🔴 DEBUNK | Il y a une fascination très française pour Gabriel Zucman, que nos matinales s'arrachent. Sauf qu'en grattant un peu, le vernis académique craque.
Dans Les Echos, Sylvain Catherine (Wharton) vient de pulvériser les deux piliers de la réthorique de Zucman.
🔹 Le système fiscal français serait "régressif" : les ultra-riches paieraient proportionnellement moins que les classes moyennes.
🔹 Les inégalités de patrimoine auraient explosé : la fortune des plus riches serait passée de 6% à 46% du PIB en trente ans.
En fait... C'est faux!
L'occasion de rappeler deux faits que notre presse préfère curieusement ignorer.
D'abord, Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor démocrate de Bill Clinton, juge les données de Zucman "substantiellement inexactes et trompeuses".
Ensuite, en 2020, c'est l'Université d'Harvard qui a bloqué son recrutement. Le motif, rapporté par le New York Times : la crainte que sa rigueur scientifique ne soit pas à la hauteur de son activisme médiatique.
Une idéologie fondée sur des chiffres faux mène toujours à une impasse. Il serait peut-être temps de varier un peu les invités sur les plateaux télé.
🔴 COCORICO | SoftBank vient d'annoncer un investissement colossal de 75 milliards d'euros en France pour des data centers IA.
Pendant des décennies, on nous a expliqué avec le plus grand sérieux que notre parc nucléaire était un fardeau embarrassant dont il fallait se délester au plus vite. Ironie féroce : c'est aujourd'hui notre principal, voire notre seul, véritable argument d'attractivité industrielle.
Exporter notre électricité décarbonée vers l'Allemagne pour qu'elle fasse tourner ses usines, plutôt que de l'utiliser pour créer de la valeur ajoutée sur notre sol, porte un nom. C'est très exactement le modèle économique des pays du tiers-monde avec leurs matières premières : brader une rente énergétique brute au lieu de la transformer.
Cette lucidité économique ne vient d'aucun planificateur local. Il aura fallu qu'un investisseur japonais traverse la planète pour comprendre la valeur stratégique de nos centrales, bien avant nos propres dirigeants. Le coût de cet aveuglement d'État est vertigineux.
Article de France Info en commentaire
🔴 ÉCHEC | Duralex résume à elle seule l’impasse française.
Notre pays adore cette histoire : des salariés reprennent leur usine, deviennent copropriétaires, sauvent un fleuron national et prouvent qu’on peut se passer de patrons, d’actionnaires et du capitalisme classique. Le problème... c’est que Duralex n’a survécu ces dernières années qu’à coups de prêts d’État, d’aides publiques, de garanties des collectivités et de commandes institutionnelles.
En effet, derrière le joli mythe médiatique, la réalité Duralex c'est :
- 14 hectares du site achetés par Orléans Métropole pour 5,5 M€ afin de financer la reprise
- Un prêt de 1M€ accordé par la région Centre-Val-de-Loire
- Un fonds de garantie avec Bpifrance
- Une garantie bancaire de 3M€ par l'État
- Près de 700 000€ d'aides publiques
- Un prêt FDES de 750 000€
- Un besoin d'investissement de 17M€ pour moderniser l'usine
Que reste-t-il de l'indépendance quand on est dépendant de l'argent public pour compenser l'absence de rentabilité ?
Et si l'élan de solidarité des Français pour Duralex révélait au fond un vieux fantasme dont notre pays est captif ? La France rêve d’une industrie rayonnante... mais sans profits. D’usines... mais sans investisseurs. D'emplois... mais sans destruction créatrice. Elle veut conserver les symboles du capitalisme industriel tout en refusant ses règles économiques.
Duralex n’est pas seulement une entreprise : c'est une métaphore nationale.
Il est historiquement indéniable que l'Etat a méthodiquement étouffé les corps intermédiaires et creusé le vide social qu'il prétend aujourd'hui réparer.
Cependant, là où notre lecture diverge, c'est sur la nature exacte des monopoles technologiques actuels. Votre analyse postule que ces monopoles ne survivent que grâce aux barrières érigées par la puissance publique (loi positive, réglementations, création monétaire), et qu'un véritable laissez-faire suffirait à les disloquer par le simple jeu de la concurrence naturelle.
Or l'économie de l'intelligence artificielle obéit à des dynamiques inédites. Les effets de réseau absolus et la concentration massive du capital cognitif créent des rentes de situation d'une nature nouvelle. Les géants de la tech ne sont plus de simples acteurs bénéficiant d'un capitalisme de connivence ; ils sont devenus des quasi-Etats, exerçant un pouvoir de fait sur l'espace public, dictant les algorithmes de visibilité et imposant, en privé, leur propre architecture morale.
Face à ce nouveau Léviathan privé, la subsidiarité, à l'instant T, est tragiquement désarmée. Une famille, une association ou une communauté locale ne disposent d'aucun levier d'action proportionné face à la puissance d'un modèle d'IA entraîné sur des milliards de données à l'autre bout de la planète. L'action locale est indispensable, mais elle est asymétrique face à une domination infrastructurelle globale.
Faire appel à l'Etat dans ce contexte précis, dans une optique ordolibérale, ce n'est pas lui confier la définition du bien commun ni le sanctifier. C'est l'utiliser dans sa fonction la plus stricte : l'Etat comme force de frappe anti-trust. Il s'agit d'utiliser le seul instrument disposant aujourd'hui de la masse critique et du pouvoir coercitif nécessaires pour démanteler ces empires, casser les rentes algorithmiques et restaurer les conditions d'un marché véritablement libre et ouvert.
Il ne s'agit donc pas de demander à l'Etat de construire la subsidiarité à notre place. Il s'agit d'assumer un rapport de force : utiliser la puissance publique comme un bélier pour briser le monopole technologique, précisément afin que nos corps intermédiaires puissent retrouver un terrain de jeu où ils auront de nouveau la liberté et l'espace pour exister.
🔴 MAGNIFICA HUMANITAS | L'Église vient d'entrer en guerre contre les nouveaux oligarques de la tech
👉 C'est la plus grande réponse religieuse à l'IA de l'histoire, et voici pourquoi elle intéresse autant les libéraux que les conservateurs.
Le 25 mai, le pape Léon XIV a publié Magnifica Humanitas, la première encyclique intégralement consacrée à l'intelligence artificielle. Pour en saisir la portée, un détour historique s'impose.
🔙 Le 25 mai 1891, le pape Léon XIII publiait Rerum Novarum — « les choses nouvelles ». Face aux ravages de la révolution industrielle sur la dignité ouvrière, il posait les bases de la doctrine sociale de l'Église. Mais attention, Rerum Novarum n'est pas une critique du capitalisme. C'est une défense de la propriété privée et de la responsabilité individuelle contre deux menaces simultanées — l'exploitation sans limites du travailleur par le capital, et la réponse socialiste qui, en abolissant la propriété et la liberté économique, détruit précisément ce qu'elle prétend protéger. Léon XIII proposait une troisième voie : ni le laisser-faire sauvage, ni la lutte des classes.
⏩ Jean-Paul II, le pape de l'effondrement du communisme, viendra un siècle plus tard confirmer ce cap : il reconnaissait dans Centesimus Annus « le potentiel positif du marché et de l'initiative privée », à condition qu'ils restent soumis à la loi morale. Ces deux pontificats ont ensemble fermé la porte au socialisme et fixé les limites du capitalisme dérégulé.
⏩ Le 15 mai 2026, 135 ans plus tard, jour pour jour : Léon XIV signe Magnifica Humanitas. L'écho n'est pas fortuit. L'enjeu a simplement changé de nature.
Le péril n'est plus la concentration du capital physique, mais celle du capital cognitif (données, puissance de calcul, algorithmes). Une poignée d'acteurs privés concentre aujourd'hui une puissance de feu supérieure à celle de la plupart des États souverains. Le §5 de l'encyclique dresse un constat implacable : ce n'est plus de la technologie, c'est de la géopolitique.
Sur le plan intellectuel, le texte est d'une cohérence libérale redoutable. Il réhabilite le principe de subsidiarité : ce qu'un individu, une famille ou un corps intermédiaire peut accomplir ne doit pas être absorbé par une mégastructure, qu'elle soit étatique ou corporatiste. L'encyclique défend la dignité ontologique de la personne contre sa réduction algorithmique à un simple score de performance.
Surtout, en dénonçant nommément les « nouveaux monopoles de l'IA » (§109), elle ne cède pas à l'égalitarisme. Elle pointe un fait économique majeur : la rente monopolistique asphyxie la concurrence, confisque la liberté de choix et privatise des règles qui devraient relever de la délibération publique. Un authentique libéral ne peut qu'y souscrire.
L'image de la présentation officielle au Vatican, le 25 mai, est tout aussi vertigineuse.
Aux côtés du pape siégeait Christopher Olah, cofondateur d'Anthropic (Claude AI) et figure de proue mondiale de l'interprétabilité des modèles. Ce n'était pas une banale opération de communication. Depuis février, Anthropic affronte l'administration Trump devant les tribunaux fédéraux, l'entreprise ayant été classée comme « risque pour la chaîne d'approvisionnement » — une catégorie réservée aux adversaires étrangers — pour avoir refusé d'intégrer son modèle Claude à des armes autonomes ou de surveillance massive. L'inviter à Rome au moment même où les plaidoiries résonnent à Washington est un acte politique majeur. Le Vatican a choisi sa ligne de front.
Le discours d'Olah ce jour-là fut d'une grande lucidité. Il a admis que ses propres équipes observent, au cœur des réseaux de neurones, des phénomènes émergents troublants — des représentations spontanées de la peur, de la joie ou du désespoir, qui n'ont jamais été programmées. Son constat est sans appel : les laboratoires d'IA ne peuvent pas être juges et parties.
(1/2)
@mazanz Votre article est très intéressant, mais je trouve qu'il tire sur la mauvaise cible.
Quand il critique la DSE, il vise surtout le Compendium de 2004 et les développements postérieurs — pas Rerum Novarum elle-même. La distinction importe.
Rerum Novarum (1891) n'est pas un texte interventionniste. C'est l'inverse : une défense explicite de la propriété privée, un rejet ferme du socialisme et de la lutte des classes, et un appel à la responsabilité individuelle encadrée par la morale. Jean-Paul II, le pape de l'effondrement du communisme, l'a confirmé un siècle plus tard dans Centesimus Annus : oui au marché et à l'initiative privée, à condition qu'ils restent soumis à la loi morale.
Or la voie tracée par Rerum Novarum (ni exploitation sans limite, ni collectivisme) n'a pas freiné le capitalisme. Elle l'a rendu viable. Les démocraties chrétiennes d'après-guerre, l'économie sociale de marché allemande, les Trente Glorieuses : c'est précisément parce que le capitalisme occidental a intégré les garde-fous moraux de 1891 qu'il a produit la plus grande réduction de la pauvreté de l'histoire (et évité les révolutions qui ont emporté les régimes qui ne l'avaient pas fait).
Finalement, ce que cherche à faire l'Eglise c'est avant tout à trouver la ligne de crête, l'équilibre sans lequel toute idéologie s'effondre sur elle-même. Qu'en pensez-vous?
Par ailleurs, votre article est d'une grande justesse. Vous pointez avec précision que la véritable réponse à la concentration du pouvoir technologique se trouve dans la subsidiarité.
Cependant, nous pensions que si le pape se résout à interpeller l'Etat, c'est probablement par pur réalisme politique. Nos démocraties contemporaines souffrent d'un manque cruel de subsidiarité : les corps intermédiaires y sont affaiblis et les communautés locales souvent désarmées. Face au danger immédiat et à la puissance inouïe des oligarques de l'IA, l'Etat demeure aujourd'hui le seul contre-pouvoir d'urgence disposant de l'envergure nécessaire pour faire face à la menace.
Il ne s'agit d'ailleurs nullement d'un blanc-seing accordé à la puissance publique. L'encyclique n'est pas naïve face à la tentation autoritaire de l'Etat et pose des limites très claires à son intervention. Le pape le rappelle explicitement au paragraphe 69 en soulignant que l'intervention publique est nécessaire, mais qu'elle doit se faire "sans se substituer de manière stable à la responsabilité des corps intermédiaires et des réalités sociales" (en citant Jean-Paul II). Plus loin, au paragraphe 80, le texte met d'ailleurs en garde contre l'utilisation de ces technologies par les Etats eux-mêmes, condamnant le fait que des communautés soient "exposées à une surveillance invasive".
Le recours à l'Etat s'apparente donc ici à un bouclier tactique indispensable pour démanteler les monopoles privés, mais l'horizon véritable, la seule solution pérenne face à l'hubris technologique, reste bien la subsidiarité.
Définir ce qu'est l'épanouissement humain dans ce nouveau paradigme relève de la philosophie, des citoyens et du spirituel. L'ingénieur avoue que sa créature le dépasse en partie.
La réponse de Magnifica Humanitas au chapitre §107 est un avertissement : « Une IA plus morale ne sert à rien si cette morale est décidée par une poignée de personnes. »
Hier, Rerum Novarum refusait d'abandonner le travailleur au capitalisme sans foi ni loi ou au broyeur socialiste. Aujourd'hui, Magnifica Humanitas refuse d'abandonner l'intelligence humaine au monopole technologique ou à la surveillance de l'État.
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@jlukphoto Absolument. L'État ne se contente pas de s'immiscer dans des sujets mineurs, il le fait avec une inefficacité redoutable. On finance et on administre une illusion de vertu écologique à grands frais, pendant que notre véritable outil industriel est laissé à l'abandon.
@Librconsrvatr Tout à fait. C'est l'exemple type du pouvoir doux et minutieux que redoutait Tocqueville : un État qui s'invite jusque dans nos penderies pour masquer ses défaillances sur l'essentiel.
🔴 COCORICO | La France prend sa revanche et met KO les Britanniques !
La Suède vient d'écarter l'offre de Babcock pour choisir l'excellence française : Naval Group décroche un méga-contrat historique estimé à 4 milliards d'euros.
⚓ 4 frégates de défense et d'intervention (FDI)
⏱️Première livraison ultra-rapide exigée dès 2030
🛡️ Un choix stratégique pour accélérer son réarmement face à la menace russe
Après de récents revers, c'est un beau retour en force pour notre industrie de défense.
@Librconsrvatr@ChapsVision Oui, ChapsVision en effet plutôt ce qu'on appelle une scale-up, voire une ETI technologique. Et elle s'est constitutée par une série de rachats d'entreprises technologiques.
🔴 COCORICO | @ChapsVision, la startup française 🇫🇷 qui a fait plier Palantir !
👉 L'Allemagne vient de faire ce que la France n'ose plus faire…
Le renseignement intérieur allemand 🇩🇪 a choisi une entreprise française, ChapsVision, pour remplacer Palantir, le géant américain 🇺🇸 créé par Peter Thiel!
‼️ Pourtant, la France de son côté s'enlise : la DGSI vient de renouveler son contrat avec Palantir pour trois ans. Et voici pourquoi cette situation est fascinante 👇
1️⃣ Le paradoxe Palantir
Palantir est un logiciel américain d’analyse de données d'une efficacité redoutable, utilisé par notre renseignement depuis 2015.
👉 Le problème : les données les plus sensibles de nos services tournent sur un algorithme dont le code source demeure totalement inaccessible aux Français.
2️⃣ L'illusion de l'indépendance
Dès 2018, la France annonce vouloir développer une solution nationale. Un appel d’offres est enfin lancé en 2022.
👉 Le résultat tombe en décembre 2025 : le contrat Palantir est purement et simplement renouvelé. L'État a reculé.
3️⃣ Le pragmatisme allemand
Pendant ce temps, l'Allemagne agit et attribue ce contrat stratégique à ChapsVision.
👉 La raison est limpide : accorder à une puissance étrangère l’accès aux bases de données nationales est jugé inconcevable outre-Rhin. La Bundeswehr évalue même cette technologie pour son cloud militaire.
4️⃣ La méthode d'un bâtisseur
Fondée en 2019, ChapsVision est une entreprise privée, née sans subvention, générant aujourd'hui 200 millions d'euros de chiffre d'affaires.
Son fondateur avait déjà créé puis revendu une entreprise pour plus d’un milliard d'euros. Il a recommencé. Cette société française bat l'ogre américain sur le terrain régalien. En Allemagne. Toujours pas en France.
5️⃣ L'échec de la bureaucratie
L'argument décisif est ici : ChapsVision ne bat pas seulement Palantir. Elle surclasse surtout Artemis.IA, le grand projet souverain français.
👉 Piloté par l'État depuis 2017, ce projet a coûté plus de 120 millions d'euros d'argent public sans être pleinement opérationnel. L’État a voulu produire lui-même. Il a échoué.
🔴 La leçon : nul n'est prophète en son pays
Le bon usage des deniers publics n'est pas que l'État produise, mais qu'il commande et que des entrepreneurs livrent.
Que le bâtisseur s'enrichisse au passage prouve que le système fonctionne : le risque pris est récompensé par la création d'une technologie souveraine qui marche, pour un coût infiniment moindre.
Artemis a coûté une fortune. Palantir est reconduit. ChapsVision gagne en Allemagne.