LES MÉDIAS FRANÇAIS SUR LA SELLETTE - Dans un excellent édito intitulé "JO : l’aberrante bévue de la presse", Laurent Joffrin reprend les arguments de Médias Citoyens sur la responsabilité des médias dans la montée des populismes. Il y dénonce le jeu dangereux auquel se prête les élites médiatiques...
Extraits : "C’est une faute de la presse française, désormais occultée par l’euphorie du moment, mais néanmoins patente : pendant plusieurs mois, la plupart des articles consacrés aux Jeux Olympiques annonçaient le pire."
(...) Les mêmes journaux s’interrogent gravement sur « la montée du populisme », le « discrédit de la classe politique », la « progression des extrêmes », la « brutalisation du débat public », etc. Peut-être pourraient-ils aussi se poser la question de leur propre responsabilité. Au lieu de séparer le bon grain de l’ivraie, de critiquer les dirigeants défaillants, mais de reconnaître les mérites des autres, ils les englobent dans une universelle défiance, pour ne pas dire une systématique condamnation. À force de traîner dans la boue tout ce qui encadre la démocratie, bien ou mal, ils finissent par miner la démocratie elle-même. On s’étonne après de voir une partie croissante de l’opinion soupirer après un pouvoir fort, soutenir, à l’extrême-droite ou à l’extrême-gauche, ceux qui promettent de « jeter à bas le système », de congédier « les élites », de raser gratis en « mettant le peuple au pouvoir » (c’est-à-dire eux-mêmes). Le dénigrement systématique des élites démocratiques par les élites journalistiques n’est pas seulement un paradoxe. C’est une aberration politique."
LA FIÈVRE, QUAND LES MÉDIAS S'EMBRASENT - Depuis une quinzaine d’années, un vent mauvais souffle sur les médias français qui nourrit la flamme du populisme : polémiques à répétition, traitement hystérique des faits divers, campagnes de dénigrement dirigées contre les gouvernants ou les institutions, postures antisystème… On peut situer les premières poussées de fièvre au cours de la présidence de Nicolas Sarkozy, période durant laquelle émergent les chaines info (BFM est lancée fin 2005) et les réseaux sociaux (Twitter date du printemps 2006). Cette tendance s'est ensuite poursuivie et amplifiée sous François Hollande (bashing quotidien, mépris de l'autorité, rejet des puissants) pour atteindre son climax au début des années 2020...
FRACTURATION, PEUR ET COLÈRE
Au sein d'un paysage médiatique fragilisé par la baisse structurelle des revenus publicitaires et des abonnés, de nombreux acteurs peinent à équilibrer leurs comptes. Pour survivre, il ne leur reste souvent plus que l'outrance, la caricature, le buzz et le clash. Cette tension éditoriale, nourrie par des réseaux sociaux en ébullition permanente, agit telle une fièvre qui ne redescendrait jamais. Dommage collatéral à cette évolution nauséabonde, il devient fort compliqué, pour de nombreux Français, de disposer d’une information basée sur les faits, non dénaturée et suffisamment impartiale.
Comme le théorise Nicolas Bouzou dans son dernier essai (La civilisation de la peur, XO Éditions), la combinaison de la peur et de la colère paralyse la pensée, annihile l'action et développe une position dépressive possiblement dangereuse. L’objectif des médias ne semble plus tant d’informer que de persuader les Français de l'enfer dans lequel ils évoluent. Un enfer climatique et inflationniste pour les rédactions de France 2 (en semaine), un enfer socio-économique pour France Info, un enfer sécuritaire et migratoire pour les médias Bolloré, un enfer politique et institutionnel pour une large partie des médias (Le Point, L’Express, Marianne…).
UNE POLARISATION INÉDITE
En parallèle de ce declinisme pathologique, une logique de polarisation s'est progressivement mise en place. Elle met aux prises 2 idéologies radicalement opposées, presque antinomiques. L'une discrédite l'autre tandis que l'autre diabolise l'une. Ce jeu de miroir repose sur l'existence d'écosystèmes et de bulles cognitives amplifiées par les réseaux sociaux.
D’un côté, des médias de gauche (Mediapart, Libération, Le Monde, France Info…) persuadés de vivre dans un régime illibéral où les droits humains sont bafoués quotidiennement, où la violence policière est systémique, où l’État « détruit les services publics ». De l’autre, des médias de droite (Le Figaro, Cnews, Europe 1, JDD, Le Point…) convaincus d’une submersion migratoire, d’une délinquance incontrôlable, d’un pays à feu et à sang. Ces deux visions déraisonnables, alimentées par des faits divers instrumentalisés, entretiennent des récits excessifs, antagonistes, caricaturaux.
LE SEUIL D’ALERTE EST DÉPASSÉ
Cette double logique - dépressive et polarisatrice - a pris une telle place dans le champ médiatique que les arguments sensés ne sont presque plus audibles. En parallèle, une partie de la population n'est plus en mesure d'entendre les discours qui décrivent la complexité du réel tant elle est bombardée, du matin au soir, de vidéos épileptiques (Tik Tok, Insta, Twitter), de sollicitations publicitaires fantasmatiques, de promesses délirantes provenant de populistes sans foi ni loi. Aux États-Unis, cette fièvre incontrôlée a amené au pouvoir un certain Donald Trump, condensé de l'hystérie médiatique et de l'aliénation des réseaux sociaux. Après 4 années de bruit et de fureur, il fomentera un coup d’État contre les institutions de son propre pays.
Dans ses mémoires, Barack Obama confesse l’impuissance qui fût la sienne face à la déferlante populiste. Il pensait impossible, après 2 mandats de progrès sociaux et de croissance économique, que la raison soit si facilement balayée par la fulgurance des réseaux sociaux, les théories du complot et la colère des ruraux contre "les élites de Washington". À 10 ans d’intervalle, notre pays emprunte une voie similaire avec le risque, désormais palpable, d'atteintes irréversibles causées à notre démocratie en cas d'accession au pouvoir du national-populisme.
Grand Prix de Québec.
Des supporters venus de la Manche encouragent @BenoitCosnefroy dans la dernière ligne droite. Magnifique émotion ! #GPCQM#Normandie @AG2RCITROENTEAM
Open feminin 50
Victoire de @clara_burel face à la Manchoise Alice Robbe en 3 sets (4-6, 6-3, 7-6). Le public félicite les 2 joueuses après ce magnifique 8e de finale.
Le Valognais Frédéric Guilbert va retrouver la @Ligue1UberEats et c’est évidemment une bonne nouvelle (surtout pour le @RCSA) 😊 https://t.co/BcCsdyS1hE