Il est intolérable et indécent que Louise Mushikiwabo puisse briguer un troisième mandat à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie.
Cette candidature constitue une insulte aux principes que l’OIF prétend incarner.
La Déclaration de Bamako, acte fondateur de la Francophonie politique, est pourtant claire : « Francophonie et démocratie sont indissociables ».
Elle impose aux États membres des élections libres, fiables et transparentes, le respect réel de la liberté de la presse et d’expression, la liberté d’association et d’opposition, ainsi que la protection contre les violations graves des droits humains et les prises de pouvoir par la force.
Or, le Rwanda que représente Louise Mushikiwabo – ancienne ministre des Affaires étrangères et fidèle porte-parole du régime Kagame – incarne depuis plus de trente ans l’exact contraire de ces exigences.
Classé dans les tréfonds des classements de Reporters sans frontières, ce régime pratique l’étouffement systématique de la presse, les disparitions forcées d’opposants et de journalistes, une surveillance généralisée de la population, et des élections transformées en plébiscites sans concurrence réelle.
Tout candidat sérieux capable de menacer Kagame en est systématiquement exclu, emprisonné ou éliminé.
Pire : le Rwanda est régulièrement accusé par des rapports convergents d’experts de l’ONU, de Human Rights Watch et d’autres organisations crédibles d’apporter un soutien direct et décisif au groupe armé M23 en République démocratique du Congo.
Présence de troupes rwandaises sur le sol congolais, participation à des offensives meurtrières, massacres de civils, déplacements massifs de populations, recrutements forcés : les faits sont accablants et documentés depuis des décennies, de la première guerre du Congo jusqu’aux récentes conquêtes de Goma, Bukavu et Uvira.
Les dénégations rwandaises ne tiennent plus face à l’accumulation des preuves.
Trente ans de rapports, de témoignages, de traces satellitaires et d’enquêtes indépendantes ne peuvent être balayés par les discours Bullshit habituels de Kagame.
Dès lors, comment une représentante de ce système peut-elle prétendre, avec la moindre crédibilité, incarner la Secrétaire générale chargée de promouvoir et de faire respecter la Déclaration de Bamako ?
Comment pourrait-elle exiger des autres États le respect de la démocratie et des droits humains quand son propre pays les piétine quotidiennement, y compris en agressant militairement un voisin francophone ?
Louise Mushikiwabo n’aurait jamais dû obtenir un premier mandat.
Qu’elle en sollicite un troisième relève de l’insulte.
L’OIF ne peut plus se permettre d’être dirigée par l’émissaire d’un régime qui bafoue ouvertement les valeurs qu’elle est censée défendre.
Accepter ce renouvellement ne serait pas une simple erreur de jugement : ce serait un déni de réalité assumé et une trahison explicite des engagements solennels de Bamako.
La Francophonie mérite mieux que cette hypocrisie institutionnalisée.
Sur les crimes du Rwanda 👉 lire la Requête introductive d'instance de la RDC contre le Rwanda devant la CIJ : https://t.co/QX10qPnz7c