le silence, l’effacement ou l’allégorisation des figures arabes dans ses récits algériens, parfois perçus comme les traces d’une conscience coloniale qui ne se reconnaît pas elle-même.
Ses dernières années se passent dans le Luberon, à Lourmarin. Avec « La Chute » (1956), confession ironique d’un avocat parisien qui ausculte sa propre culpabilité avant d’y entraîner toute l’humanité, Camus retrouve un ton plus sombre, plus grinçant. Il travaille ensuite à un roman autobiographique, « Le Premier Homme », lorsque sa trajectoire se brise net.
Albert Camus meurt brutalement le 4 janvier 1960 dans un accident de voiture à Villeblevin. Son éditeur et ami Michel Gallimard, qui conduisait le véhicule, mourra cinq jours plus tard des suites de ses blessures. Camus laisse une œuvre tendue, lumineuse et inquiète, dont la clarté apparente continue d’être interrogée par l’Histoire, par la politique, et par cette tendance contemporaine à juger les morts avec les critères des vivants.
Dans le mythe de la caverne de #Platon, les prisonniers enchaînés ne voient du monde que des ombres projetées sur la paroi qu’ils prennent pour la réalité. L’un d’eux, qui s’est libéré, découvre la sortie de la caverne et le monde dans sa réalité. Il comprend alors que les ombres n’étaient qu’illusion. Revenu dans la caverne pour prévenir les autres, il n’est pas cru.
Aujourd’hui, les écrans de nos portables sont les ombres de la caverne : nous croyons voir le monde, mais nous ne voyons que des fragments sélectionnés, accélérés, mis en scène et surtout personnalisés en temps réel par des #algorithmes pour maximiser notre temps d’attention et nos émotions.
Ce n’est plus une même illusion pour tous, mais une caverne sur mesure, calibrée par des #IA pour que nous ne voulions jamais en sortir.
@ThereseBaillard Il me fait penser à une école militaire. Très droit..Très sobre. Vraiment pas accueillant. Bonne semaine Thérèse dans la chaleur ☀️🌷🦋☀️
PORTRAIT D’ÉCRIVAIN : MANN
Thomas Mann naît le 6 juin 1875 à Lübeck, en Allemagne, dans une famille de grands commerçants. Son père est sénateur de la ville hanséatique ; sa mère, née à Rio de Janeiro, apporte au foyer une sensibilité plus ouverte aux arts. De cette enfance partagée entre la discipline bourgeoise du Nord et un imaginaire plus libre naîtra l’une des grandes tensions de son œuvre : le conflit entre l’ordre et le désir.
Après la mort de son père et le déclin de la maison familiale, Thomas Mann s’établit à Munich. En 1905, il épouse Katia Pringsheim, issue d’une riche famille juive de la bourgeoisie cultivée de Munich. Ils auront six enfants, dont plusieurs occuperont à leur tour une place dans la vie littéraire et intellectuelle allemande. Cette existence, si régulière en apparence, ne fut pourtant pas sans trouble. Les carnets de Mann, publiés après sa mort, révèlent son homosexualité, qu’il éprouva longtemps dans une tension douloureuse entre le désir et la discipline bourgeoise dont il avait hérité. Cette division intime devait marquer son œuvre et lui donner une part de sa profondeur.
À vingt-six ans, Thomas Mann publie « Les Buddenbrook ». Paru en 1901 et sous-titré « Le Déclin d’une famille », ce livre retrace l’histoire de négociants de Lübeck dont la fortune et l’autorité s’effritent peu à peu. Au fil des générations, le goût des arts se substitue à la discipline du commerce, annonçant la fin d’un monde. Le succès est immense et installe d’un coup l’auteur au sommet de la littérature allemande.
Deux ans plus tard, avec « Tonio Kröger », il revient sur ce contraste entre vie ordonnée et condition d’artiste, avant de lui donner un tour plus grave en 1912 dans « La Mort à Venise ». Gustav von Aschenbach, écrivain célèbre et maître de lui-même, y découvre un adolescent à la beauté bouleversante. Dès lors, sa sérénité se brise. Mann montre alors, avec une simplicité terrifiante, comment le désir peut ébranler une existence bâtie sur la rigueur et la volonté, faisant ainsi discrètement écho à ses propres inclinations.
La Première Guerre mondiale provoque chez lui une crise profonde, rendue plus vive encore par son affrontement avec son frère Heinrich. En 1918, il publie « Considérations d’un apolitique », essai âpre et conservateur, où il défend encore l’idée d’une Allemagne spirituelle opposée à la démocratie occidentale. Il s’en éloignera peu à peu. De cette fracture naît « La Montagne magique » (1924). Dans le huis clos d’un sanatorium suisse, le jeune Hans Castorp traverse sept années d’apprentissage, au milieu des idées qui divisent l’Europe. La maladie y devient l’image d’une civilisation brillante, mais fatiguée. En 1929, le prix Nobel de littérature vient consacrer la place de Thomas Mann dans le monde des lettres.
Très tôt opposé au national-socialisme, Mann s’exile en 1933 en Suisse, puis aux États-Unis, où il devient l’une des voix majeures de l’émigration allemande. Pendant ces années, au contact d’exilés comme Adorno, Schoenberg ou Brecht, il s’interroge sur le rôle des artistes face à l’Histoire. En même temps, il achève la tétralogie « Joseph et ses frères » (1933-1943), relecture humaniste du mythe biblique, pensée pour faire barrage aux mensonges totalitaires.
Avec « Le Docteur Faustus » (1947), il signe son œuvre la plus sombre. À travers le compositeur Adrian Leverkühn, qui pactise avec la maladie et le diable pour réinventer la musique, Mann livre une allégorie poignante du destin allemand au XXe siècle. Sa prose devient alors un réquisitoire.
Ses dernières années se passent en Suisse. Thomas Mann y retrouve un ton plus léger avec « Les Confessions du chevalier d’industrie Félix Krull », publié en 1954. Il avait commencé ce roman dès 1911. L’artiste y prend les traits d’un charmant imposteur, habile à se composer lui-même comme une œuvre.
Thomas Mann meurt le 12 août 1955 à Zurich. Il laisse une œuvre immense, traversée par les mêmes questions : la fragilité de l’ordre bourgeois, les séductions de l’art, les troubles du désir et les menaces de l’Histoire.
Les réseaux sociaux nous apprennent à réagir, juger et s’indigner. La #littérature nous enseigne à ralentir, analyser et nuancer. Toute la civilisation tient peut-être dans cet écart.
@ThereseBaillard C'est devenu de plus en plus rare de voir de si beaux moulins en si bon état. Celui-ci est tout simplement splendide. Merci Thérèse et bon week-end à vous 🌷🦋☀️
@7559pr D'accord avec vous Philippe. Ses interventions radio/télé passionnent des millions de personnes dont mon mari. Rien n'est jamais parfait dans un parcours quelqu'il soit.