« Carcassonne est en train de faire sécession. Le clergé, la mairie, l'armée et la police se mettent en dehors de l'arc républicain. L'extrême droite au pouvoir c'est ça. »
Hier, sur LCI, on demande à Marine Tondelier ce qu'elle pense des présidents de la Cinquième République. Ses réponses : « je n'étais pas née », « les photos sont en noir et blanc ».
La gauche nous avait habitués à faire démarrer l'Histoire de France en 1789. Marine Tondelier, elle, la fait démarrer à sa naissance.
La France est la plus vieille nation du monde, mais elle n'en connaît que les épisodes qu'elle a vécus elle-même. À ce compte-là, Louis XIV ne mérite pas un regard : il est mort trois siècles avant elle, et en plus, il n'existe aucune photo de son règne.
Dans ce passage, qui concentre tant des maux dont notre élite est malade, le pire n'est pas le nombrilisme de madame Tondelier. Ce ne sont même pas les lieux communs, dignes d'un élève de cinquième, qu'elle débite sur de Gaulle ou Mitterrand. Le pire n'est pas non plus que Marine Tondelier est un classement PISA à elle toute seule, illustrant tout ce que l’école n’enseigne plus. Ce n'est même pas le désintérêt qu'elle affiche pour l'Histoire de son pays.
Le pire, c'est qu'elle ne voit pas le problème. Elle n'éprouve ni complexe ni gêne à étaler son ignorance. Elle n'a même pas cette humilité-là.
Ce mélange d'ignorance et de contentement, je ne l'ai jamais rencontré chez aucun des milliers de Français que j'ai croisés dans ma vie. Y compris, et même surtout, les plus humbles d'entre eux.
Il faut une certaine audace pour vouloir écrire l'Histoire de France quand on n'a même pas pris la peine de la lire.