🇲🇫 17 juin 1940, le Général de Gaulle s’envole de Bordeaux pour l’Angleterre, accompagné du lieutenant Geoffroy de Courcel, oncle de Bernadette Chirac, et du général Spears.
À Londres, il s’installe aussitôt dans un appartement prêté par Jean Laurent au 6 Seymour Place près de Hyde Park.
En début d’après-midi, il s’entretient avec Winston Churchill et lui fait part de sa volonté de poursuivre le combat. Dans les Mémoires de guerre, il écrit : « La première chose à faire était de hisser les couleurs. La radio s’offrait pour cela… J’exposai mes intentions à M. W. Churchill. Naufragé de la désolation sur les rivages de l’Angleterre, qu’aurai-je pu faire sans son concours ? Il me le donna tout de suite et mit, pour commencer, la BBC à ma disposition. Nous convînmes que je l’utiliserais lorsque le gouvernement Pétain aurait demandé l’armistice ».
A Bordeaux, le maréchal Pétain, nouveau président du Conseil, s’adresse aux Français à 12h 30. Il déclare « qu’il faut cesser le combat » et qu’il s’est adressé la nuit précédente à « l’adversaire » pour le solliciter de rechercher « entre soldats, après la lutte et dans l’honneur, les moyens de mettre un terme au hostilités ». La nouvelle parvient à Londres en fin d’après-midi.
L’Europe, et particulièrement la France, s’est enfermée dans une contradiction devenue insoutenable : proclamer une « autonomie stratégique » tout en alignant ses choix diplomatiques, militaires, énergétiques et technologiques sur ceux de Washington. À force de renoncer à défendre ses propres intérêts, la France a cessé d’être un acteur pour devenir un spectateur vassalisé des grands bouleversements du monde.
Aux États-Unis mêmes, de nombreux observateurs s’étonnent de voir les nations européennes exclues des grandes négociations internationales, réduites à commenter des décisions qu’elles ne contribuent plus à façonner. Pendant que les élites européennes se divisent entre atlantisme militant, instrumentalisation des conflits et postures morales sans effets, la France abandonne progressivement la tradition d’indépendance qui faisait sa force et son utilité sur la scène internationale.
Cette impasse ne pourra être surmontée qu’en renouant avec une politique étrangère réaliste qui marque son indépendance. Cela suppose de reconstruire notre puissance industrielle, technologique et énergétique afin de mettre fin aux dépendances qui nous privent de toute liberté d’action. Cela implique également de redéfinir notre place dans l’OTAN et de retrouver une autonome dans les grandes décisions stratégiques. Les guerres récentes ont démontré que le suivisme européen vis-à-vis des Etats-Unis conduit à l’effacement et à l’impuissance.
La France dispose encore d’atouts exceptionnels - siège permanent au Conseil de sécurité, force nucléaire, armée indépendante, réseau diplomatique mondial - mais ceux-ci ne valent que s’ils sont mis au service d’une vision claire. Plus que jamais, notre pays doit redevenir une puissance d’équilibre, capable de parler à tous, de défendre le droit international sans géométrie variable et de faire entendre une voix libre dans un monde qui bascule.
🇫🇷 14 juin 1944, le Général de Gaulle est de retour en France. Il débarque à Courseulles et se rend à Bayeux : « Je vous promets que nous continuerons la guerre jusqu’à ce que la souveraineté de chaque pouce du territoire français soit rétablie. »
Il existe des œuvres qui s’inscrivent instantanément dans l’Histoire. Parce qu’elles capturent quelque chose de profondément et d’universellement juste, parce qu’elles rendent leur humanité aux Hommes. L’œuvre de Marjane Satrapi est historique.
Décédée de tristesse à l’âge de 56 ans, l’artiste franco-iranienne est restée iranienne jusqu’au bout : il n’y a plus qu’en Iran où l’on meurt de chagrin. La Perse, terre de poésie, charrie l’amour et la mort jusqu’à l’incandescence, la Perse, terre de révolte, résiste, jusqu’à son dernier souffle, au fatalisme.
🖋️ LA CHRONIQUE d'Abnousse Shalmani
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🇫🇷 12 avril 1975, il y a 5️⃣1️⃣ ans, Joséphine Baker nous quittait.
La danseuse, la chanteuse, la résistante panthéonisée, fut aussi l’admiratrice du Général de Gaulle qui lui écrit, le 14 octobre 1946, cette belle lettre :
« Chère mademoiselle Joséphine Baker,
C'est en toute connaissance de cause et de tout cœur que je vous adresse mes sincères félicitations pour la haute distinction de la Résistance française qui vous a été attribuée.
J'ai su et beaucoup apprécié naguère les grands services que vous avez rendus dans les moments les plus difficiles.
Je n'ai été, par la suite, que plus touché de l'enthousiasme et de la générosité avec lesquels vous avez mis votre magnifique talent à la disposition de notre cause et de ceux qui la servaient. »
Joséphine Baker fut un précieux atout pour la France Libre. Grâce à sa popularité internationale, cette artiste française d'origine américaine bénéficiait de facilités d'accès lui permettant de recueillir et communiquer du renseignement aux réseaux de la France Libre. Après la guerre, son gaullisme ne se démentit jamais. Réciproquement, le Général lui fut toujours très reconnaissant de son engagement pour la France.
Lettres, Notes et Carnets. Compléments 1924 - 1970, Charles de Gaulle.