Mamadou Sakho, dit Double Less
Dans les terres de Malfara, au cœur de la Casamance, naquit un colosse dont les bras semblaient mesurés à l’aune de deux mètres de tissu. On l’appela Double Less. Les anciens disent que ses enjambées couvraient déjà l’arène avant même qu’il n’y mette le pied.
En 1972, encore inconnu, il affronte Doudou Baka Sarr. Le combat se termine par un nul. Le jeune géant ne l’oublie pas. Plus tard, il revient et le terrasse. Dès lors, les ténors tombent les uns après les autres : Ibou Senghor, Pape Kane, Toubabou Dior, Moussa Diamé, Mame Gorgui Ndiaye… Ses longs bras fermaient l’espace comme une porte de fer. Personne n’entrait dans sa garde sans en payer le prix.
Face au Tigre de Fass, Mbaye Guèye, il livra des duels qui restèrent gravés dans la mémoire du Sénégal. L’un d’eux n’eut jamais de verdict. Youssou Ndour en fit une chanson. Le peuple attendit le jugement jusqu’à la fin de leurs deux vies.
Double Less ne se contenta pas des arènes sénégalaises. Il porta les couleurs du pays à Montréal, Moscou et Los Angeles. Aux Jeux africains de Nairobi, il revint avec l’or. Il fut aussi champion de judo. On le surnomma le Seigneur des Arènes, non par flatterie, mais parce que l’arène elle-même semblait s’incliner devant lui.
Il forma deux fils qui héritèrent de sa stature et de sa fierté : Balla Gaye 2 et Sa Thiès. Il ouvrit une école à keur Massar pour que d’autres jeunes apprennent que la force sans dignité n’est rien.
Le 5 septembre 2021, le Seigneur des Arènes s’en alla. Il avait 77 ans. Le Sénégal pleura un père, un champion et une époque.
On raconte encore que, les soirs de grand combat, quand le vent soulève la poussière de l’arène, on entend le bruit sourd de ses pas. Double Less n’est plus là. Mais la légende, elle, n’a jamais quitté le cercle.
Nico O’Reilly est assez polyvalent. Il peut jouer notamment milieu offensif, milieu central, et parfois ailier. Il est surtout à l’aise dans un rôle de milieu offensif capable de se projeter et de créer du danger